Lendemain.

              carte Andalousie

Sur la  route de Séville, Nana nous a dégotté un resto incroyable, dans un petit village perdu (comment elle savait ?), il faut chercher un peu, et là, caché à l’ombre d’un grand mur, après placettes aux immeubles carrelés de mosaïques multicolores et porches rocheux, quelques tables et tonneaux et, certainement, notre meilleur repas de tout le périple ! Des photos plutôt que des mots…

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En périphérie de la capitale Andalouse, notre hôtel avec piscine nous accueil en fin d’après-midi, il fait chaud, nous sommes  seuls dans cette grande  piscine avec jacuzzi et cascades… On en abusera un long moment. Après un peu de repos (!), direction le centre-ville, son architecture, ses boutiques, les berges du Guadalquivir, encore une cathédrale (comme quoi en Espagne y cultivent les pierres depuis longtemps !), on a assisté à un bout de l’office de fin de journée… quelle acoustique !

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Négociation d’un lot d’articles souvenirs dont un taureau en céramique magnifique (moins imposant qu’une certaine tête de Bouddha, mais de belle taille), la remise  n’est pas énorme, mais en tenant compte du pays et de l’absence du patron, on est content (ben quoi ? c’est un réflexe toujours pour le fun).

Autre soirée à déambuler dans Séville la pétillante, tapas dans un bar avec jambons pendus au plafond. Nana voulait voir du flamenco, je vais biaiser un peu (l’heure, sujet éludé…) et on va y échapper !

Ouf ! Pas très emballé d’aller voir un spectacle de gipsy transpirant et braillards (je sais, ça s’appelle un apriori ?)…

… elle a l’air d’y tenir quand même…

Nous reprenons la route au matin, en direction de Ronda, magnifique petite ville construite sur un piton rocheux avec les premières arènes connues en Espagne. Nous ne les visiterons pas, ne cautionnant pas la tauromachie. NAN. Par contre, Madonna (jeune) (c’était avant) y a tourné un clip.

Notre hostal est très bien situé, la table y est bonne, tout va bien. On ira visiter le pont qui enjambe le précipice séparant la vieille ville de la nouvelle. Pasqu’on a rien dit, mais la particularité de Ronda, c’est son emplacement, l’abrupte qui sépare la ville est vertigineux. Le pont est de toute beauté. Anecdote fracassante : Pour contempler son œuvre d’un point de vue différent, à la fin des travaux, l’architecte s’est fait descendre dans un tonneau.      La corde à cassée…DSCN3470

J’ai choisi d’aller faire des photos, lors de mon footing matinal demain, plus sûr et plus sportif. Surtout que ce soir, on dine d’une gargantuesque paëlla, face au coucher de soleil mais surtout de l’arrivée de la nuit qui nous offrira un dégradé allant du noir cosmos au orange en passant par du violet, accompagné du son magnifique d’un guitariste talentueux. J’ai eu un coup de foudre pour une bouteille de vin de quinze litres (mille trois cents euros), j’ai fait mon caprice...

… Nana a dit NON !

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Après le footing, la douche, y el desayuno, du lendemain, on reprend la route en direction de Marbella et  Malaga.

On s’est mis en tête d’aller voir les côtes Marocaines et faire un selfi devant Gibraltar.

La route est belle, sinueuse, mais belle. Les filles sont malades… quelques beaux points de vue, quelques stops  pour reprendre des couleurs.

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Après la vue et le selfi, on recherche une plage, avec cette chaleur, les côtes sont surpeuplées, pas une chambre à moins de mille cinq cents euros à Malaga… bien qu’on ait économisé sur le vin à Ronda, on ne restera pas. en route pour Grenade. Nana nous a trouvé un hôtel à quinze kilomètres du centre-ville, avec piscine, vue la chaleur, c’était dans le cahier des charges.

