Les kilomètres défilent, l'aiguille du réservoir indique la moitié, une station est là (en fait, deux pompes sur un parking sans ombre devant un batiment) on s'arrête pour faire le plein, ne surtout pas se faire piéger par le carburant. ça va le prix du litre d'essence redescend de dix cents par rapport à Ayers rock, le unleaded 91 n'est plus qu'à 1,92 $ Australien !

Nos deux Français, ceux de la bouteille de vin, arrivent après nous et font de même. On met les véhicules de côté, sous le seul arbre et prenons le temps d'un café ensemble, en fait, une heure.

DSCN6833Lorsque nous sortons, ils visitent notre beau campervan et un émeu pas farouche décide de faire pareille ! Ici, il y a des troupeaux d'émeus, mais jusqu'à présent, on les voyait de loin, celui-ci est curieux et sans gêne. Je dois faire le service d'ordre et lui faire comprendre que ça n'est pas possible d'entrer, il fait le tour afin d'inspecter notre coin cuisine...

Une fois encore je dois lui expliquer que c'est à nous et pas pour lui ! Au loin, quelques aborigènes, assis près de leur voiture, rient en nous regardant. Bon allez, on s'en va ! Y a pas de quoi frimer avec les émeus, c'est jamais que des grosses poules ! Nous reprenons notre route en diection de la Stuart.

 

Quelques heures et kilomètres plus tard, nous arrivons dans la grande station située à la jonction avec la highway, nous y refaisons le plein. (le troisième du jour !) Impossible de camper sur le parking, des panneaux énormes nous l'interdisent. Je me renseigne au camping, 80 $ ! On allucine, quatre vingt dollards pour dormir dans NOTRE campervan... On repart, on dormira dans le désert comdab' maintenant. Plus loin, on fait un stop sur le bord de la route, pour diner. Finalement, on va aussi faire notre toilette, la fameuse "douche à la casserole", c'est génial, pas besoin de faire chauffer l'eau, elle est naturellement à 30°C environ, là, sur le bord de LA highway, LA Stuart, LA numéro 1, Nous pourrons nous doucher entièrement, les uns après les autres et nous ne serons pas dérangés. Tout nud sur le bord de la route,  même en plein désert, ça fait drôle quand même. Tiens au fait, il n'y a pas que l'eau de la douche qui soit à 30°C ! Petite astuce, dans le désert, la journée votre eau devient chaude et imbuvable. Comment faire, sans frigo/glacière/glaçon/camion réfrigéré/azote liquide etc. pour qu'elle reste agréable à boire? Dans la bouteille, mettez-y un (des) sachet(s) de thé, c'est meilleur ! Quand on aime le thé...

Le ciel peu à peu se remplit d'étoiles, les filles se couchent à l'arrière, Nana et moi avons la pêche et décidons de continuer de nuit, notre vitesse habituelle nous permet de voir les kangourous de loin et de réagir en conséquence. Et on va en croiser un paquet des souris géantes ! Et il en faut des réflexes ! Ils font comme les poules, c'est au dernier moment que les marsupiaux choisissent de prendre la fuite et ça n'est pas toujours la direction la plus intelligente. Nous roulons sans trop de fatigue, on rejoint une station qui ferme juste sous notre nez,  il accepte de nous vendre un ice bagg mais pas plus. Le réservoir est à la moitié, la loi de la prudence nous fera rester là pour cette nuit afin d'attendre la ré-ouverture des pompes demain matin. C'est apparemment un parking sécurisé, il est gardé par des centaines de moustiques, après un bon coup de bombe et la moustiquaire sur le toit ouvrant, la nuit va passer sans encombre.

