Nous voilà  repartis, des souvenirs plein la tête, les yeux des filles brillent encore. Elles vont nous saouler longtemps en re-racontant les Quater horses, le choix des selles, les chevaux à reculons simplement guidés par les rennes, le pivot en mettant le pied sur l'antérieur et tout et tout... Nous sommes repartis un peu rapidement puisque nous espérons trouver du travail à Ti Tree, la saison de la cueillette des mangues bat son plein. 

Raté, c'est finit, << voyez plus au sud !>>. Direction Aileron, à soixante kilomètres d'ici. En effet, arrivé sur place, il y a du travail mais dans les différentes fermes où nous nous adressons, les équipes sont formées. Les viticulteurs auront besoin de main d'oeuvre début février pour les vendanges... Sauf une ferme, qui cultive du raisin pour le vendre en cagettes, pas pour faire du vin. En creusant un peu, un agriculteur nous donne l'adresse : << à 15kms d'ici, puis une route sur ta gauche, tu la suis pendant 20 kms, puis à droite, encore 4 kms et tu es arrivé>>. L'info est sûre, j'ai insisté un peu et il a téléphoné pour nous, le responsable de l'autre ferme nous attend, il a besoin de monde tout de suite !!!

On décide de faire quelques courses avant de rejoindre la ferme isolée, on sait pas trop le déroulement des choses là bas. De l'eau, du lait, du pain de mie, des pâtes, jambon etc...

Pas moyen de savoir combien on peu gagner mais c'est au rendement, à la cagette. On roule, excitation, briefing dans notre base roulante - << Bon allez, si on peut, les filles vous coupez tout ce qui est rond et mûre, vous remplissez les caisses et papamaribêtedesommeleplusfortdumonde porte tout comme un dingue. Je veux une organisation quasi militaire. Les autres cueilleurs vont être dégoutés de notre organisation et d'une telle rentabilité. Honteux, c'est honteux les sous qu'on va gagner. BANZAÏ !!! >>

Enfin, la chance nous sourit, j'ai même un plan sur une feuille A4... Au bout de 15 kms, toujours pas de route à gauche... Il y en a une mais à environ 20 kms de notre point de départ ! On la prend, il y a tellement peu d'embranchement que ça ne peut être que là. En quelques kilomètres la route devient piste, bien damée, toute de terre rouge, ça roule mais attention de ne pas se laisser griser par cette belle piste rien qu'à nous ; les pièges sont fréquents, des nids de poule, rebouchés naturellement de cette terre si fine mais si meuble. Quand on arrive trop vite dedans, suivant la taille du trou masqué, c'est un demi train de roue arraché, ou la jante déformée et le pneu à remplacer...

On fait tout bien comme prévu, au bout de la route, une boucle de retournement et rien. POURQUOI cette piste a été faite ? Aucune maison/plantation/élevage/remise/etc. Juste une piste qui amène ceux qui l'empreinte à une boucle pour faire demi tour ! ? Mais ils sont fous ces Australiens !!!!!!!!!!!!!! On va essayer plusieurs autres pistes, rien. On ne trouvera jamais la ferme mystérieuse... La seule créature rencontrée sera un gros lézard.

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Après un magnifique couché de soleil sur l'Outback, la nuit est tombée. On profite même de notre toit ouvrant pour regarder au loin si on voit des lumières d'habitation... Rien.

On reprend la route vers le Sud, ressassant le déroulement de cette journée et nos espoirs déçus...

... Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées...

On a bien fait d'acheter du lait, ça, au moins on l'a ! Attention de pas renverser quand même...

Une station en train de fermer, on se pose là pour la nuit, à côté du campervan un rapace de belle taille est posé sur une branche, il ne bouge pas. Il nous ferait presque flipper ce bestiaux...

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Lendemain matin, réveil avant le soleil, on prend la route. Arret incontournable, l'aire de repos du tropique du capricorne. Mais si vous connaissez, le tropique du Capricorne et celui du Cancer, parallèles à l'équateur sur les planisphères et dont on ne se souvient jamais lequel est au Sud ou au Nord. Ces deux anneaux qui n'existent pas, inventés par l'homme pour qu'on se trompe en interro de géographie. Ben y a une stèle, c'est ici. C'est là que toute la petite troupe va se réveillerhabillerdéjeuner...

