Ça faisait trop longtemps qu’il ne se passait rien…

… Un petit tour sur les stats du blog pour se rendre compte que la barre des vingt et un mille visiteurs va être franchie, en moyenne trois mille cinq cents visites par mois dont plus de cent trente accros  !!!

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… Nous nous devions de réagir,  devant cet engouement qui ne faiblit pas, un petit article devrait permettre de dégourdir les phalanges, de désembuer les cerveaux et animer notre blog… 

… cela nous a repris, une rechute, peu préparée cette fois-ci mais attendue depuis quelques mois, délicieuse, égoïste et vitale. Vitale pour échapper à ce quotidien, à ces tracasseries que notre « vie d’après » subit depuis déjà deux ans. Oui, deux ans que nous sommes revenus et que le blog s’est tu, avec un retour incroyablement stressant (refus d’inscrire nos filles au collège de secteur par une directrice quelque peu… obtus ? appartement saccagé par des locataires quelque peu négligeant, bagarre contre les assurances quelque peu menteuses… la vraie vie quoi !).

La disparition d’être cher, les conséquences qui y sont liées, les soucis, les tensions…

Il était temps de se préserver et de fuir un peu, oh pas loin et pas longtemps, pas assez en tout cas !

Quelques jours de décrochage seulement, où téléphones et ordinateurs se sont tu, où les paysages et la langue ont changé…

 

 

Voilà l’histoire...

 

Début août, nous avons rejoint nos filles à Calafell, station balnéaire Catalane de bord de mer, située à environ soixante-dix kilomètres au sud de Barcelone et moitié moins au nord de Tarragone et Port Aventura.

Là-bas, Laetitia et Pamela venaient de passer quinze jours chez oncles et tantes, loin des parents, pour bien entendu parfaire leur espagnol !!!

Elles ont grandi, les silhouettes, les visages, le caractère, tout cela s’affine, s’affirme de jour en jour et ce ne sont pas les satellites qui gravitent autour sur la plage et les déclenchements de torticolis au marché qui vont me démentir. 

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Bref, il était temps de récupérer nos ados.

 

Un petit sas de décompression d’à peine deux jours et nous voilà partis pour une nouvelle itinérance. Point de tuk tuk, jonque, camper van ou autre ferry,  ce sera la voiture familiale qui transportera vos quatre aventuriers préférés dans ce road trip Hispanique !

Comme à notre habitude, le parcours est choisi, les lieux de couchage non. Le but : faire connaitre nos incontournables de l’Andalousie, aux filles, en passant par la ville Aragonaise de Saragosse et celle de Madrid en Castille.

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Avant même notre première étape, le décor s’installe peu  à peu, la végétation commence à se raréfier, y sont marteaux les agriculteurs ici, ils ne plantent que des cailloux !? Quelques nids de cigognes apparaissent en hauteur, toits de maisons ou pilonnes électriques appropriés. Mais point de volatile en vue ! Les pancartes gigantesques de la silhouette bien connue d’un taureau Espagnol apparaissent déjà.

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Le premier stop à Saragosse est paisible, une adresse et nous trouvons un hôtel simple, l’entrée de style baroque rococo, nous séduit. En plus le parking est compris et le tout, au centre (ou presque) de ce qu’il y a à voir ici. L’accès au parking nous offrira notre premier trajet en ascenseur pour voiture, claustrophobes s’abstenir. Quand  je pense qu’il faudra la ressortir…

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Il fait chaud, très chaud, la ville parait désertée. En son centre nous attend le Pilar, basilique majestueuse, construite à l’origine dans le style roman puis, après un incendie ravageur, dans le style Gothico-Mudéjar. C’est finalement son apparence baroque qui prédomine. Cet édifice est important, car c’est ici que la vierge est apparue à l’apôtre Jacques, qui était venu lui-même évangéliser la péninsule Ibérique, juste au moment où celui-ci allait renoncer devant l’ampleur de la tache… comme quoi, en 40 après J.C, le coaching fonctionnait déjà !

On grimpe en haut de l’une des tours, quatre-vingt mètre au-dessus de la ville, la vue est vertigineuse et elle n’est que pour nous, pas de touristes, de plus, le plancher en verre coupe le souffle.

En redescendant, quelques cierges et beaucoup de pensées émues pour nos êtres chers…

Puis quelques glaces savoureuses et fraiches pour nous.

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La nuit est tombée, il nous faudra peu de temps pour trouver un bar à tapas qui nous convienne, boulettes de purée pannée, jambon, olives et fromage de pays feront vibrer nos papilles.

 

Jour 4 :

Nous partons de Saragosse en direction de Madrid, une longue route nous attend. A partir d’ici, nous emprunterons les autovias, comparable aux autopistas, ce sont également des autoroutes mais gratuites. Les petites routes seront pour plus tard lorsque nous flânerons. Pour le repas de midi, nous quittons momentanément la voie rapide et par hasard traversons un petit village qui nous accueillera à l’ombre épaisse d’un murier près d’une rivière. Les platos combinados (assiettes combinées viande/légumes) raviront  les estomacs râleurs…

On reprend la route, il fait toujours aussi chaud et ce n’est pas l’altitude du plateau sur lequel nous nous trouvons qui change quelque chose, 36°C à plus de mille mètres du niveau de la mer ! 