Le hasard nous fait trouver une plage immense, avec juste un petit parking (six, sept voitures) presque invisible  en contrebas de l’autovia, une paillotte. On mange et on se baigne là. L’eau est froide, la proximité du détroit de Gibraltar et l’Atlantique bien sûr ! 

Le GPS nous fait traverser une région légèrement montagneuse, de petits villages blancs, désespérément accrochées aux flancs de montagnes vertes sous un ciel bleu uni, lisse, sans le moindre nuage, nous donnent des images de cartes postales. A quelques kilomètre de notre but, la suave voix de notre guide (NAN, celle du GPS. J’ai dit suave la voix…) nous fait traverser un petit patelin tout blanc, tortueux et finalement … moche celui-là. On la taquine en lui disant que c’est tout pourri ici. On ressort finalement, des champs d’oliviers sur quatre kilomètres, un petit groupe de maisons, une bâtisse plus grosse, une église blanche immaculée.

« Vous êtes arrivés ».

Sur la façade de la plus grande bâtisse, « hôtel rural »…

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… le ton est donné (ben ouais, y a quand même écrit « rural »), de plus la porte est close, il faut téléphoner sur un numéro de portable en cas d’absence… ça commence bien, heureusement qu’on avait pris un portable rechargeable pour les fifilles…

La responsable arrive, nous ouvre, et là, comme dans la pub… yearh !!! Tout est refait à neuf, cartes magnétiques pour les portes et l’électricité de la chambre. Tout est propre, il y a du marbre s’est décoré avec gout. Le personnel du restaurant, des cuisines, de l’étage, la piscine… tout ça, juste pour nous, on est seul ou presque. Tellement bien qu’on prolongera notre séjour ici…

Grenade est à quelques kilomètres, on y sortira deux fois le soir, une fois pour admirer la chaude lumière rasante du soleil couchant venant lécher, repeindre et mettre en évidence, d’un voile sable orangé, comme s’il en avait besoin, l’époustouflant Alcazar, flanqué de ses tours, rondes ou carrées suivant leur origine chrétienne ou arabe.

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Un autre soir pour y diner en assistant à… un spectacle de flamenco ! Nous y voilà, pas d’échappatoire, Nana a tout prévu, elle a une adresse, un endroit fabuleux parait-il !

Effectivement, une cave…

… on fait la queue quelques minutes, on est les deuxième dans la file. On entre enfin, ceux qui ont choisi le menu sont tout devant, installés sur des tables et tabourets bas, plus on recule dans la pièce plus les pieds de l’ameublement grandissent. Nous, on a choisi une table haute. La pièce voutée, longue d’une huitaine de mètres sur peut être trois de large est entièrement peinte en blanc. Rapidement on commande tapas et boissons (excellents), la lumière s’éteint, le spectacle commence.          

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Là-bas, sur une petite estrade, deux hommes. L’un, plus âgé chante, enfin, la complainte est littéralement pleurée avec une sensibilité inattendue vu son physique rugueux. L’autre, guitariste, virtuose, l’accompagne, de mélancolie en envolées déchainées que Paco de Lucia aurait qualifiées de la douceur des violences… puis, apparaissant simplement au milieu de nous depuis le fond obscur de la cave, une danseuse, la quarantaine, en robe de flamenco Sévillane rejoint le duo. Ses capricieux trépignages des talons, les castagnettes et mouvements de mains, de robe, l’énergie dégagée, arrache des « olé » (on n’applaudit pas durant le spectacle. Jamais !) qui ponctue, presque religieusement, cette belle et complice ambiance.

Lorsque ce  tourbillon s’arrête, la salle se lève et applaudit, une fois encore, ma Franco Andalouse ne s’était pas trompée, je suis, nous sommes, sous le charme et l’émotion. Conquis. Muchas gracias.

Le jour suivant, on reste au calme de l’hôtel, la cuisinière nous a fait une paëlla rien que pour nous. Un peu de piscine. En fin d’après-midi, une aventure nous attend. J’ai réservé une promenade à cheval, finalement, nous n’irons qu’à trois, les restes de l’insolation Talavéraine incommode encore Nana.                    