Au matin, un décor de film nous attend, vieux batîments, vieux tracteur dans un coin, éolienne et réservoir d'eau, publicité géante, parking immense en terre avec un arbre à chaussures... Une fois les pompes ouvertes et le plein fait, nous reprenons la route plein Sud. On roule tranquillement, toujours peu de véhicules, deux biker's (motards plutôt rock'n'roll) vont nous dépasser, puis une voiture ou deux, on croisera quelques rares camions et voitures... Après une grosse heure de route, on aperçoit au loin un gros obstacle, en plein milieu, non, deux ! Surement un animal, mais la forme est étrange, on ralentit, s'arrête presque, il s'agit en fait, d'un sac à dos et d'un trois quart huilé tout neuf (long manteau de cowboy ou ... de biker) avec encore l'étiquette du prix agrafée dessus. On s'arrête, Nana descend récupérer le matériel, c'est sur, c'est aux motards de tout à l'heure, si jamais on les croise, on leur fera signe...

... On ne les croisera pas, mais après un long moment, sur une aire de repos, nous les apercevons et les rejoignons...

 - << Hy guy's, how are you? >> (Salut les gars, comment allez vous?)

 - << Hy ! do you found anything, a backpack? >> (Salut, vous avez trouvé quelque chose, un sac à dos?)

Ils nous montrent un casque défoncé, il a été trainé pendant plusieurs kilomètres au bout d'une sangle, on a doublé la visière il y a un kilomètre...

P1250732... Lorsque nous leur disons que nous avons trouvé le reste, ils explosent de joie et nous embrassent en nous traitant de "Good peoples" ,ils nous proposent une bière fraiche (ils ont un ice bagg dans les saccoches d'une des motos !) pour féter ça. On refuse, il est 9h00 du matin environ. Par contre, la photo souvenir s'impose, nouvelles embrassades et ils repartent surexciter. On est heureux pour eux, qu'y avait il dans son sac ? Ses slips et chaussettes ? Des billets de banque ? De la drogue ou des pierres précieuses ? On ne le saura jamais, on ne sera pas riche aujourd'hui non plus, juste serein et content de ce que l'on a fait...

 

 

Inévitable petit déjeuner, troublé par le passage du train de marchandise le plus long du monde. Malheureusement, celui d'aujourd'hui est "petit". Seulement trois locos et quatre vingt dix sept wagons (eh oui je les ai comptés). Normalement, il y a deux locos en début de convoi, puis une tout les cinquante wagons, jusqu'à deux cents... Si vous le croisez à un passage non surveillé, coupez le moteur, il mesure un kilomètre cinq cents de long et met environ une demi heure pour traverser entièrement la route ! Ils sont fous ces Australiens !

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Les grands espaces continuent, la fascination des étendues Australienne aussi. Nous sommes encore au centre rouge pour quelques kilomètres, ici même la route est en enrobé de cette couleur. Nous croisons de rares panneaux et leurs indications sont parfois surprenantes.

 

Dans quelques kilomètres nous changeons d'état.

 

 

Tout va bien, les provisions de fruits et légumes sont terminées. De grands panneaux nous annoncent la frontière et il est interdit de la traverser avec des végétaux quels qu'ils soient pour éviter la propagation de maladies ou de parasites. Tout végétal, sera confisqué et détruit ! Heureusement on savait, on a prévu...

Nous voici donc dans l'état de South Australia (S.A.) (Australie du Sud), on continue en direction de Coober Pedy.

Coober pedy. En plein milieu du désert, une ville troglodytique, la capitale Australienne de l'opale. Ici, le thermomètre monte facilement jusqu'à 55°C, du coup, pour se protéger, les mineurs ont transformé leurs galeries en habitations et finalement, une grande partie de la ville est sous terre.

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Avant d'arriver en ville, nous faisons un crochet par un chemin de terre vers les Breackaways, c'est une région désolée d'escarpements et de mesas. Le Castle, formé de roches blanches et ocres a été rendu célèbre par le film Mad Max III. Un panorama superbe. Plus on approche de Coober Pedy, plus il y a de monticules de terre, parfois des collines, de toutes les couleurs, suivant la roche extraite, de chaque côté de la route.

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Nous avons trop envie de dormir sous terre, le prix de l'hôtel est un peu élevé (125 $) mais on a envie de se faire plaisir et le petit déjeuner est compris. Elle est belle notre chambre, fraiche et bien agencée. Les murs sont vernis pour ne pas qu'on se salisse en les touchant. Un repas dans un resto... Grec, c'est notre repas de noël, on se l'était promis, suivi d'une bonne nuit. Quel luxe ! On a un campervan ET une chambre d'hôtel !

