Polynésie française

Polynésie française Pōrīnetia Farāni (ty)
Blason de Polynésie française Armoiries Drapeau Drapeau
Carte de localisation de la Polynésie française Carte de localisation de la Polynésie française
Administration
Statut politique Collectivité d'outre-mer française
Chef-lieu Papeete 17°32′S 149°34′W / -17.533, -149.567
Gouvernement - Président de la République - Haut-commissaire de la Rép. - Président François Hollande Jean-Pierre Laflaquière[1] Oscar Temaru
Démographie
Population 274 217 hab. (2012)
Densité 66 hab./km2
Langue(s) officielle : Français, régionale : Reo mā’ohi (tahitien, marquisien, paumotu, mangarévien...)
PIB (2003) · PIB/hab. 3,8 milliards de $US 17 500 $US (PPA)
Géographie
Superficie 4 167 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique CFP (XPF)
Fuseau horaire UTC -10 et -9:30
Domaine internet .pf
Indicatif téléphonique +689
Hymne La Marseillaise et Ia Ora ’O Tahiti Nui[2]
Devise Liberté, Égalité, Fraternité

La Polynésie française est une collectivité d'outre-mer de la République Française (code officiel géographique 987), composée de cinq archipels, soit un total de 118 îles dont 67 habitées, située dans le Sud de l'océan Pacifique, à environ 6 000 km à l’est de l’Australie : l'archipel de la Société avec les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent, l'archipel des Tuamotu, l'archipel des Gambier, l'archipel des Australes et les îles Marquises. Elle inclut aussi les immenses espaces maritimes adjacents.

Les premiers habitants de ces îles proviennent probablement de migrations en provenance d'Asie du Sud-Est vers l'an 300. La rencontre avec les navigateurs européens entraine à la fin du XVIIIe siècle des épidémies qui déciment les populations autochtones. Les campagnes d'évangélisation et l'introduction de l'alcool achèvent la destruction de la culture et des savoirs de chaque île. La France impose progressivement à compter de 1843 son protectorat, contrant ainsi l'influence britannique.

Il faudra attendre 1946 pour que les habitants accèdent au droit de vote et 1957 pour bénéficier d'un premier gouvernement local. La langue polynésienne ne retrouve toute sa place dans les écoles qu'en 1977. La Polynésie française est aujourd'hui une collectivité d'outre-mer, bénéficiant d'une large autonomie par rapport au gouvernement central métropolitain. Son axe principal de développement demeure le tourisme, reposant sur un patrimoine naturel et culturel exceptionnel.

Géographie

Ce territoire comprend environ la moitié des eaux marines françaises (5 millions de km2) et plusieurs groupes d’îles et d’atolls dont la plus importante et la plus peuplée est Tahiti.

Les îles et atolls

Les îles de Polynésie sont issues de l’activité volcanique, soit d'un âge proche de la plaque sur laquelle ils reposent (50 à 60 millions d'années, c'est le cas des soubassements des Tuamotu), soit de points chauds. Du fait du mouvement de la plaque océanienne (qui se déplace vers le nord-ouest), le point chaud restant, lui, fixe, des chapelets d'iles peuvent ainsi se former. Ainsi le point chaud qui a donné naissance aux deux volcans de Tahiti n'est qu'à cinquante kilomètres à l'est. Ces massifs volcaniques s'érodent, s’enfoncent progressivement (du fait de leur poids et du phénomène de subsidence), jusqu’à disparaître de la surface (la seule trace visible en est alors le récif corallien s'il a pu se développer, dont la croissance continue compense l’affaissement du support : les îles sont alors appelées atolls, par opposition aux îles hautes qui, elles, sont montagneuses). Le passage du stade de volcan île haute à atoll ne prendrait que quelques millions d'années.

Nombre d'atolls, à la surface émergée très réduite, sont inhabités, ou seulement utilisés pour la pêche et la culture perlière.

Les très nombreux atolls des Tuamotus rendent la navigation dangereuse dans la région, et sont célèbres pour leurs échouages. Leur lagon est alimenté en eau océanique par quelques passes (des ruptures de la barrière corallienne), et les profonds cratères offrent des eaux très froides et limpides contrastant avec les eaux chaudes des faibles fonds des plateaux lagunaires, qui abritent une faune et une flore marines riches. Par contre, sur les parties émergées, le manque ou parfois l’absence totale d’eau douce ne permet qu'une flore terrestre très pauvre, et ces atolls souvent très désolés ne sont peuplés que de crustacés et servent de refuges aux oiseaux.

À Tahiti, la plus grande île, les vestiges des deux volcans continuent à culminer à des hauteurs respectables (2 241 m pour l’Orohena le plus haut mont de Polynésie française) autour de larges vallées et plaines alluvionnaires fertiles et sur les flancs desquelles se sont formés par endroits des massifs coralliens. Les côtes, protégées par les massifs coralliens sont faiblement érodées par la mer en raison d’un très faible marnage, et offrent de longues plages basaltiques. Tahiti et les autres îles du Vent voisines sont situées, de façon unique au monde, sur un point océanique où l’effet de marée causé par la Lune est quasiment nul sauf en début d'été austral (pleine lune de la Toussaint).

Il permet la culture des perles en eaux peu profondes sur les atolls polynésiens. Il permet aussi l’installation de bungalows hôteliers dans les lagons aux eaux limpides. Le très court plateau confère à la houle océanique une puissance qui engendre de remarquables rouleaux près des plages, ce qui en fait un paradis pour les surfeurs.

En revanche, aux îles Marquises, dont la formation géologique est ancienne (50 millions d'années), les structures volcaniques sont fortement érodées et offrent un paysage montagneux abrupt, constellé de vallées étroites aboutissant à des plages courtes aux eaux profondes. Les Marquises ne possèdent presque pas de barrière de corail.