    DSCN3839                                                                        Après des kilomètres à se perdre sur une petite route tortueuse au milieu des oliveros (plantations d’oliviers) on arrive enfin. Le ranch n’a rien de touristique et l’homme, habillé façon gardian Camarguais nous accueille simplement. Les chevaux sont en liberté et viennent à notre rencontre dès qu’ils nous voient, ils nous sentent, nous frôlent, nous poussent dans un calme et une douceur surréaliste, comme s’ils nous connaissaient et nous souhaitaient la bienvenue…  Mes deux hystériques n’en peuvent plus de câlins, caresses et bisous de tous les côtés.

Eduardo nous explique qu’il obtient tout de ses chevaux uniquement par la douceur, ni une parole ni un mouvement brusque. Les dix équidés font de même avec les humains, mais conservent leur instinct entre eux.

 Il fait choisir les chevaux aux filles, en expliquant le caractère de chacun. Ici, comme à Barrow Creek (Australie), mais cette fois ci en espagnol, les filles et  leur interlocuteur se comprennent parfaitement. Bien entendu mes deux dingues, choisissent plutôt des montures sport, moi une plutôt tranquille…

On a prévu une balade d’une heure et demi, on part, Eduardo fait passer les filles devant lui, pour voir, juger de leur aisance et de leurs niveaux. Tranquillisé, il leur dit que le chemin fait sept ou neuf kilomètres, qu’elles peuvent faire ce qu’elles veulent à condition de rester dessus et que les chevaux sont à elles

…  elles démarrent au grand galop à peine la phrase finit les chevaux épaule contre épaule, me laissant là, presque penaud avec mon guide admiratif les qualifiant de vaillantes et moi de folles. Sur le chemin ou lors de différents stops pour admirer le paysage, elles font des figures de style, piaffé, passage épaule en dedans et appuyé. Après avoir discuté longuement de tout et de rien dans le calme, Eduardo me conseille de faire un galop, le cheval qu’il m’a choisi va me guider, m’apprendre… (Encore un mystique… ?), je me lance et effectivement, c’est un régal. J’ai si souvent assisté aux cours que j’essaie d’appliquer les consignes entendues, ça fonctionne, à tel point que mes deux chevalines en resteront étonnées. Yes ! Pardon. Si !  Depuis le début du voyage, les filles se voyaient faire du cheval au milieu des oliviers, j’ai demandé si cela pouvait se faire sur le chemin retour. Exhaussé. J’ai finalement écourté la promenade, Nana doit trouver le temps long. Eduardo est tellement bien avec nous qu’on finit à la nuit tombante après deux heures dix de balades… et  pour le même prix ! Et sans négo !

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Il faut songer au retour, demain matin on aura la plus longue étape de nos vacances, Grenade - Calafell.

On choisit de rentrer par l’intérieur des terres, en direction de Jaen d'abord puis Madrid, comme à l'aller. Un peu plus long mais sur des autovias parfois quasi désertes en plein  mois d'aout.

Pause retour à Calafell, les vacances se terminent…

… enfin, celles-là.

 

L’Espagne et donc, principalement l’Andalousie, nous a offert douceur de vivre et diversité. Diversité de cultures passées ou actuelles, sens de l’accueil, diversité des paysages et régions traversées, une variété incroyable de mets succulents…

Au travers des châteaux, cathédrales et mosquées. Des cocidos, du jamon, des calamares ou gaspacho. D’un Rioja ou d’un Valdepenas tinto  (se prononce Valdépégnasse). De champs de cailloux en forets de pins ou d’oliviers, nous avons rencontré l’Espagne que nous attendions. Généreuse, envoutante, éternelle… Celle qu’on imaginait, celle dont on avait envie.

¡¡ Olé !!