Ils sont vraiment bizarres ces Australiens, sur la route, le tropique du capricorne tu trouves ! Les fermes tu trouves pas !

On repart. Les kilomètres défilent tranquillement en direction de Alice Springs, la ville du "centre rouge", à l'arrière, c'est math et anglais. Le centre rouge, il porte son nom à cause de la couleur de sa terre, de ses roches. La plus connue d'entre elles est incontestablement Uluru, la star des cartes postales. C'est d'ailleurs elle notre prochaine étape ! Ici, même les kangourous ont un autre nom, "le rouge" : the Red Kangaru, le plus grand de tous, il mesure environ 1,80 m. certains m'ont dit 2,00 m. Point vu ! Tiens, savez vous quelle est l'origine du nom kangourou ? Cela vient de la langue Aborigène. En effet, lorsque les premiers explorateurs ont demandé aux natifs quel était cet animal étrange, ils leur répondirent << Kangaru>>. C'est à dire : << je ne comprends pas >>. ceci dit, y a pas de quoi frimer avec ça, c'est jamais qu'une grosse souris !

Nous arrivons à Alice Spring, petite ville proprette et bien rangée, écrasée par un soleil de plomb sous un ciel sans nuages...

... Nous nous rendons au supermarché pour faire le plein de nourriture, boissons et l'incontournable Ice bagg pour la glacière. Nous craquons sur deux ou trois bonnes choses pour le réveillon de ce soir et le repas de demain. C'est Noël quand même ! On ne choisit pas cette grande surface par hazard, Coles du groupe Shell, nous permet de bénéficier de la remise sur notre carburant avec le ticket de caisse des courses alimentaires... Vu ce que l'on dépense tous les jours, ça n'est pas superflu ! Le bottle shop est fermé (pour lutter contre les problèmes d'alcoolisme, l'Australie a mis en place des mesures restrictives très poussées. La première, l'alcool n'est vendu que dans des magasins spécialisés : les pubs ou les "bottles shops". Vous pouvez chercher partout ailleurs, il n'y en a pas.) Et il se trouve que, aujourd'hui 24 décembre, les bottles shops n'ouvriront qu'à 14h00 pour fermer à 18h00. Impossible pour nous d'acheter la moindre bouteille de vin pour ce soir... Tant pis, on verra à Ayers Rock cet après midi.

P1250491Nous reprenons la route plein Ouest, nous sommes seuls une fois de plus. Le stop de midi sera très chaud. Il nous est impossible de tenir au soleil et les quelques abris d'une aire de repos seront salvateurs, même les corbeaux présents paraissent souffrir. Ils ventilent en permanence becs grands ouverts et se disputent les places à l'ombre avec les autres oiseaux présents.

On repart, le thermomètre affiche 47°C ! La clim refroidit difficilement l'habitacle de notre Campervan. à l'extérieur, tout est plat, désert et rouge. De temps en temps, une vache morte sur le bord de la route (en plus des autres animaux habituels).

 

 

 

P1250495Au loin, on devine une montagne plate, c'est Attila, parfois confondu avec Uluru. Tout à coup, là à gauche, un dromadaire sauvage. On freine, on fait demi-tour, juste le temps pour tout le monde de le voir et il décampe à grandes enjambés. Oui, il y a des chameaux et dromadaires sauvages. D'origine Afghane, ils ont été introduit ici pour participer à la construction du chemin de fer, puis relachés (abandonnés ?) après dans la nature.

 

 

 

 

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Les lignes droites sont impressionnantes, on vient encore d'en faire une de plus de trente kilomètres ! On arrive enfin à Ayers Rock. Une fois de plus, on pensait trouver une petite ville, pas du tout. Il s'agit en fait d'un Resort avec quelques magasins et l'entrée du parc national. La restriction sur l'alcool est encore plus virulante qu'ailleurs. Le pub du Resort ne vend des bouteilles qu'aux clients du complexe hôtelier (!) et nous ne devrons notre achat d'une bouteille qu'à la complicité d'un couple de Français présents et clients de l'hôtel, achetant pour nous cette honteuse boisson. Cocorico !!! C'est beau la solidarité ! Merci.