Climat

Du fait de la situation dispersée des différents archipels, entre le 8e et le 27e degré de latitude sud, la Polynésie française ne peut être résumée à une seule zone climatique. Ainsi, le nord de l'archipel des Marquises connaîtra plutôt un type de temps tropical aride alors que le sud de l'archipel des Australes est plutôt soumis à un type de temps des moyennes latitudes. Deux grandes saisons se distinguent :

– de novembre à avril, une saison dite «chaude» ou été austral (humidité élevée) ;
– de mai à octobre une saison dite «fraîche» ou hiver austral (humidité moindre).

De façon très schématique, il est possible de distinguer trois types de temps :

– les alizés, vents d’Est, tant en saison chaude qu'en saison fraîche ;
– les épisodes en saison chaude (décembre à mars) de perturbations pouvant évoluer en dépression tropicale, parfois très vigoureuse, atteignant à l’extrême le caractère cyclone. Ce type de temps est caractéristique de la saison chaude. Ces dépressions apparaissent sur les eaux chaudes de l’océan et circulent généralement sur un arc ouest/Sud est.
– les perturbations d’ouest sur les Australes, sud Tuamotu et Gambier. Ces archipels sont d’ailleurs régulièrement concernés par des vents forts, liés aux dépressions subtropicales associés à ces fronts froids. Enfin, il convient de souligner qu’à l’arrière de ces perturbations d’ouest, sous la poussée d’un anticyclone (en général celui de Kermadec), peut naître un type de temps particulier le « mara’amu ».

Risques naturels : Cyclones et tsunamis

Tous les archipels sont soumis au risque cyclonique, à l'exception des Marquises. Le dernier cyclone OLI a frappé l'île de Tubuai en 2010. L'onde d'un séisme peut générer un risque de tsunami. Le séisme du 22 mai 1960 au large des côtes chiliennes a entrainé des vagues aux Marquises de 7 à 10 mètres, elles ont été plus limitées dans les autres archipels. Ainsi le centre ville de Papeete aurait été inondé par une vague d'environ un mètre. Un dispositif d'alerte ad hoc est en place sur chaque île.

Patrimoine naturel

La Fleur de Tiaré est l'emblème national de la Polynésie française.

Du fait de l'isolement de la Polynésie, la flore terrestre et la faune est relativement limitée, mais souvent spécifique. Les îles hautes de la Société accueillent la plus grande diversité en faune et flore marine du fait de la conjugaison du lagon, du milieu récifal, et milieux saumâtres.

Une fleur nommé «Fleur de Tiaré» est l'emblème national de la Polynésie française. Observée pour la première fois par Johann Georg Adam Forster le naturaliste de la seconde circumnavigation de James Cook il décrivit à tort cette fleur comme un gardenia florida. Un premier échantillon fut recueilli et ramené en Europe par Dumont d'Urville en 1824. La macération de fleurs fraîches de Tiaré Tahiti dans de l’huile raffinée de Coprah donne le monoï, une huile de soin pour les cheveux et la peau.

Subdivisions ou circonscriptions

Communes et subdivisions administratives de la Polynésie française
Population et société

Démographie

La Polynésie Française comptait 259 706 habitants au 20 août 2007 ce qui représente moins de 0,5 % de la population française, mais 10 % de la France d'outre-mer et un tiers de la population des collectivités d'outre-mer. 36 % des polynésiens ont moins de 20 ans, 52 % moins de 30 ans. L'espérance de vie est réduite d'environ 5 ans par rapport à la métropole (73,2 ans pour les hommes, 78,3 pour les femmes). L'institut de la statistique estime à 270 000 habitants la population au 1er janvier 2011, et à 320 000 à l'horizon 2027.

Trois communautés ethniques principales peuvent être distinguées :

  • les Polynésiens : 78 % ;
  • les Européens : 12 % ;
  • les Asiatiques (pour la plupart Chinois): 10 %.

Langues

Le français est la seule langue officielle.

La loi statutaire consacre son article 57 à la problématique de la langue. “Le français est la langue officielle de la Polynésie française. Son usage s'impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l'exercice d'une mission de service public ainsi qu'aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics. La langue tahitienne est un élément fondamental de l'identité culturelle : ciment de cohésion sociale, moyen de communication quotidien, elle est reconnue et doit être préservée, de même que les autres langues polynésiennes, aux côtés de la langue de la République, afin de garantir la diversité culturelle qui fait la richesse de la Polynésie française.

Le français, le tahitien, le marquisien, le paumotu et le mangarevien sont les langues de la Polynésie française. Les personnes physiques et morales de droit privé en usent librement dans leurs actes et conventions ; ceux-ci n'encourent aucune nullité au motif qu'ils ne sont pas rédigés dans la langue officielle.

La langue tahitienne est une matière enseignée dans le cadre de l'horaire normal des écoles maternelles et primaires, dans les établissements du second degré et dans les établissements d'enseignement supérieur. Sur décision de l'assemblée de la Polynésie française, la langue tahitienne peut être remplacée dans certaines écoles ou établissements par l'une des autres langues polynésiennes. L'étude et la pédagogie de la langue et de la culture tahitiennes sont enseignées dans les établissements de formation du personnel enseignant.”

L'Institut statistique de Polynésie française (ISPF) dénombrait en 2007 94,7 % de personnes de plus de 15 ans sachant parler, lire et écrire le français, alors que 74,6 % de ces mêmes personnes savaient parler, lire et écrire une des langues polynésiennes. Parmi cette population âgée de plus de 15 ans, la langue la plus parlée à la maison était le français pour 68,5 %, une des langues polynésiennes pour 29,9 % (essentiellement le tahitien), et le chinois pour 1,0 % (surtout le hakka).