Une chambre famille au YHA d'Adelaïde, pancakes maison (des vrais, épais, crémeux, presque pas assez cuits) offerts au petit déj' le matin, camper van dans le parking gratuit du loueur (pour info, les parkings Australien coûtent entre 19 et 42 $ DE L'HEURE !).

On se prépare pour aller voir le feu d'artifice que la ville donne pour le nouvel an, On se peint les yeux, on se coiffe les cheveux... Entre les deux plus jeunes qui débutent dans le peinturage et la plus experte qui joue les professeurs... ça grandit et qu'est-ce qu'elles sont belles mes trois princesses...

Arrivée au parc, on vérifie notre âge, on nous met un bracelet fluo (les adultes seulement) et on nous parc au milieu de barrières. Une tente est là, c'est le seul endroit où nous pouvons acheter une bière ce soir (en dehors des pubs), on a droit à trois chacun, mais on doit la boire ici et assis, hors de question de boire debout ! (?)

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23h55, le feu démarre, il est magnifique, minuit sonne et on s'embrasse sous les explosions en se souhaitant pleins de belles choses, en pensant à vous tous également avec de bonnes pensées. Les Australiens regardent le spectacle sans s'interrompre. Le feu dure vraiment longtemps et dès qu'il a fini, les gens prennent le chemin du retour. Tout s'arrête, Elise tu nous avais prévenu, mais c'est surprenant quand même ! Si on veut bringuer, il reste pubs et discothèques... On n'en fera rien. On rentre se coucher tranquillement en retraversant cette jolie ville à pied, demain matin, les filles ont interro de math. Pour les parents, obligés de superviser, ça n'est pas drôle non plus ! Et oui, l'itinérance n'a pas que des bons côtés.

 

Lendemain. On hésite un peu à revenir en arrière vers Port Lincoln, mais au dernier moment une information nous fait finalement continuer vers l'Est. En effet, nous voulions aller à la rencontre du grand requin blanc (en cage sous l'eau) (nous, pas lui !) et pensions le faire ici, à Adelaïde. Il n'en est rien, cela ne se pratique qu'à Port Lincoln à cause de la sédentarité des squales à cet endroit. Comme m'a dit un habitant de la ville, << si tu vas nager avec une côte de bœuf fraiche attaché au corps, tu devrais en voir un ici aussi ! >> Notre renoncement est dû au fait qu'il y a dix jours d'attente pour pouvoir le faire ! On ne les a pas et en plus, c'est à 1300 kms d'ici aller/retour. Ça sera pour une prochaine fois, lors d'un autre voyage, ailleurs...

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On file vers l'Est toujours, Pinnaroo, puis au Sud, Bordertown, c'est la saison des cerises... Les équipes sont déjà formées... On décide de longer Youghusband Peninsula par la princess highway. Belle nuit dans un parc national au milieu des dunes, avec chamallows grillés sur bout de bois le soir et œufs brouillés le matin, sans compter les pélicans. Le lendemain on va rouler jusqu'à Mount Gambier, une petite ville construite sur le flan d'un vieux volcan assoupit dont les eaux bleues du lac font s'arrêter là, les gens de passage. Nuit au milieu des près avec une jument pour voisine. La journée suivante est consacrée à expédier le courrier du CNED, lessive, ravitaillement, et internet au Mac Do...

 

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On part en fin de journée, visite les préparatifs d'un concours équestre et passons la nuit au milieu des champs de vaches. Des centaines de bovins, partout, des champs à perte de vue et des forêts de conifères immenses plantées là pour la couche d'ozone. Il n'y a que nous et les vaches. Elles nous regarderont même faire notre toilette casserole ! Les indiscrètes. Belle nuit, pas un bruit, belles étoiles.

 

 

Au matin, sur la route on aperçoit un panneau indiquant la tenue d'un Rodéo le lendemain, c'est décidé, on y va (avantage du camper van !) on dormira là-bas, les cours se feront en attendant le début du spectacle.

On passe par la ville de Port Fairy et posons finalement notre campement à Koroit dans l'herbe, à l'ombre de grands arbres juste à côté de l'arène métallique déjà dressée, entourée de bottes de paille pour gradins à l'emplacement du stade de rugby.

Tout au long de la journée nous assisterons aux préparatifs, le summum étant bien sûr, l'arrivée de la semi-remorque remplis de chevaux sauvages ! L'heure venue, nous nous installons, sur la paille disposée sur une remorque de camion, à l'ombre. Nous souhaitions voir un rodéo, on en aura deux.

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Celui avec les chevaux, bien sûr et celui des taureaux. En plus, nous aurons droit à une course de Barrel racing qui nous fera penser bien sûr à Olivia ! Hamburgers locaux (pain de mie) et frites, les trois gourmandes iront se chercher une glace plus tard et me rapporteront un hot dog ! Nuit calme.

Le lendemain nous prenons la Great Ocean Road, et nous nous arrêtons fréquemment pour regarder les falaises de calcaire se jetant dans la mer et bien sûr, les douze apôtres. Nom donné à des formations rocheuses, plantée là face aux falaises et ayant résisté à l'océan et aux intempéries, elles sont onze... au départ, douze mais l'une d'entre elle s'est effondrée. Le nom est resté.

