Aller plus haut, ou ...

   ... Guiness, le livre pas la bière !

5h00. Iz (le chanteur Hawaïen dans mon téléphone) me réveille plus tôt que d’habitude, rien d’anormal, c’est prévu, c’est moi qui lui ai demandé.

Tout est noir à l’extérieur, je m’habille et prend mes affaires préparées la veille : appareil photo, une bouteille d’eau, mes jumelles et un T-shirt de rechange, le tout dans un petit sac à dos léger.

Je sors, j’emprunte le vélo de location que Daniel m’a gentiment prêté et je pars en direction du village, frontale bien ancrée sur le front. Je vais rapidement la prendre à la main, évitant ainsi les insectes curieux dans le visage…

J’arrive en bas des marches, je pose là le vélo, sans cadenas, Dawn m’a dit qu’un vélo de location ne serait pas volé. Je regarde ma montre, 5h37, je suis en retard. J’ai décidé de monter jusqu’au sommet de la montagne surplombant Maupiti, au niveau du drapeau, pour aller faire des photos du lever de soleil ! Je n’y arriverai certainement pas, il a lieu à 6h00 environ et les plus rapides ont réalisé l’ascension en quarante-cinq minutes…

Je m’élance, je passe les marches, le petit bâtiment des télécoms, le manguier, si généreux il y a quelques jours et je ramasse deux fruits mûrs au passage aujourd’hui encore. Le faisceau de ma frontale me permet de repérer au premier coup d’œil les racines humides et cailloux instables. Dans la pénombre des sous-bois, elle n’est pas là pour rien, il y fait encore plus sombre qu’ailleurs !

La pente est raide mais le rythme est bon, le cardio fonctionne bien, le souffle aussi. Eh ! finalement encore robuste le gars ! Les cuisses chauffent un peu, juste assez pour être bien. Le chemin n’est pas très bien indiqué et dans la pénombre je me perds quelques minutes.

Je reprends le bon sentier tandis que l’aurore me dit d’éteindre ma lampe qui ne sert plus à grand-chose.

La première corde est là, avec, tout de suite après, le belvédère, je ne m’arrête pas, même pas soif ! Le spectacle commence et je ne suis pas au sommet… la seconde corde, puis rapidement la troisième et là… je suis en haut.

6h10. J’ai mis 33 minutes pour monter en me perdant une fois et sans chercher à faire la course. J’ai explosé, que dis-je ? Satellisé, le record de 45 minutes !!! Ben ouais, mine de rien (ne pas confondre avec « gisement épuisé ») (« mine de rien ») (si je le fait pas là le jeu de mot, je le fais jamais !), J’AI le record mondial de l’ascension du mont Nuupure, + 380m !!!

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Du calme, face à moi, tout au bout de l’horizon, la courbure de la terre qui se laisse deviner et Mahana (le soleil) qui tente désespérément de masquer, en m’éblouissant de ses rayons d’argent, les îles voisines.

Là, blotti dans des écharpes de brumes, la silhouette de Bora Bora se découpe, sombre, ciselée d’or. En léger retrait, Tahaa et Raiatea, timides, l’imitent avec un peu plus de réserve mais autant de beauté.

 

La lumière rasante sur Maupiti, allonge les ombres des cocotiers et révèle des couleurs plus profondes qu’en journée. L’île, la vie s’éveille petit à petit.

6h30, je regarde en direction de la pension, sur l’autre versant, abrupte, Laetitia m’a demandé de la réveiller à cette heure, c’est le dernier jour et Haumanava doit lui donner je ne sais quoi avant de partir pour le collège…

6h34, elle sort de notre chambre, se dirige vers la maison principale, y attend un peu puis fait un petit tour au bout du ponton. Je lui fais des signes, brandissant mon T-shirt comme un drapeau hurlant comme un âne. Elle ne me verra ni ne m’entendra pas. Je la prends en photo mais ça n’est pas très bon à cette distance. Haumanava la rejoint finalement.

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Un ibiscus jaloux, attire mon attention de son rouge éclatant dans tout ce bleu, ce vert et cette lumière. Et c’est beau !

Je reste là, à contempler avec délice, tant de beauté, dans un calme absolu, dégustant mes deux petites mangues sucrées et juteuses à souhait.

 

 

 


J’ai bu la moitié de la bouteille, je suis reposé et décide de redescendre afin d’être à l’heure au petit déjeuner après avoir levé les deux Koalas encore endormies (rapport au nombre d’heures de sommeil de cet animal, à voir ou revoir dans l’article qui lui est consacré en Australie) et pris une douche bien méritée.

Je redescends, en bon Alpin, je cours. Au niveau des cordes, je les saisi légèrement et passe les obstacles en courant dans le sens de la pente en les laissant filer entre mes doigts.

Dans ma course, je vais me perdre quelques minutes encore (oui, ça fait deux fois ce matin !) puis continuer mon chemin en direction du bas. Vers le premier tiers de la pente en venant du village, je croise un guide, en sueur et pieds nus, assis au sol et essoufflé avec ses deux clients qui montent vers le drapeau. Ils sont surpris de me voir et nous échangeons des banalités quelques secondes, puis je continu ma course.

J’ai rejoint les marches et le vélo, qui effectivement est à la place où je l’ai laissé, en 18  minutes (et deux records, deux ! où sont les gens du Guiness book ?). Quelques villageois, surpris me demandent d’où j’arrive à cette heure-ci et lorsque je le leur dit, je ne sais pas bien s’ils sont admiratifs ou s’ils me prennent pour un dingue !!! En tout cas, j’ai fait mon petit effet. Je reprends le vélo et la direction de la pension, en route je croise Haumanava qui est en route pour le collège.

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Petit dèj’ avec récit de mes exploits. La matinée sera rythmée par les cours des filles, un massage offert à Nana et des raies léopard qui ont décidé de s’accoupler presque devant nous dans quarante centimètre d’eau. Aucun de nous quatre n’a envie de partir de cette île et on dirait qu’elle essaye de nous conforter dans cette idée.

 

Puis, après un dernier casse-croute que Pamela et moi sommes allé chercher chez Mimi, à la plage en marchant et retour en stop (pris par Le policier municipal en tournée), on charge nos affaires dans la voiture de Dawn, des au revoir appuyés avec l’ensemble de la famille de cette pension si accueillante,  direction le débarcadère où le Maupiti express est à quai.

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On pose nos sacs, ils seront chargés en cale par l’équipage, puis nous montons sur le pont supérieur. Haumanava s’est dépêché de revenir du collège avant notre départ pour dire au revoir aux filles. Bruno, passera également faire un petit coucou.

 


 

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Le bateau s’éloigne, lentement dépasse le spot des raies, file entre les motus et franchi finalement la passe.

 


 

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Là, dès notre sortie, juste après la passe, nous sommes rejoints par une bande de dauphins joueurs qui font un instant la course avec le bateau. Ils sont rapides et les prendre en photo n’est pas chose facile.

 

Même les dauphins auront tenté de nous retenir, mais il est temps de rejoindre notre maison, à Moorea, après une escale d’une nuit encore à Bora bora. En chemin, nous apercevons une armée de frégates et de mouettes en train de plonger dans un énorme banc de poissons.

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Le contre sens de la houle frappe vigoureusement contre la coque, ça nous secoue durant toute la traversée, le vent, plutôt fort, ne me gènera pas!

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Bora Bora se rapproche tandis que Maupiti disparait dans le couchant.

Etincelant…