 

Il est 17h50, le couché de soleil sur le monolyte est prévu à 18h28, il ne faut pas trainer.

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On passe l'entrée du parc et tout à coup il apparait, massif, majestueux, intrigant. Il n'est pas rouge mais plutôt couleur marron glacé. Il y a un monde fou sur les "sunset views parks" (parking avec points de vue du couché de soleil). On file tout au bout, pas trop de monde, On se gare émerveillés par le gros caillou. Pas de temps à perdre, on installe la table de camping, Chips, guacamole, soda et vin rouge. On trinque devant Uluru, à nous et à vous tous de qui nous sommes si loin en ce soir de Noël. L'instant est magique, unique, énorme... prendre l'apéro en ce jour, ici ! Le soleil descend derrière nous, le marron se transforme petit à petit en rouge, le rock flamboit. Et c'est beau !

On reste là encore un moment, le ballet des voitures pressées de regagner l'hôtel commence. Après avoir profité du spectacle et de notre apéritif, nous partons également mais en sens inverse des autres véhicules. Nous faisons le tour du Rocher pour chercher un coin afin de passer la nuit, impossible, territoire Aborigène oblige, on ne peut même pas se garer le long de la route... Sur un autre arrêt autorisé, nous dinerons de toasts au saumon et charcuterie (pas envie de cuisiner ce soir !). On se régale pendant que le crépuscule remplace le jour, Uluru est devenu une masse sombre, au dessus de laquelle des millions d'étoiles apparaissent peu à peu. En regardant d'un horizon à l'autre, sans pollution lumineuse, les étoiles semblent posées au sol, nous passent au dessus et finissent encore au sol. La voie lactée est là, lumineuse, presque éclairée. Waouh, le père noël aura une belle soirée pour bosser de ce côté !

Après ce repas de fête, un peu plus éloigné du site sacré, nous plaçons le campervan pour la nuit. Et quelle nuit ! Juste après avoir transformé l'ensemble en chambre à coucher, le vieil homme en rouge nous a retrouvé et nous ouvrons nos paquets dans la joie assis sur nos matelas avec nos guirlandes et boules qui pendouillent dans l'habitacle. Chacun s'extasie sur ses présents, un marque page souvenir d'Australie pour maman, un pendentif en opale en forme de "P" pour Pamela, un mascara pour Laetitia et une brosse à cheveux ronde pour papa (???) !

Après une nuit de Noël sous la voute étoilée, toit ouvrant ouvert, par 39°C, on se lève direction le levé de soleil sur Uluru... Bof, pas terrible, par contre derrière nous le levé de soleil lui même est magnifique. Nous filons rapidement vers le parking d'où l'on peut accéder au chemin permettant de monter sur le sommet du rocher sacré. Afin de respecter les croyances Aborigènes et en guise de compromis, l'accès au sommet n'est permit que de 6h00 à 8h00 le matin avant ou après c'est interdit. Pour une fois, pas de chance pour nous, l'accès est fermé pour cause de vent trop fort en haut, trop dangeureux.

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En route, stop à un point de vue superbe sur cet ensemble géologique bizarre. Sur place, après une courte balade au fond d'une gorge encaissée (la principale est fermée pour cause de trop forte chaleur), en ce 25 décembre, nous sommes seuls.

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Le parking marque la fin de la route, après ça, plus rien, ou plutôt si, l'immensité du désert, sans piste, presque sans ombre, et plus un seul relief. Pas le moindre signe de vie et pourtant il y en a tant. Je crois que c'est ici que nana a eu cette si belle phrase : << le désert, là où rien veut dire quelque chose !>> Le silence est rompu de temps à autre par les cris des oiseaux, nos voix ou le vent. La chaleur, pesante, écrasante fige tout dans ce coin (à part les mouches !), rien ne bouge et nous comprenons mieux pourquoi la vie animale est dense la nuit.

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Sous ce soleil de plomb, à côté de notre sapin de noël qui pendouille au rétroviseur, le thermomètre affiche 44°C ...

... Nous retrouvons notre campervan et après s'être restaurés, tranquillement, nous prenons le chemin du retour, la clim à fond peine toujours à refroidir le véhicule. On revoit les paysages de l'aller, rouge, tout est rouge.

 

 

Il fait chaud, on voit rouge, mais on reste cool...