17 janvier 2013

14h15

A340-300 ATN

L'A340 d'Air Tahiti Nui prend son envol, avec une demi-heure de retard environ (c'est pas de notre faute!). L'aménagement cabine en 2/4/2 (sièges) n'est pas trop désagréable. L'hôtesse au sol nous a placé là où il restait de la place, ensemble, quatre sièges centraux, côte à côte au milieu de l'appareil. On oublie les hublots que je réclamais depuis le début. Le repas va nous être servis, l'apéritif nous est proposé avant, je prends un whisky, on se l'était promis lors de notre presque déprime aéroportuaire avec Nana quand on a cru ne pas prendre ce vol...

 

Le vol aura été agréable, la cuisine bonne et l’accueil Polynésien au rendez-vous, avec un personnel aimable à l’accent si caractéristique et une fleur de Tiare offerte à l’embarquement dans l’avion.

Le Tiare (de son nom savant, Gardénia Tahitensis), une petite fleur blanche, endémique de la Polynésie, au parfum enivrant, belle et simple. Elle est le symbole de Tahiti et de la compagnie nationale d’aviation.

21h30. Atterrissage impeccable, sortie de l’appareil par les passerelles extérieures. La chaleur et la moiteur nous enveloppent aussitôt, les parfums bien connus pour nous de cet endroit nous assaillent de toutes parts. Dans le petit hall où l’orchestre local de guitares et ukulélés nous souhaitent la bienvenue (Maeva et/ou Manava) accompagnés par une vahiné exécutant un ‘aparima’ (danse lente) d’accueil de toute beauté. C’est la cohue, deux gros porteurs sont arrivés en même temps et le personnel des douanes fait de son mieux mais avec deux guichets…

Nous avons traversé la ‘’ligne de changement de date’’ et sommes revenus en arrière. Il est 21h40 environ et nous sommes le 16 janvier 2013. La ligne de changement de date ‘’coupe’’ notre planète à la verticale, d’un pôle à l’autre, dans le prolongement de l’océan Pacifique, en contournant certains pays afin d’en rapprocher certains pour faciliter les échanges économiques. Notre 16 janvier 2013 aura duré presque vingt-sept heures ! Depuis le 17 août 2012 (;)) nous étions en avance sur la France, suivant les pays, de plus ou moins d’heure de décalage. Maintenant, nous sommes en retard sur la métropole. En hiver, lorsqu’il est 20h30 le samedi soir pour nous, il est 7h30 de dimanche matin pour vous. Avec l’heure d’été on aura douze heures de décalage au lieu des onze actuellement.

On retire un peu de cash au distributeur, des francs pacifique. Cette monnaie, calée invariablement sur l’Euro à un taux de change fixe (119XPF/1€). En vieil habitué des lieux, je demande au taxi conduit par deux femmes de nous conduire à notre hôtel sur le boulevard Pomare, en front de mer sur le port de Papeete. Nous y avons nos repères et j’ai réservé une chambre par un simple courriel il y a deux jours. On discute un peu avec ces dames en chemin pour faire croire qu’on connait le prix de la course ( en fait je me suis renseigné avant de monter avec elles, un reflexe Indonésien sans doutes !?) Une fois sur place, la conductrice du taxi nous souhaitera de bonne vacances alors que l’autre la reprendra en lui disant « Mais, tu vois bien que c’est des locaux. ». Ça marche !

 

Une chambre famille, la clim (ça faisait longtemps qu’on n’en avait pas eu besoin), une vue sur le port avec Moorea dans le fond. Bon, pour la vue, il fait nuit, ce sera pour demain matin.

17 janvier 2013 (deuxième du nom)

8h15

 

DSCN7328

Pour notre deuxième matin du 17 janvier 2013, nous filons à l’un de nos restau’ préféré pour le petit dèj’. Viennoiserie pour tout le monde. Je me lâche, poussé par ma belle tentatrice de femme et de bon matin commande mon premier poisson cru au lait de coco depuis des siècles… un vrai bonheur. La suite, j’me rappelle plus moi, j’pleurais ! Nous faisons le tour de la ville, le marché qui n’a pas changé depuis 2007, les bureaux d’Air Tahiti que je retrouve comme si j’y avais été hier pour y faire notre "carte famille"… On gagne le quai des ferrys sur le port. Un bâtiment flambant neuf nous accueille où nous achetons nos billets de ferry (tarif résidents) pour rejoindre Moorea cet après-midi. Le temps est plutôt pluvieux mais il fait chaud, les 17 janvier se suivent et ne se ressemblent pas !

Bon, pour info/rappel. Nous sommes en Polynésie Française. 118 îles réparties sur une surface grande comme l’Europe. Le point le plus marquant est que la totalité des terres émergées réunies, mesure à peine la moitié de la surface de la Corse et tout ça au milieu du pacifique Sud ! Cinq archipels, des îles hautes, basses, volcaniques, anneaux coralliens… tout ça sera développé en son temps !

