Adaptation Polynésienne

P1270650Le cyclone Garry continue sa route un peu plus au Sud, la pré-alerte est levée, il va passer finalement à plus de cinq cents kilomètres de nous, seules les Australes auront quelques dégâts matériels légers. Ici, beaucoup de vent et de précipitations mais on a l’habitude… En quelques jours, c’est la deuxième alerte, le week-end dernier, le premier, juste après notre arrivée, c’est une tempête tropicale qui est passée sur nous avec des vents à plus de cent kilomètres/heure !

Nous commençons à prendre nos repères, se poser enfin dans une maison nous fait du bien. On déballe un peu les sacs, on a même tendance à s’étaler et à en mettre de partout. Les réveils un peu plus tardifs et les soirées vidéo, sans avoir été votées, font l’unanimité. De ce côté de l’île nous sommes plus isolés que prévu. Faire les courses se révèle être une vraie galère. A cause du temps et surtout du manque de moyens de transport. Le gros des courses se fait au Champion vers le quai des ferrys, pour le reste, le dépannage, au magasin à côté de la maison (2 kms). Du coup nous faisons presque quatre kilomètres de marche tous les jours, ne serait-ce que pour aller acheter l'eau en bidons de cinq litres que nous buvons en vingt quatre heures en moyenne.


Nous avons loué une voiture pour deux jours à notre arrivée, pour rejoindre la maison avec notre barda et remplir le coffre dès le lendemain de courses hors de prix. Puis nous l’avons rendu. Depuis on utilise le bus qui a remplacé le « truck ». Ce moyen de transport en commun local, tout en bois, monté sur un châssis de camion (d’où son nom) disparait peu à peu. Il faut savoir qu’aller au super marché en bus sous-entend que nous devons attendre environ trois heures pour avoir le bus du retour. En effet, les bus sont calés sur l’arrivée des bateaux au quai principal. Ils s'y rendent et en repartent dès que les passagers ont débarqués. Nous n’avons donc pas le temps de faire les courses entre le bus ''aller'' et le bus ''retour''… Sinon, nous faisons du stop, ou de la marche pour aller au magasin.

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Quand il fait beau, faire du stop dans de tels paysages est plutôt agréable, mais il ne fait pas souvent beau. Pour info, le stop marche plus avec les enfants que quand elles n'y sont pas.

Les courses. Champion donc pour le plus gros, les fonds de placards, le magasin à côté pour les dépannages et… Les cueilleurs et/ou cultivateurs pour quelques fruits et légumes frais quand nous ne les ramassons pas nous même dans la nature (si ça n’est pas clôturé et/ou cultivé, on peut se servir). Le poisson, bien sûr, acheté en bord de routes ou de plages aux pécheurs.

Chaque île a une spécificité, Moorea, est l’île de l’ananas. Une production énorme tout au long de l’année avec même une fabrique locale de jus de fruits qu’on vous emmènera visiter bientôt. Le seul défaut d’acheter comme ça, c’est que les quantités proposés sont importantes, les ananas se vendent par six. Les avocats, de la taille d’un melon Charentais aussi et les mangues par six, huit, dix ou douze… Mais que c’est bon !

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En plus des manguiers le long de la route, dans le jardin, nous avons des papayes,  des corossols (c’est très acidulé) et des fruits de la passion que les propriétaires nous ont permis de ramasser. Du coup, on ne se promène plus sans un petit sac à dos. Les fruits un peu « vert » finissent de murir sur le rebord de la fenêtre et la corbeille est toujours de toute beauté. Anecdote qui nous rappelle la fragilité des îles ; Suite à un gros problème de salmonelles sur le Fenua, l'ensemble des élevages de poules ont été abattus sur Tahiti et Moorea, du coup, c'est la pénurie et les oeufs arrivent de... Nouvelle-Zélande ! Nous, nous avons trouvé notre filière, les proprios de la maison qui bossent sur Papeete sont chargés de nous en ramener s'ils en voient là-bas... Il arrive qu'il y en ai au magasin et consigne est donnée de nous en garder une boite. Comme on y va presque tous les jours malgrès la pluie...

 


 

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La pluie, omniprésente, continue, abondante comme jamais. La pluie, l’humidité et la chaleur. L’humidité qui empêche le linge de sécher et nous laisse une impression de moiteur permanente. La chaleur, étouffante, justement à cause de cette moiteur. Les sols qui n’arrivent même plus à absorber toute cette eau et le jardin qui devient pataugeoire. Les routes qui se dégradent et les réparations avec de la soupe de corail (corail concassé) qui ne servent à rien, les nids de poules de plus en plus grands et profonds... La pluie, qui remplace le soleil et crispe les sourires. La pluie qui nous empêche d’aller à la plage, sur le lagon ou en forêt.  Mais il y a pire ! La pluie, qui par endroit, devient eau stagnante et du coup berceau de millions de larves. La pluie et avec elle, les moustiques… Après chaque grosse averse, comptez environ trois à quatre jours avant de voir arriver des hordes de vampires volants. Comme il pleut tous les jours…

C’est un vrai fléau.

Notre maison, traditionnelle, avec ses fenêtres opaques qui s’ouvrent en vasistas, calées par des liteaux de bois. Avec surtout son système de ventilation naturelle. Les pignons du toit et notre plancher ajourés font la part belle aux affamés insectes et seuls les « tortillons » fumigènes et autres, aérosols pour la peau nous protègent un peu. Nous mettons les bouchées doubles pour les cours des filles, enfin un aspect positif du mauvais temps !

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Nous essayons de profiter de la moindre éclaircie et nous aurons même un beau couché de soleil après une journée pourrie !

Nous scrutons les petites annonces, il nous faut trouver une maison pour les six mois à venir. On prolonge notre première loc’ de quinze jours au grand plaisir des propriétaires. Nous cherchons une maison avec accès au lagon et bien sûr pas trop chère ! Pas facile.

On va en lire des annonces et en faire des visites. Le tour de l’île en stop sera même effectué un jour de grande pluie et les voitures ne s’arrêtant presque pas, ce sera une journée de marche pour faire presque tout le tour de l’île (environ vingt kilomètres à pied) sous un magnifique parapluie ! Sans résultat. On désespère un peu, il va falloir se résoudre à s’éloigner du lagon. Nous décidons finalement d’acheter une voiture pour faciliter nos futurs déplacements, on la revendra avant de partir. Nous remettons nos cv à jour, l’Australie et la Nouvelle Zélande se font sentir dans notre budget et il nous faut travailler un peu. Enfin l’argent nous suffirait !

Bref, petit à petit, nous nous adaptons à cette nouvelle vie...