Voyager ainsi permet d'être au plus près de la population, de la réalité du pays. En discutant, maintenant que les Cubains ont le droit de parler aux touristes, on apprend que tout n'est pas si rose. Pourtant, au journal télévisé, on apprend que les Mexicains sont tous drogués, que les Espagnols et les Européens meurent de faim, que les USA sont en déroutes et que la Russie va bientôt être en guerre avec tout le monde. Heureusement, Cuba est FORTE et elle avance, il n'y a pas de chômage (pour avoir du chômage il faut du travail non?) et tout y est absolument positif. Qui dirait le contraire ?

Cependant, en parlant dans la rue, ou les paladares, toujours discrètement avec une bonne musique forte, des gens tiennent un discourt à peine différent ! Fidel gère d'une main de fer dans un gant de fer le pays et ses décisions nous ont été qualifiées de caprices. Parfois la conclusion apportée fut que la prison est vaste et que nous, touristes, y sommes en visite. C'est vrai que si l'on tient compte que trois millions de Cubains ont fuit l'île par la mer avec les risques que l'on sait c'est certainement qu'ils n'étaient pas si heureux et libre que ça ! 

Depuis quatre ans, petit à petit, depuis que Raul (prononcez Raoul) est à la tête du gouvernement (comprenez que c'est toujours Fidel qui décide), le pays s'ouvre petit à petit au reste du monde, les devises arrivent de plus en plus grâce à un tourisme en plein essort et c'est aujourd'hui la seule manne financière de Cuba. Aucun autre revenu, ni intérieur, ni extérieur. Pour entrer des devises, le choix de démolir des usines et de revendre l'acier à l'autre grand ami, la Chine, fait qu'il ne se fabrique presque plus de sucre puisque ceux sont ces bâtiments qui furent rasés.

Finalement les investissements prévus n'ont pas été fait et l'argent à fondu comme neige au soleil...

que dire de plus ?

Que le salaire des médecins a été doublé par Raul il y a peu, ils gagnent 40€ par mois et nous en avons vu faire du stop pour rendre visite à leurs clients. Petite astuce santé, pour passer en premier chez le docteur, dans la salle d'attente, avoir un sac de courses bien plein et bien visible, ça aide. Ceux qui n'ont pas de sac passeront bien sûr, après. Peut être même aujourd'hui !

Le salaire moyen est de treize euros par mois et certains ne gagnent pas trois pesos (national) par jour (soit douze cents!), on comprend donc que la débrouille est obligatoire et chacun veut vous rabattre vers une activité ou un commerce. Par exemple, tout le monde veut vous accompagner au spectacle de danse du National Social Club... En effet, le rabatteur se verra remettre une livre d'huile et quatre de riz. Pas besoin d'être taxi pour vous proposer une course, si vous acceptez, le taxi donnera un peu d'argent au rabatteur et tout va ainsi. Les plus anciens vendent des cigarettes ou le journal. Nana en a acheté deux et s'est rendu compte bien plus tard qu'ils n'étaient pas du jour. Ben non, on imagine qu'il y a un autre échange en amont ou de la récup', en plus, lorsque vous lui demandez le prix, il vous dit, «ce que tu veux »... Un journal à 0,65 pesos (national = $), l'autre à 0,35$, soit 1 peso. On lui a donné 1,50 CUC, ses yeux brillaient...