Moorea donc, île ‘‘sœur ’’de Tahiti, séparée de seulement quelques kilomètres où il fait bon vivre à un rythme plus lent encore que sur l’île capitale qui regroupe à elle seule plus de la moitié de la population de tout le territoire. C'est ici que nous avons choisi d’habiter. C’est une île qui nous plait beaucoup et qui reste près de Tahiti et de ses commodités.

Nous avons loué pour quinze jours, une petite maison sur la côte Sud-Ouest afin d’avoir le temps de se retourner, trouver autre chose pour le reste de notre séjour ou peut être y rester.

On prend le ferry, il mettra une heure pour traverser le bras de mer (le catamaran met une demi-heure), et nous voilà de l’autre côté. Une voiture de loc’ et on part à l’adresse indiquée. PK 20.1 côté lagon Vaianae. Toutes les iles ont une route de ceinture, les adresses correspondent au Point Kilométrique (à Moorea le PK 0 est à l’aéroport) coté montagne ou lagon. Après, il faut chercher. Attention toutefois, il y a deux PK 20.1 suivant qu’on parte dans un sens ou dans l’autre (!).

Pas facile pour les nouveaux mais nous, c'est quand même la troisième fois qu'on vient à Moorea, on sait.

On se perd.

En fait on avait du mal à trouver la servitude (entendez "le chemin") dans laquelle se trouve la maison, une fois trouvée, on a attendu pour qu'on vienne nous ouvrir la porte.

 

P1270705

 

DSCN7245

 

 

 

Une jolie maison avec mezzanine, salon, cuisine bien meublée et très bien équipée sur un petit bout de terrain. Wifi et garage sous abris. La maison des propriétaires est voisine et ils seront aux petits soins pour nous.

 

Ça fait du bien de se poser un peu, l’accès au lagon est un peu étroit mais il existe et nous avons un canoë (une place) à disposition.

 

Le lagon est tout sali par les pluies et l'eau boueuse des rivières, terne, on ne le reconnait pas.

DSCN7303

Quelques provisions, une maison répondant aux normes anti-cycloniques tout va bien. Notre deuxième 17 Janvier 2013 se termine, au cumulé, il aura duré... quarante huit heures !

Tout a roulé comme prévu en cette première journée, sauf… le temps, en Asie, nous étions en permanence en période de mousson et, mis à part Bangkok et Yogyakarta nous l’avions presque oublié. Ici, pas de mousson, l’année est plutôt divisée en deux périodes. Une sèche et une humide. La saison des pluies s’étire de novembre à fin mars en général, la saison sèche le reste du temps avec un bleu sans nuages (ou presque) de mi-juin à mi-septembre avec les mois de juillet et août qui ressemblent aux écrits de Ségalen ou aux peintures de Gauguin. Tout au long de l’année le moindre rayon de soleil  nous révèle instantanément des images de cartes postales.

P1270739

 

 

Cette année est une année exceptionnelle, depuis décembre, il est tombé un mètre d’eau. Il n’a pas plu autant depuis vingt-cinq ans et il fallait que ça arrive justement cette année !

Les locaux n'ont jamais vu ça...

 

 

 

P1270734

 

 

En fait, c’est une année « El niño », cela se produit tous les quatre à sept ans. Le phénomène « El niño » est un courant marin d’eau très chaude qui traverse l’océan Pacifique d’Ouest en Est et arrive sur les côtes Péruviennes vers Noël, en même temps que l’enfant Jésus. D’où son nom ! Il dérègle au passage la météo des zones traversées, causant parfois la désolation par les cyclones ainsi  déclenchés. En 2008 (autre année El Niño), deux cyclones ont atteint certaines îles de Polynésie et y ont fait des ravages. Habituellement, les cyclones épargnent la Polynésie en glissant systématiquement vers le Sud et contournant ainsi les archipels du Fenua (territoire).

 

 

 

DSCN7315

La météo locale est pessimiste, nous la regardons sur internet et dans le journal « La Dépêche de Polynésie ». En effet, une dépression tropicale (tempête) vient de se renforcer et de se transformer en cyclone et Garry (c'est son nom) se dirige vers nous. Après la veille, le Haut Commisaire vient donc de décider de nous passer en mise en garde cyclonique (phénomène en formation et/ou en chemin vers notre point géographique avec un risque à moins de soixante-douze heures). Notre maison est équipée d’un coin « survie » : La salle de bain en parpaings ! On fait quelques courses et n’en parlons pas plus que ça aux filles pour ne pas les affoler. De toute façon, si on passe en "préalerte cyclonique" (phénomène à moins de 48h), on se rapprochera de la mairie pour qu'elle nous propose une structure "en dur".

Les oreilles et les yeux  grands ouverts, on attend…