A l'heure prévue, l'avion décolle sans encombre, nous voilà parti pour dix heures de vols, plus on approche de notre destination, moins la météo n'est clémente. Le cap suivi par le commandant de bord est simple, décollage Paris, direction plein est sur Cuba. Au deux tiers du chemin, en plein océan Atlantique, nous ferons un premier écart de trajectoire pour éviter une grosse masse de nuages, puis un peu plus tard, le virage est à quatre vingt dix degrés au sud puis reprise du cap à la verticale des Bahamas qui semblent moins accueillants que de coutume.

 

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Finalement quelques turbulences mais le pilote nous a évité d’être très fortement «chahuté» et c'est tant mieux. Pour info, nous avons choisi une saison très particulière pour venir à Cuba, puisqu'il s'agir de celle des cyclones, mais pour le moment, tout va bien.

Atterrissage léger sur le tarmac mouillé, il est vingt heure trente passé.

On avait beaucoup d'à priori, notre expérience précédente d'entrée dans un pays «socialiste» s'étant déroulé au Vietnam, on pensait que se serait aussi tendu et stricte. Finalement, le passage de la douane se fait sans encombre, une multitude de jeunes femmes en uniforme contrôlent nos passeports, cartes de tourisme (un visa déguisé), photographient notre œil et radiographient nos bagages...

Notre maîtrise de l'espagnol les interpellent, tout autant que nos jumelles, les filles, comme dab' mais aussi les vraies dans leur housse au passage du rayon X...

Après avoir récupéré nos sacs, on passe les portes automatiques qui s'ouvrent sur une foule avec appareils photos qui attend l'équipe nationale de boxe avec qui nous avons partagé l'avion. Je salut quand même tout le monde en faisant une pause face à eux, main sur l'abdomen et légère courbure du tronc vers l'avant. Mes trois nénettes continuent sans broncher, puisque, à ce moment précis, elle ne me connaissent plus!!!

Il fait très chaud, l'humidité ambiante renforce cette impression de suffocation, cette fois c'est sûr, nous sommes bien dans les caraïbes. On fait du change et on prend un taxi, sans oublié de verrouiller le prix de la course avant de monter dedans. Il nous faudra facilement vingt minutes pour rejoindre notre maison d’hôte. Le premier choc, pour ne pas dire surprise puisqu'on le savait, c'est le parc automobile... des vieilles Lada, des voitures chinoises et surtout des voitures datant d'avant nos naissances, rafistolées, peintes et repeintes, moteur changé ou pas, entretenues avec les moyens du bord quand il y en a et dans tous les cas, dégageant une fumée noire comme une projection d'encre pour disparaître à nos yeux mais pas à nos oreilles... Il fait très sombre à la Havane, les avenues désertes laissent peu à peu la place à de petites rues. Nous dormirons deux nuits dans la vieille ville de la Havane. Vieille ville, le terme est juste...

Peu, voir pas de lumière dans les rues pourtant grouillantes de vie, nous sommes impacté par cette vision inattendue de pauvreté extrême. Les immeubles délavés, délabrés, face à face dans ces ruelles étroites et sobres paraissent tenir debout par magie, d'ailleurs ça et là des tas de gravas confirment de leur triste état. Les trottoirs comme les voies de circulations sont défoncés et chacun ici circule à peu près comme il l'entend, avec ou sans phare. Le chauffeur de taxi lui même ne sait pas où se trouve notre adresse, il faudra demander plusieurs fois notre chemin tellement les ruelles sont imbriquées...

Un choc, c'est un choc, à se demander se qu'on fait là. Qui sont ces gens d'ailleurs ? Une faune nocturne inconnue nous entoure et on appréhende la sortie du véhicule, bonnes ou mauvaises personnes ? Va t-on pouvoir sortir le soir ? Va t-on oser ? Pas vraiment rassurant cette ambiance, les clichés sont là, avec de vieilles guimbardes américaines des années cinquante plus ou moins bien entretenues, sortant d'on ne sait quel film de gangster. Où est on? En quelle année est on ? Ça fiche les jetons quoi!

Ne nous arrêtons pas à ça, on en a vu et on en verra d'autre, en plus demain, il fera jour...

accueil sympathique des propriétaires, on prend possession de nos chambres, je sors acheter deux bouteilles d'eau pour la nuit dans le petit snack juste à côté où six ou sept personnes, bières à la main me salueront en retour de mon buenas noche, une douche, extinction des feux. Il est vingt trois heures environs, pour nous qui avons peu, voir pas dormi, il est cinq heure de demain matin...