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C’est vers la fin d’après-midi que nous arrivons à notre hostal de Madrid. Tout remis à neuf, tout propre et jouxtant la plaza mayor et la Puerta del sol, c’est le km 0 de l’Espagne. En effet, toutes les distances kilométriques partent d’ici. Le soir venu, comme les Madrilènes, nous déambulons de bars à tapas en bodégas, de jambon pata negra en vin de Rioja et bières ou sodas glacés.

En s’écartant un peu des rues très passantes (et touristiques), le hasard nous fait asseoir à la terrasse d’un bar à l’aspect populaire, tellement que l’on décide de partir après un simple verre et quelques morceaux d’une tortilla exceptionnelle. C’est en allant régler la note que je vais tomber nez à nez avec un plat énorme remplit d’une paella qui parait presque aussi bonne que la meilleure du monde : Celle de Nana.

Je paye ma note, dispute le serveur pour avoir laissé trainer là cette paëlla, on reste et on en veut ! Une tuerie, on a bien fait !

La soirée continuera avec l’effervescence nocturne de la ville qui ne dort jamais, musique et spectacles de rue, dont un de hip hop très sympas !

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Après une nuit réparatrice, on retrouve de vieilles habitudes oubliées, levé tôt, petit sac à dos, chaussures de marche (enfin, ici, Tongues) (c’est des chaussures de marche d’en ville si on veut !). P’tit dej’, musée du Prado tout le matin et visite du palais royal l’après-midi, culture, culture. Autre soirée Madrilène… 

Après Madrid, direction Tolède, ville forteresse, située sur un monticule avec des ruelles étroites, une cathédrale époustoufliflante et l’imposant Alcazar.

Respect pour cette ville fondée en 192 av J.C par les Romains, Toletum (« population fortifiée » en latin !), puis tour à tour prise par les barbares, Vandales,  suèves et autres Wisigoths… puis aux mains des musulmans pendant près de quatre cents ans jusqu’à la « Reconquista » (reconquête)(c’était facile pourtant !), bref cette ville prisée pour ses aciers et ses épées devient, au XIIe siècle, un centre de traduction réputé, et un lieu de rencontres entre les savants des 3 grandes religions (juive, musulmane et chrétienne). Enfin, lors de la guerre civile Espagnole (1936), des nationalistes résistèrent à un siège de soixante-dix jours, retranchés dans l’Alcazar devenu aujourd’hui musée de l’armée. Une histoire riche et mouvementée donc, on ne va pas tout vous raconter.

On n’a pas tout retenu non plus !!!

On a trouvé un hôtel  en plein centre, pas exceptionnel, mais on y est bien.

Ça monte et ça descend sans arrêt mais on écume la ville dans tous les sens.

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Visite en petit train touristique (C’EST NANA QUI NOUS A FORCE !!!), visite de la cathédrale (c’est Laëtitia qui a été forcée !) et dimanche matin, visite (gratuite) de l’Alcazar. Encore une soirée gastronomique de toute beauté ! Orchestre rock & blues, bières servies dans des verres glacés sans parler des plats cuisinés maison et de l’assiette monstrueuse de Laetitia. J’aurais dû prendre ça!

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Erreur de calcul de trajectoire, petit retour en arrière pour aller à Talavera de la Reina, petite ville paisible sur les rives du Tage, un peu au nord de Tolède, d’où est originaire beau papa et c’est donc la famille, que nous visitons…

Nana les connait, pô nous !

La ville est déserte, pourtant y savaient pas qu’on v’nait !!!   ?

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Accueil magique des tantes et cousines, visite guidée de la ville dont la spécialité est la céramique, repas jusqu’à très tard et, le lendemain matin, promenade en canoë sur le fleuve avec cousine Mathilde. Temps merveilleux, accueil sympas du club, eaux calmes, à peine un léger clapotis ! Pour nous faire rire, Nana a vomit quand même.

Finalement elle va se sentir très mal et nous pourrir la journée ! Mais on lui en veut pas, elle a eu une insolation malgré le chapeau et la bouteille d’eau… c’était pas juste pour rigoler alors !!?

Ceci dit, pour ceux qui s’en souviennent, elle avait déjà amusé la galerie au Cambodge (perfusion de trois jours), à Maupiti (surdosage contre le mal de mer (déjà !) et gros yeux) et à Fakarava (coup de tête dans un angle de toit de fare)…

Comme quoi, les habitudes…

On se promet de se revoir, on s’embrasse tout le monde pleur…

Nous quittons la « Castilla y la Mancha », tout au long de la route, comme pour nous accompagner, bien alignés aux sommets des collines, des géants blancs aux couvres chefs de chaume ou de tuiles et aux bras tourbillonnants nous surveillent. Ils ne nous attaqueront pas, nous non plus, bien que notre bolide ait plus d’énergie que le fier Rossinante, fidèle monture de Don Quixote. 

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L’Andalousie nous attend, nous tend les bras, on y arrive bientôt…