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Point culminant pour nous, juste après Apollo Bay, Keneth River et ses koalas ! Certains payent pour les voir en zoo en Australie, alors qu'ici, il y en a partout. On va prendre un chemin forestier et "traquer" les marsupiaux une grande partie de la journée. Ceux sont des animaux tranquilles, ils dorment 18 heures par jour et pour avoir une jolie photo, j'en réveillerai un en secouant l'arbre dans lequel il est perché, à trois mètres au-dessus du sol !


 

 

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Après quelques kilomètres, on trouve un super lieu de couchage face à l'océan, à un mètre du sable, sur la plage quoi !

 

 


Le lendemain, on arrive à Melbourne, très grande ville, moderne, grattes ciels et trams. Pas possible de prolonger encore une fois la loc., il faudra rendre notre "maison" demain. Nous allons profiter de ces vingt-quatre heures encore et prenons la direction de Phillip Island au Sud de Melbourne, une fois encore en zone urbaine, plus de panneaux de direction et on va une nouvelle fois se perdre. Nous devons y être avant ce soir pour assister une fois de plus à un phénomène unique au monde... La marche des pingouins nains ! Nous avons un peu de temps et filons jusqu'au bout de l'île pour tenter d'apercevoir au loin des lions de mer. À part des rochers, des vagues et des touristes regardant tout ça, pas de lions.

Nous achetons nos places (surprise ! Aucun guide ne le stipule, mais c'est payant), moi je pensais qu'on se mettait au bord de l'eau ou en haut d'une dune et qu'on regardait. Nan, tout est bien structuré, chemin (passerelles) traversant les dunes et la zone de nidification (!), pour arriver à des gradins en béton avec lampadaires dirigés vers l'eau.

Tous les soirs, à heure précise, des centaines (d'après mon calcul, capacité six cents) de touristes prennent place ici pour observer une demie heure/une heure plus tard (les pingouins sont un tout petit peu moins précis que les humains), tous les soirs, (21h30) des dizaines de petits pingouins qui rentrent de leur journée de chasse.

C'est vrai qu'ils sont jolis et rigolos surtout, plutôt craintifs, ils attendent d'être en groupe pour courir vers les dunes salvatrices et passer ainsi la zone à découvert qui les séparent de l'eau. Photos et vidéos interdites, des rangers sont là pour y veiller, il ne faudrait pas perturber les petites bêtes... Si on veut des photos, il y en a, à la boutique.

On restera là, à les observer, pendant une heure. On traverse à nouveau la zone de nidification et là, il y en a dans tous les sens, on est parfois à moins d'un mètre d'un petit piaillant pour appeler sa mère. Nous attendons que le parking se vide un peu et nous nous faisons notre dernier diner bivouac. On transforme le camper van en lit, les gardiens du parking s'assurent que nous n'allons pas rester là, bien sûr que non, nous avons repéré un très bel endroit face à un spot de surf.

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On démarre et là; Surprise ! Dès la sortie du parking, la route donnant accès au spot est fermée par une barrière. Demi-tour, on va ailleurs, là, au sol, un lapin décampe mais il reste une petite "boule" noire sur la chaussée... Un pingouin ! Il dort là, je descends pour éloigner l'imprudent qui avait attaqué sa nuit et semble ne pas comprendre ce que je veux. Je vais finir par le pousser à la main, avec délicatesse, ses plumes sont un peu rugueuses. Il part apeuré et fâché ! Même pas reconnaissant le canard ! Si si, c'est pareil qu'un canard. Pas de quoi frimer avec ça ! Nuit sur le parking d'une station en direction de Melbourne.

 

 

On repart vers la ville, pas de temps à perdre, on visite un peu, on mange un fish & shipps, la grande spécialité de l'état de Victoria... Poissons panés et frites (!).

On rend le camper van et on loue une berline, juste à côté. La responsable du site n'a plus de place pour stocker ses véhicules et pour se débarrasser de l'un d'eux, nous fait, au tarif d'une petite voiture pour deux jours, une grosse pour trois journées... On prend !

On a choisi le modèle pour... son coffre, et oui, quatre sacs à dos plus le fourbi, ça fait vite du volume ! Comme dit Nana, on a eu pire comme capacité de coffre et c'est toujours rentré, de Thaïlande vers la frontière Malaisienne entre autre !

Nous voilà repartis, les filles travaillent encore, avec toute la place que peu fournir une voiture à l'arrière. Quel confort, le silence surtout, notre camper van avait un amortisseur qui tapait, là, pas un bruit. Il faut dire que la voiture à deux milles kilomètres... Une Ford, on a la dernière Mondéo, avec boite auto, clim séparée ordinateur de bord qui va veiller à notre place sur la conso d'essence.

