29 août 2012

Mercredi

21h10

La climatisation, bruyante, souffle à plein régime depuis le plafond, je suis en nage avec les pieds gelés…  … Le wagon balance lentement de droite à gauche, on entend le toc-toc régulier du passage des roues sur les espaces de dilatation des rails. Là, juste sous ma couchette, les voies stridentes des écureuils accompagnant Alvin dans le film que regardent mes trois amours en grignotant des popcorns achetés au vendeur ambulant dans le train, percent ce brouhaha soporifique.

En route pour Saigon (plus on descend dans le sud, plus les gens donnent le nom de toujours à la capitale sudiste. Il semblerait que « Ho Chi Minh Ville », nouveau nom donné à sa « libération » ne soit toujours pas du goût de tous !), je savoure, apaisé, cet instant de tranquillité après le léger stress de cette  journée, causé par LA question qui m’a taraudé tout ce jour: serai-je assez persuasif ? Sera-t-il (elle) assez compréhensif/ve et gentil pour accepter ???

5h30 ce matin,

Réveil vif et plein d’entrain, en moins de dix minutes je suis dans la rue, je file en silence vers la gare. Les rues sont presque désertes, le soleil est levé, là, derrière ce bouquet d’immeubles qui me le cache.

D’un pas alerte je glisse entre les cuisinières qui installent leurs stands, les casseroles d’eau déjà fumantes. Elles m’interpellent d’un « hello mister one breakfast! », je réponds d’un «xin tchào, không, càm on ! » (Bonjour, non merci !) L’air est doux, à cette heure-ci on respire encore, il n’en sera pas de même dans quelques heures. En cette période de fin de mousson, la moiteur aidant, la chaleur est très désagréable. Je passe devant un bâtiment officiel, des dizaines de couples dansent une improbable valse sur un air entrainant, hurlé par des hauts parleurs nasillard… charmant anachronisme que cet air occidental dansé avec hésitations par des asiatiques de tous âges dans une cour aux hautes grilles arborant fièrement côte à côte le drapeau Vietnamien, le drapeau communiste et des pancartes à la gloire d’Hô Chi Minh… le long du fleuve, des sculptures contemporaines et modernes attirent mon attention, une ou deux m’interpellent…

Le pays des matins calmes porte décidément bien son nom !

En quarante minutes j’ai rejoint mon objectif : la gare, but du jour : acheter quatre billets pour Saigon dans un compartiment quatre places, couchettes molles. Après m’avoir fait attendre jusqu’à 7 heures, une employée en uniforme bleu m’explique en souriant que le train est bondé… pas de places, en tous cas, pas ensemble ! Tous les compartiments sont déjà occupés par au moins une personne.

La file d’attente des locaux amassés derrière moi grandi, je traine à prendre une décision. Je choisi l’option la moins pire, trois places dans un compartiment, la quatrième dans celui attenant, départ à 19h12 de Huê, arrivée vers 15h15 à Saïgon, je tenterai ma chance pour échanger ma place dans le compartiment voisin avec le voyageur prévu dans celui de mes chéries…

Je rentre en mototaxi, il n’est pas encore 8h00, dans 12heures je serai fixé !