Réveil, rapidement tout le monde s'habille et approche les sacs de la porte d'entrée que j'ouvre. On attend notre carrosse. C'est à ce moment précis qu'il tourne à l'angle de la rue et arrive en temps donné devant nous. On tasse les sacs dans le coffre, un nouveau Tetris, comme à notre entrée en Malaisie, heureusement qu'on en a pris que trois gros (le quatrième est plus petit), ça rentre juste !

A delante !

Bayron me demande une avance pour laisser de l'argent à sa femme, à Cuba, on vit au jour le jour, le temps de passer chez lui et nous voici enfin en route. Il faut connaître, aucun panneau n'annonce la direction que nous cherchons, ni aucune autre d'ailleurs ! On arrive enfin à l'autoroute. Une deux fois quatre voix, sans barrières centrales ni latérales qui peut servir de piste d’atterrissage au besoin. En cas de conflit par exemple...

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La structure est démesurée par rapport au trafic routier, on va même s’arrêter dessus pour faire une photo au milieu des voies vides... Un stop au bout d'une heure de trajet, pour petit déjeuner en bord d'autoroute, avec chiens suppliants et poules quémandeuses. Un sandwich à la tortilla, un jus de fruit frais, un café. Le tout excellent et payé en pesos national (52$/2CUC/2€) (pour les cinq).

À oui ! Il y a deux monnaies ici, le pesos national qui sert aux Cubains pour acheter tout les produits de première nécessité, il leur est normalement réservé. Et le Pesos convertible (CUC), celui pour les touristes, sa valeur est vingt quatre fois plus élevée que le premier et son change et équivalent à l'Euro ( 24 pesos = 1 CUC = 1 Euros)!

Oui, je viens de dire que le pesos est réservé aux Cubains et que j'ai payé avec cette monnaie. L'avantage d’être bilingue et Cuba est le pays de la débrouille ! Et avec notre façon de voyager, c'est presque obligatoire. Un exemple, les cabines téléphoniques fonctionnent exclusivement avec le pesos. Pas de peso' pas de téléfono !

J'ai tout simplement demandé dans une petite boutique qu'on me face du change, légèrement en ma défaveur mais c'est de bonne guerre et c'est moi qui suis demandeur après tout !

Le trajet est long et nous avons négocié plusieurs arrêts avant d'arriver à Trinidad, notre destination principale du jour.

Premier arrêt à La Boca, petit patelin perdu au milieu des mangroves, dans la péninsule de Zapata (ce nom lui vient de sa forme. Zapato = chaussure, y a pas que les Italiens!) presque au bout de la baie des cochons. On est là pour le seul animal dangereux de l’île (à part l'homme lui même bien entendu!), le crocodile. On stop là et notre rutilante auto fait autant sensation qu'une belle américaine garée là, auprès de touristes fraîchement débarqués d'un bus...

On entre dans le criadero, entendez, la ferme, là où on s'occupe de la reproduction, un petit parc aménagé avec ratons bizarroïdes et tortues moches...

Eduardo et Philip, nous accueillent, ce dernier à le museau attaché pour ne pas mordre les visiteurs, on fait des photos et Pamela s'extasie devant cet animal quel voudrait avoir comme toutou de compagnie et câline, Lætitia ne l'aime absolument pas, pas plus que ceux d'Adélaïde, le coté pratique de Nana lui fait voir un sac à main... Plus loin, dans une mare, et au bord, un groupe de crocos énormes avec une tête franchement bizarre, parqués derrière un mur et un grillage. On déambule autour de l'étang en s'étonnant de nos rencontres avec des bébés presque cachés dans les feuilles.

 

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Petite balade en bateau dans un bras de mangrove, puis sur un lac jusqu'à un hôtel et visite de la reproduction d'un village d'indiens Taïnos.

On reprend la route, s’arrête dans un paladar (restaurant tenu par des particuliers) où le hasard fera qu'on nous propose de la langouste, du porc (la viande préférée des Cubains) et du crocodile...

c'est super bon, un peu comme du poulet, peut être plus à de la grenouille... Un délice, vraiment. La langouste et le reste aussi d'ailleurs.

Passage le long de la fameuse baie de cochons. Celle par laquelle Fidel et quatre vingt révolutionnaires ont envahis Cuba en venant du Mexique, en ne perdant qu'un seul des leurs.

Celle-là même par laquelle mille deux cents mercenaires à la solde des États Unis ont tenté de débarquer aussi pour renverser le régime Castriste. Avec le succès que l'on connaît et autant de décès. Il faut dire qu'à l'époque, les secrets étaient tellement bien gardé, que L'Express (en France donc) annonçait ce débarquement quatre jours plus tôt ! Un fiasco complet, avec Fidel lui même au commande de son char tirant directement sur un navire de transport et faisant mouche.

On continu le long de la baie qui est immense, avec, de temps en temps, un monument portant le nom d'un camarade, exactement à l'endroit ou il a donné sa vie pour la cause...

Quelques points de vue sympas avec bordure de corail et eau cristalline, ici, on fait beaucoup de plongée.

En avançant à travers cette région, on traverse des collines d'un beau vert, remplies de vaches et autre taureaux impressionnant que

On crois une voiture faisant un signe bizarre de la main, je questionne, cela veut dire de faire attention, il y a un animal sur la route. En fait non, trois ou quatre cavaliers sont en train d'attraper un taureau au lasso sur la route. On stop. Au loin, on voit un troupeau complet de ces grosses bêtes avec une multitude vaqueros (cow-boys en espagnol). C'est une manada, une manade, un déplacement de troupeau de taureaux. Nana s'en donne à cœur joie et je filme pour les filles avec leurs deux portables...

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Le calme revenu, on repart, dans une heure nous serons à Trinidad où deux chambres dans une maison coloniale nous attendent...