Indonésie

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Republik Indonesia (id)
République d'Indonésie (fr)
Drapeau de l'Indonésie Armoiries de l’Indonésie
(Drapeau de l'Indonésie) (Armoiries de l’Indonésie)
Devise nationale : Bhinneka Tunggal Ika (Unité dans la diversité)
carte
Langue officielle Indonésien
Capitale Jakarta 6°10′5″S 106°49′7″E / -6.16806, 106.81861
Plus grande ville Jakarta
Forme de l’État République
- Président Susilo Bambang Yudhoyono
Superficie - Totale - Eau (%) Classé 16e 1 904 569 km2 4,88 %
Population - Totale (2011) - Densité Classé 4e 244 968 342 hab. 126 hab./km2
Indépendance - Proclamée - Reconnue des Pays-Bas 17 août 1945 27 décembre 1949
Gentilé Indonésien, indonésienne
Monnaie rupiah (IDR)
IDH (2008) en diminution 0,726 (moyen) (109e)
Fuseau horaire UTC +7 à +9
Hymne national Indonesia Raya
Code ISO 3166-1 IDN, ID
Domaine internet .id
Indicatif téléphonique +62
Jakarta, capitale du pays

L'Indonésie, en forme longue la République d'Indonésie, en indonésien Indonesia et Republik Indonesia, est un pays transcontinental d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Avec plus de 17 000 îles[1], il s'agit du plus grand archipel au monde. Avec une population estimée à 240 millions de personnes, il s'agit du 4e pays le plus peuplé du monde, du 1er pays à majorité musulmane pour le nombre de croyants et de la 3e démocratie en nombre d'habitants[2]. L'Indonésie est une république démocratique dont la capitale est Jakarta.

Dans les premiers siècles de notre ère, l'archipel indonésien est une importante région d'échanges avec l'Inde et la Chine centrée sur le Fou-nan. Les chefs de ces cités portuaires indonésiennes adoptent des modèles culturels, religieux et politiques indiens. À partir du VIIe siècle, le centre des échanges se déplace vers le royaume de Sriwijaya dans le sud de Sumatra. Le VIIIe siècle voit se développer dans le centre de Java une riziculture prospère qui permet à différents royaumes de bâtir de grands monuments religieux. C'est le début de la période classique indonésienne.

Le détroit de Malacca devient un carrefour maritime majeur avec le déclin de la route de la soie pour le commerce entre l'Indonésie et la Chine d'une part et l'Inde et le Moyen-Orient d'autre part. L'archipel indonésien est intégré à un réseau commercial international bientôt dominé par des marchands musulmans. Les princes des ports se convertissent progressivement à l'islam.

Au XVIe siècle, l'âge des Grandes découvertes, les puissances européennes cherchent à accéder directement aux Moluques, région productrice d'épices. En 1511, les Portugais de Goa conquièrent Malacca et s'y établissent. Les Hollandais les chassent en 1605. Au XVIIe siècle, ils éliminent leur rival dans l'est de l'archipel, le royaume de Gowa, et s'établissent à Java. L'île est minée par les guerres de succession du royaume de Mataram, qui cède peu à peu une partie de ses territoires aux Hollandais. Au XIXe siècle, les colonisateurs peuvent commencer l'exploitation économique de l'île et imposer leur loi au reste de l'archipel. Un mouvement national naît au début du XXe siècle. En 1945, Soekarno et Mohammad Hatta proclament l'indépendance de l'Indonésie. Les années 1950 sont marquées par de nombreux mouvements séparatistes. À la suite des événements de 1965-66, le général Soeharto prend le pouvoir. Son régime autoritaire est marqué par un remarquable développement économique mais sa démission en 1998 permet le début d'un processus de démocratisation.

À travers ses nombreuses îles, l'Indonésie comprend de nombreux groupes distincts culturellement, linguistiquement et religieusement. Les Javanais forment la population la plus représentée en termes de nombre et d'influence politique. En tant qu'État unitaire et que nation, l'Indonésie a développé une identité commune en définissant une langue nationale (bahasa Indonesia variante du malais) et en respectant la diversité, le pluralisme religieux au sein d'une majorité musulmane.

Malgré sa forte population et ses régions densément peuplées, l'Indonésie comporte de vastes zones sauvages ce qui donne au pays une grande biodiversité même si ce patrimoine régresse à cause d'activités humaines en forte augmentation.

Géographie

Les monts Semeru et Bromo à l'est de Java, témoins de l'activité volcanique de l'île

L'Indonésie est constituée de 17 508 îles dont 6 000 sont habitées. Elle s'étend des deux côtés de l'équateur. Les quatre plus grandes îles sont Java, Sumatra, Kalimantan (partie indonésienne de Bornéo) et la Nouvelle-Guinée (partagée avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée). L'Indonésie a des frontières terrestres communes avec la Malaise sur les îles de Bornéo et Sebatik, la Papouasie-Nouvelle-Guinée en Nouvelle-Guinée et avec le Timor oriental sur l'île de Timor. L'Indonésie a des frontières maritimes avec Singapour, Thaïlande, Palaos, la Malaisie, les Philippines et l'Australie au sud. La capitale du pays est Jakarta, sur l'île de Java. C'est la plus grande ville du pays suivie par Surabaya, Bandung, Medan, et Semarang.

