Je me réveille à l'aube de la fin du monde, nos réserves d'eau, de carburant et de nourriture sont faites. A l'arrière, mes trois chéries dorment encore, je prends la route en douceur et leur cherche un bel endroit pour notre dernier petit déjeuner. Au bout de quelques kilomètres, je sors de la route et m'en éloigne, là, au milieu de rien, sur cette terre rouge, simplement entourés de buissons, c'est l'endroit idéal.

Petit dèj' salué du klaxon par un Road train au loin. Après ça, tout le monde est fin près pour affronter la dernière journée de l'humanité, annoncée, par l'interprétation de certains, du calendrier Maya qui s'arrête à cette date là. Nous n'en croyons rien.

Une sensation étrange quand même ; Rien, pas un bruit. plus de vent non plus et encore plus surprenant ; plus une mouche !

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Le long de la route, se révèle à nous un paysage brulé jusquà l'horizon, entièrement dévasté par le feu du côté droit, intact à gauche, comme si un souffle brûlant s'était arrêté là. Aucun signe de vie, d'un horizon à un autre, rien. De plus, depuis Darwin les radios ont cessé de fonctionner. En fait, nous sommes trop loin de la moindre ville pour capter quelque chose et cela fait plusieurs jours que plus rien ne sort de notre autoradio. Finalement, nous sommes coupés du monde. Depuis ce matin, nous n'avons vu passé que le road train venant du Sud. 

Seuls.

 

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Le site dans lequel nous nous arrêtons après, est magnifique et surprenant mais n'est pas plus rassurant dans son appellation que dans les légendes qui l'entourent. Les boules du Diable (Devils Marbles), voilà où nous sommes. Pour les Aborigènes, il s'agit d'oeufs d'un serpent géant pas sympas du temps du rêve. Les légendes Aborigènes parlent, en plus, d'enfants disparus (ouf, ça parle pas d'adultes !)...


 

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Plus loin, pour en rajouter une couche, nous arrivons au site officiel Australien des rencontres du 3ème type. Le lieu des atterrissages de soucoupes volantes, Wycliffe Well.

 

La fin de journée approche, mauvaise impression au milieu des Aborigènes du coin paraissant effectivement un peu extra terrestre, on va plus loin.

 

 

 

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Pour trouver la station et donc le stop suivant, nous nous engageons sur une route en terre au bout de laquelle nous trouvons, une pompe à essence, un hélico sur un toit avec un père noël gonflable en dessous. Un feu rouge qui ne change jamais de couleur comme pour forcer les automobilistes à aller au pub... On va se poser où ? En tout cas pas là, on file à la station suivante...

Plus loin sur la route, Nana évite de justesse quelques kangourous aventureux mais je reste persuadé que l'un d'eux a maintenant la queue plate. On décide de s'arrêter à la prochaine station service pour le stop de la nuit, elle ne doit être qu'à quatre vingt kilomètres on devrait y être avant la nuit.


Finalement la fin du monde semble ne pas avoir lieu.

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Après une heure de route, nous arrivons à la station. Des bâtiments de l'ancien télégraphe reliant le Sud au Nord sont là, devant eux, deux tombes  entourées d'un petit mur. Une vieille éolienne et un réservoir avec le couché de soleil en fond comme pour ajouter un peu de mystère à cet endroit où ne manque que les  "Tumbleweed" (en français, les buissons d'amaranthe blanche) roulant, poussés par le vent brulant du desert. Un batiment principal abrite la station derrière laquelle un cimetière de véhicules en tout genre semble indiquer que les gens qui s'arrêtent ici, n'en repartent plus.

 

- << Bon, on fait le plein et on file, on affrontera la nuit et les animaux sauvages sur la route mais on dort pas là ! >>.

Olivier est parti payer, il ne revient plus. Sont "ils" déjà en train de le dépecer ? En plus, c'est lui qui a les clefs. Nana entre donc dans ce batiment en béton et tôles sans fenêtres...