On part, direction Albury au nord, en prenant la M31, on se perd un moment puis Nana retrouve notre chemin. C'est hallucinant. Habituellement, Nana n'a aucun sens de l'orientation contrairement à moi. Là, je ne m'y retrouve plus, pour moi, les directions que nous font suivre les panneaux sont opposés à notre direction. La position du soleil et l'heure confirment mes impressions. On se fie à moi, on se perd. J'écoute Nana, on trouve le bon panneau, c'est bon. No comments. Je ne veux rien entendre.

 

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On refait des courses mais nous n'avons plus de glacière et pas moyen de faire cuire quoi que ce soit... Les kilomètres défilent et nous nous arrêtons pour la nuit à proximité d'un village, pas de quoi coucher. Repas sur l'herbe. On se décide à dormir dans la voiture ! Nuit pénible en sacs de couchage. Les grands devant, les petits derrières, avec les pieds de Laetitia sur, à peu près, toutes les têtes ! Au matin, elle va déclarer avoir bien dormit !

 

 

 

On continue notre route vers les Blue Mountains, des panneaux lumineux nous informent qu'en raison de feux de forêt très important certaines mesures ont été prisent. Par exemple, des poudres retardantes ont été pulvérisées le long de l'autoroute. Au stop de midi, le hasard fera que nous nous sommes arrêtés juste à un point de ravitaillement carburant des hélicoptères des soldats du feu. Le ballet volant sera incessant. Après cet intermède aérien, on repart et nous commençons notre grimpette au milieu de ce qui est pompeusement appelé "Australian Alps". Pour mémo, on ne dit pas "Himalayiste" mais bel et bien "Alpinisme", alors annoncer "Alpes Australiennes", c'est comme dire du "Saint Marcellin" de Hollande... Les Alpes, c'est haut, c'est froid, c'est grand, c'est beau et ... c'est chez moi.

Attention de ne pas confondre...

Au milieu de champs et forêts plutôt jolis, nous filons sur une petite route. La route fait de jolies courbes au milieu des étendues vallonnées. On aperçoit un serpent. Un mouton est au bord de la route, hors de son pré, nous stoppons et le reconduisons à l'intérieur. Réparation de fortune de la clôture pour qu'il ne recommence pas au risque de se faire renverser par une voiture.

Nana me voit blêmir et me demande ce qui se passe... le panneau que nous venons de passer indique 42 kms pour la prochaine ville (et pompe d'essence) et notre ordinateur de bord annonce une autonomie de 22 kms... On a fait 7000 kilomètres avec un camper van sans avoir jamais la moindre pénurie de carburant et là avec une voiture qui dit combien on consomme, combien il reste de litres, de kilomètres etc... C’est la cata.

Bien entendu, la nuit va tomber bientôt. Les kilomètres défilent, la première ferme visitée est vide. Personne, tant mieux, c'était lugubre. Le même genre de ferme que dans les films d’horreur où les gens meurent tous à la fin. Les kilomètres défilent encore. Devant la seconde on voit du monde, on s'approche et j'expose mon problème. Je demande au chef de famille s'il peut me vendre un peu de carburant. On va batailler un peu pour mettre les cinq litres dans le réservoir pendant que les filles sont parties avec la maîtresse de maison et sa belle-fille dans une grange un peu plus loin.

Ceux sont des éleveurs de brebis et demain c'est la tonte ! Après avoir discuté un peu, Rebecca nous invite à passer la soirée et la nuit avec eux chez eux...

... Nous acceptons, la famille est grande, six enfants adultes avec pièces rapportées pour certains. Une chambre nous est libérée, préparée et prêtée. Diner joyeux, nous sommes quinze autour de la table. La maison est grande, quatre cents mètres carrés !

Nuit fraiche et très confortable ! Au matin nous allons assister à la tonte des ovins dociles après quoi on repart vers les Blue Mountains. Cette chaine de montagnes porte ce nom à cause du brouillard bleuté, formé par le dégagement d'essence d'eucalyptus et qui flotte au-dessus d'elle en permanence.

Après quelques kilomètres, une petite ville, Oberon, son église, sa boulangerie, sa pompe à essence... Petit dèj' viennoiserie et remplissage du réservoir !

On entre dans le Kanagra-Boyd National Park, en contournant la barrière qui en condamne l'accès pour cause d'incendies. Pas d'affolement, nous nous sommes renseignés à l'office du tourisme, on peut passer, l'alerte est levée, nous sommes juste plus matinaux que les rangers... On va rencontrer une multitude de kangourous tout au long de ce chemin interminable pour accéder à un point de vue magnifique. On arrive à la falaise surplombant une vallée profonde, Nana est terrifiée de nous voir si proche du précipice et ramènera l'équipe à la voiture d'une "main" énergique.

 

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On reprend la route vers Katoomba pour y voir le magnifique point de vue sur The three Sisters. Vertigineux. Ça nous fait penser aux trois pucelles qui surplombent Seyssinet et Grenoble. En un peu moins beau peut être !

 

 

 

 

En repartant, nous savons que nous laissons derrière nous les étendues sauvages Australiennes, désertes ou touffus, plates, vallonnées ou montagneuses. Les Panneaux indiquent enfin la ville de Sydney, avec elle la fin des grands espaces et de notre périple Australien.

L’entrée de la ville se fera comme les sorties des précédentes. On se perd...