On entre en ville, un nouveau choc, différent, l'aspect… antique (?), c'est une vrai surprise.  L'ambiance de cette petite ville est complètement particulière de ce que l'on a déjà vu. Trinidad est classée au patrimoine mondial par l'Unesco. Il faut reconnaître que cette petite agglomération exclusivement faite de maison à un étage maximum, avec ses rue en pierres est spectaculaire. Le centre historique est entretenu avec soin, le reste est nettement mieux conservé que La Havane (en même temps...).

Visiblement notre futur demeure est dans le centre historique, il faut montrer patte blanche pour pouvoir pénétrer là avec la voiture, un gardien, plutôt mal fagoté nous ouvre un petit portail et sa cravate à l'envers déclenchera des moqueries entre Bayron et moi. La propriétaire vient à notre rencontre et nous conduit chez elle. En fait non (petite particularité Cubaine, lorsqu'il n'y a plus de place dans la maison d’hôte choisie, on vous laisse venir quand même, puis, sans que vous ayez vraiment d'autre choix (à moins d'être bilingue et pénible comme nous!) le propriétaire vous « recommande » une autre adresse. Pas toujours correspondant à vos attentes.

Ici, pour nous pas de souci, on en a parlé par téléphone avant, tout est au point. Comme attendu, l'adresse proposée n'est autre qu'une maison coloniale avec deux chambres. Nous serons donc seuls dans cette très belle maison. Le service est impeccable, Lazara, la maîtresse de maison, nous assaille de propositions d’excursions et services en tous genres. La championne du monde des ventes additionnelles, j'aime bien. Cependant, attention madame, trop d'offres tue l'offre ! Et cette profusion va éveiller nos soupçons sur le fait qu'elle souhaite nous verrouiller tout de suite.

Notre maison doit faire cent dix mètres carrés au moins, avec une déco' « coloniale » soignée, charmant.

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On sort profiter de cette adorable petite bourgade, qui, coupé du reste de Cuba pendant près de cinquante ans, pour cause de routes très compliquées, a gardé le charme suranné des villes d’antan. S'étant recentrée sur elle même, elle n'a pas évolué à la même vitesse que les autres, ne profitant pas des progrès tel l'asphalte ou le ciment. Les rues sont donc restées, non pas pavées, mais revêtues de pierres et il n'existe pas de bâtiment dépassant les deux étages dans le centre, juste quelques uns de quatre étages en périphérie.

Apéro sur la place de la musique, quatre mojitos devant des musiciens talentueux. Dîner dans un resto recommandé par notre hôte, langouste en brochettes ou au grill pour les uns, lasagnes (!), pour les autres... le mur est jonché de signatures, on signera « les Lopez du 38 VS Lopez 43 »   !

 

Lendemain.

Promenade dans les rues pour le matin, nous sommes accostés par différents hommes, proposant une promenade à cheval pour le lendemain. On se laisse séduire par l'offre de Jorge (quatre fois moins chère que celle de Lazara!) et on se donne rendez-vous dès huit heures demain. Après midi, direction la plage avec un taxi Chevrolet 1955. Bien que le temps ne soit pas au beau, cette baignade et les transats sur le sable nous comble de plaisir, retour par le même transport. 

Le petit déjeuner est copieux, une fois encore, à peine terminé, nous rejoignons Jorge, qui nous conduit à nos chevaux et à son collègue, Egdu, avec qui nous ferons le tour, pour le plus grand plaisir des yeux de Nana...

Le ciel est dégagé, grand bleu et enfin du soleil. C'est vrai que c'est rassurant, plus il pleut, plus il fait froid (tout est relatif!), moins il n'y a de chance de déclenchement de cyclone, mais là, enfin du soleil, depuis cinq jours plutôt pluvieux, ça fait plaisir...

Les deux chevalines sont com' dab' sur-excitées, on leur donne les chevaux les plus difficiles vu leur niveau, réglage de la hauteur des étrillés, c'est parti.

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On croise énormément de gens, à cheval ou en charrettes et on se rend compte que c'est le moyen de transport la plus utilisé ici. L'air n'est pas encore trop chaud et la lumière encore presque rasante du soleil sublime couleurs et contrastes. Après un long moment, comme ça sur un chemin de terre, traversant champs de canne à sucre, enclos, élevages et hameaux. L'image romantique de la petite case en bois avec son rocking-chair trônant sur la minuscule terrasse s'offrira à nous dans des senteurs, aussi variées que naturelles, de crottin et de jasmin. La vallée de los ingenios s'offre lentement à nous pour ce moment à part, comme une parenthèse après la tonitruante Havana et notre « épopée Moscovite » (petite précision, le taxi de Bayron, n'est pas une Lada, mais une Mockba (Moscou). Il y tient, je rectifie!) de plus de quatre cents kilomètres.

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On entre dans des sous bois, salué par des arbres centenaires magnifiques, pour arriver le long d'une rivière. C'est l'entrée du parc national de los ingenios. Pieds à terre, la suite de la promenade, pour ce tronçon, se fait à pied. Un petit sentier longeant la rivière nous emmène jusqu'à une magnifique cascade, avec sa piscine naturelle. Nous sommes les premiers, donc seuls. Rapidement en maillots, tout le monde se jette à l'eau, un bonheur. Une cavité, avec stalactites, surplombe une partie de la piscine... et c'est beau !

On restera là finalement une heure en tout, en redescendant, on prend un café avec notre guide dans la cahute de Lionel qui nous fera un excellent café, après avoir écrasé les grains dans un pilon ancestral.

Il nous explique la torréfaction qu'il réalise lui même et nous fait goûter le café au miel, comme cela se faisait avant d'avoir du sucre. On plaisante et sympathise, puis nous voilà repartis pour la suite.

Arrivée dans une ferme où nous goûterons le jus de canne à sucre, broyé devant nous, auquel on ajoute du citron vert et pour certain une bonne dose de rhum... exquis !

On avait reçu quelques gouttes avant ce stop, mais là, la pluie s'intensifie, se densifie même. On attend, José nous joue des airs de guitare connus dans une charmante ambiance conviviale.

Lors de l'éclaircie suivante, on remonte en selle, direction le retour. C'est après dix minutes de cheval que la plus grosse averse depuis que nous sommes à Cuba va tomber. Les quatre aventuriers sont trempés jusqu'aux os, les chevaux aussi. Ça se calmera à notre arrivée au village, on laisse les chevaux qui, pour deux d'entre eux, sont lâchés et rentrent seuls à l'écurie ! Petit repas dans un paladar, un vrai, au milieu de murs sans toit, protégés de la pluie par un parasol et mangeant une excellente nourriture simple et locale.

Après s'être changé et avoir donné notre linge sale à laver et surtout à sécher, nous déambulons dans les boutiques de Trinidad, sans toutefois réellement rencontrer notre bonheur !

C'est le dernier jour ici, demain Bayron vient nous chercher à sept heure du mat', direction Soroa, à l'Est de l’île.