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Nous laissons la voiture sur un petit parking, pas trop sous les cocotiers (pour éviter les chutes de cocos) et nous embarquons dans une pirogue à balancier équipée d’un moteur, l’ambiance est plus sereine que dans celle de Taman Negara en Malaisie !

 

Direction une ferme perlière, située dans le lagon, sur une patate de
corail à fleur d’eau comme il se doit.

 

Vous avez sans doute entendu parler des perles noires, la vraie appellation est en fait « Perle de Tahiti ». Le plus amusant est que les perles sont rarement noires et jamais de Tahiti ! Mais une AOC existe et elle porte ce nom !

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On arrive à la « ferme », l’endroit est magnifique et paisible, au milieu du lagon, là où les courants sont favorable pour la croissance des nacres. Nous sommes accueillis avec une fleur de Tiare en cadeau de bienvenue, puis sans attendre, les explications commencent.

A l’origine, les perles sont fabriquées accidentellement par les nacres (et oui, ce sont des nacres qui fabriquent les perles, pas des huitres !) son nom latin : Pinctada Margaritifera. Celle-ci connait une séparation des sexes (il y a des mâles et des femelles, quoi !). En octobre/novembre, lors du réchauffement des eaux, les produits génitaux du couple sont rejetés dans la mer, puis les œufs donnent naissances à des larves munies de cils ; les naissains. Les perles sont produites en réaction contre l’intrusion de sable ou de parasite dans l’organe reproducteur lors de ce rejet, Pinctada sécrète une couche de nacre autour pour l’isoler.

De façon naturelle, il y a une perle toute les quinze milles nacres…

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Pour pouvoir les « cultiver », il faut recueillir les naissains, normalement originaires des Tuamotu ou des Gambier (il n’y en a pas naturellement dans l’archipel de la Société), les faire grandir, puis au bout de deux à ans, les greffer.

Pour réaliser la greffe, il faut un « noyau » (le nucléus), il sera taillé dans de la coquille de moules du Mississipi, et introduit avec un morceau du manteau d’une autre nacre, (le manteau, c’est la partie qui bouge quand on met du citron dans une huitre !) dans l’organe reproducteur de la nacre greffée, le tout en moins d’une minute.


La nacre « sacrifiée » est choisie en fonction des belles couleurs qu’elle aura donnés à l’intérieur de sa propre coquille !

Les nacres sont immergées dans des petits sacs, suspendus entre deux eaux à trois ou quatre mètres de profondeur pendant deux à trois ans et visitées régulièrement pour s’enquérir de leur bonne santé.

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Comme prévu, la greffe gène le mollusque qui fabrique de la nacre autour de l’intrus. Une nacre peut être greffée trois fois au maximum, on en profitera pour introduire un nucléus plus gros à chaque fois, donnant ainsi une perle plus grosse !

La couleur des perles de culture de Tahiti est due au hasard, même si on tente de l’aider en choisissant les morceaux à introduire, cela va du noir (très rare) au vert Paon (très recherché) en passant par champagne, gris canon, aubergine et bien d’autres…

Les perles ne sont pas toujours des sphères parfaites, il y a des demi-rondes, en goutte d’eau, baroque ou avec un axe de rotation marqué… celles fabriquées après un rejet du nucléus (environ 40%) sont appelés Keshis.

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Choisir une perle n'est pas facile, la taille, la couleur, la forme... En général, on se décide sur un coup de foudre, on a coutume de dire que c'est elle qui vous choisit. On dit ne va rien acheter aujourd’hui mais la balade est plaisante. Un parc à poisson a été ajouté le long du ponton où des poissons de belles tailles ravissent les visiteurs.

On repart avec le même transport, du brillant et des reflets colorés plein les yeux.