Le petit déjeuner, de grande qualité, est gargantuesque, Toasts saumon et sauce Hollandaise avec oeufs pochés pour les filles, assiette du trapeur pour moi, oeufs au bacon pour Nana... On doit laisser la chambre, nous remettons nos affaires dans le campervan et on va régler.

HORREUR ! J'ai mal compris le prix de la chambre hier, c'était one undren ninty five et non pas one undren twenty five, (195$ au lieu de 125$) en même temps, c'est un quatre étoiles, je comprend mieux la chambre, la piscine, le petit dèj'... Gros coup dans le budget, presque un jour de carburant ! Effectivement, quel luxe.

Bon sang, qu'y avait-il dans le sac à dos hier ?

On est à Coober Pedy, il parait incontournable de visiter une mine d'opale avant de repartir. P1250880Et c'est ce qu'on a fait, casques de mineurs sur la tête, plan des galeries en main, en route vers le fond (ça change !). Il fait frais dans le trou, la lumière et l'espace de ces larges galeries font que nous ne nous sentons pas oppressés. Par endroit, du matériel entreposé, un bout de galerie en cul de sac avec des mèches d'explosifs sortant de la paroi, un tunnelier... On croirait presque que ce côté de la mine est toujours en activité. Il y a même une veine (derrière des grillages) mise en évidence par une lumière noire (tube néon violet) transformant le blanc en fluo et faisant... briller les opales ! Les caméras et moi avons eu du mal à retenir Nana qui tentait d'arracher grillage et roches... On déambule une demi heure dans ce mini labyrinthe que Dédalle lui même aurait pu dessiner.

On ressort des galeries par le guet-apens (pardon, la boutique souvenir), heureusement, il y en a pour toutes les bourses. J'accèpte d'acheter ici une petite bricole, surement un reflexe conditionner par les non-achats bon marché Malaisiens et le traumatisme qui s'en suivi, créé en moi, par les achats fait en dollards Singapouriens.

Le plein du réservoir, des provisions et d'eau et nous voilà, une fois de plus, repartis vers le Sud...

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La journée se poursuit et se termine par la région des lacs salés, plusieurs arrêts pour s'en approcher, on va même diner devant avec un couché de soleil splendide. On transforme la voiture en lit et... On repart, toujours la grande forme et bien envie de rouler tranquillement, à deux avec nos gobelets de café.

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Ce soir là, en début de parcours, il y aura tellement de kangourous (et on voudra tellement les prendre en photo) qu'on va finir par rouler à 40 kms/h... On se ressaisit, range l'appareil photo et nous reprenons notre vitesse de croisière normale.

Une station ferme, c'est désert, on rêvait d'un autre café, on continue. Après plusieurs heures de conduite, on décide de stopper sur une aire de repos où se trouve déjà un autre campervan. Une voiture rejoindra l'ensemble peu après.

 

Dans la nuit, un bruit me réveille, puis un autre. Quelqu'un tourne autour du campement. Discrètement, je me redresse, frontale éteinte en main. Sans bruit, j'observe et voit le rodeur, les oreilles pointues, il est brun ! Ou plutôt roux ? (NAN ! ce n'est pas monsieur Spock du film Star trek ! ), on dirait un renard, je ne pensais pas en voir ici... (en même temps, je vois pas trop, non plus, ce qu'un personnage de science fiction ferait ici !) je me rendors.

Je me réveille avant le reste de l'équipe, démarre l'engin et reprend la route. Avec le jour, je me rend compte que les paysages ont changé, la terre parait plus sombre, plus grise ou violette et à perte de vue, tout est recouvert d'une végétation pas plus haute qu'un mouton (cette comparaison, parceque depuis ce matin, j'en vois) d'un vert foncé parfois un peu argenté, comme les feuilles de nos oliviers Espagnols.

Goodbye N.T., Hi S.A. !!!