Avec ses 1 919 440 kilomètres carrés, l'Indonésie est le 16e plus grand pays du monde en termes de superficie[10]. Sa densité de population est de 134 habitants par kilomètre carré, la 79e mondiale[11], Java étant l'île la plus densément peuplée du monde[12] et a une densité de population de 940 habitants par kilomètre carré. Avec 4 884 mètres d'altitude, le Puncak Jaya en Papouasie est le point culminant de l'Indonésie. Le lac Toba, à Sumatra, est le plus large lac volcanique avec une étendue 1 145 kilomètres carrés. Les fleuves les plus longs du pays sont à Kalimantan, le Mahakam et le Barito, qui servent de moyen de communication et de transport entre les différentes installations sur les rives des fleuves[13]. L'archipel est bordé à l'ouest par l'océan Indien et à l'est par l'océan Pacifique et comprend en son sein des mers comme la mer de Java, la mer de Banda, la mer de Célèbes ou encore la mer des Moluques.

L'Indonésie est située à la convergence de la plaque pacifique, la plaque eurasienne et de la plaque australienne. Il en résulte une très forte activité volcanique et des tremblements de terre fréquents. D'ailleurs, le plus actif d'entre eux est le Merapi. Le pays compte au moins 150 volcans actifs[14], dont le Krakatoa et le Tambora, tous les deux célèbres pour leurs éruptions dévastatrices au XIXe siècle. L'éruption du supervolcan Toba il y a 70 000 ans a été l'une des plus grandes éruptions de l'histoire humaine et une catastrophe planétaire. Le pays a également dû faire récemment face à des catastrophes naturelles importantes comme le tsunami de 2004 dont on estime les victimes à Sumatra à 167 736 personnes[15] et le tremblement de terre de Yogyakarta de 2006. D'autre part, les cendres volcaniques ont beaucoup contribué à la fertilité des sols, ce qui permit à l'agriculture de se développer et de maintenir possible l'alimentation des îles densément peuplées comme Java et Bali[16].

Par sa situation, l'Indonésie présente soit un climat tropical, avec alternance de saison humide et de saison sèche, soit un climat équatorial, sans variation ni de température, ni de pluviométrie, humide toute l'année. Les précipitations annuelles moyennes varient, à basse altitude, entre 1 780 et 3 175 millimètres jusqu'à, dans les régions montagneuses, 6 100 millimètres. Les régions montagneuses sont situées en particulier sur la côte ouest de Sumatra, l'ouest de Java, Kalimantan, Sulawesi et la Papouasie, et sont très arrosées. Le taux d'humidité est souvent très haut, avoisinant 80 %. La température moyenne varie peu au fil de l'année ; la température moyenne quotidienne à Jakarta varie entre 26 et 30 °C[17].

Géographie administrative[modifier]

Article détaillé : Subdivisions de l'Indonésie.
Provinces d'Indonésie

L'Indonésie est divisée en une succession de quatre niveaux d'unités de gouvernement territoriales qui sont, en allant de la plus grande à la plus petite unité :

  • 1er niveau : la provinsi (province) ;
  • 2e niveau : le kabupaten (département) et la kota (ville) ;
  • 3e niveau : le kecamatan (district) ;
  • 4e niveau, selon la région ou la province : le kelurahan (commune), le desa (village), le gampong (village en Aceh), le nagari (village en pays minangkabau au Sumatra oriental), le kampung (village en Papouasie).

Espace très étendu et aux populations très variées, l'Indonésie est un État unitaire qui, en 1999, a accordé une certaine autonomie aux kabupaten (départements), qui sont par ailleurs des subdivisions des provinces. Ces dernières sont au nombre de 33 en 2007, 7 ayant été créées depuis 2000, généralement sur la base de spécificités culturelles et historiques. Les provinces d'Aceh, de Papouasie et de Papouasie occidentale ont reçu un statut d'autonomie spéciale qui leur donne une plus grande autonomie législative vis-à-vis du gouvernement central, par rapport aux autres provinces.

Démographie

Article détaillé : Démographie de l'Indonésie.

Lors de recensement national de 2000, la population indonésienne était de 206 millions de personnes[68]. En 2006, le Bureau Central Indonésien des Statistiques et Statistics Indonesia l'ont estimé à 222 millions de personnes[69]. Des estimations récentes estiment le nombre d'habitants de l'Indonésie à plus de 240 millions[70]. 130 millions de personnes vivent sur Java, l'île la plus peuplée du monde[12].

La plupart des Indonésiens descendent des populations de langue austronésiennes originaires de Taïwan. L'autre origine majeure de la population est la Mélanésie, à l'est de l'Indonésie[9],[71],[72]. Il y a en tout environ 300 peuples distincts en Indonésie et 742 langages et dialectes différents[73],[74]. La population la plus représentée en Indonésie est l'ethnie javanaise, qui représente 45 % de la population et qui est politiquement et culturellement dominante[70],[75]. Après les Javanais, ce sont les Sundanais, les Malais et les Madurais qui sont les plus nombreux. Il existe un sentiment national indonésien qui cohabite avec des identités régionales maintenues farouchement[76]. La société est globalement stable même si des tensions religieuses, culturelles ou sociales ont pu mener à des moments de violence intenses (suite à la transmigrasi par exemple)[77],[78],[79]. Les Chinois sont souvent décrit comme une minorité très influente[80]. Ils passent pour contrôler la majorité des commerces privés et de la richesse du pays[81],[82]. Cette perception provoque un fort ressentiment envers eux et même des violences anti-chinoises[83],[84],[85],[86]. L'économiste indonésien George Aditjondro a démontré que ce n'était là qu'une construction[87].