Comme convenu, on part à cinq à sept du mat', direction Soroa.

Environ trente minutes après le départ, je demande à Bayron de stopper au milieu d'un patelin perdu je ne sais où. On va petit déjeuner. Pour être typique, c'est typique. Un sandwich d'un coté de la route, juste à coté d'une charcuterie, prix en peso national (2€ pour six sandwichs et des croquettes à l'huile) puis café en face (offert par notre chauffeur). Cela ressemble à un arrêt bus/camions/taxis/charrettes, comme une gare routière, mais sans gare. Nous sommes les seuls non Cubains. Quelle ambiance ! Génial, on adore ça !

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Le chemin ne sera pas direct bien sûr, on passe d'abord par Santa Clara, la ville libérée grâce au stratège Ernesto Guevara Lynch de La Serna, qui se servira du train pour y parvenir.

En principe médecin du groupe révolutionnaire formé par Castro au Mexique, il deviendra très vite  Commandante, bras droit de Fidel, plus connu comme El Ché.

Petite anecdote, « che », en Argentine est une expression courante voulant dire « mon pote » et Ernesto, Argentin, ponctuait chacune de ses phrases avec. Mais on préfère rappeler que ceux sont également les initiales de Cubano, Hermano, Ejemplo...  (Cubain, Frère, Exemple)...

tellement plus classe.

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C'est dans la-dite bourgade que se trouve le mausolée contenant les restes du Ché, dans l'enceinte même du musée de la révolution de la ville, qui, de ce fait est devenu gratuit, afin que même les plus démunis puissent, à loisir, venir se recueillir...  Incontournable. ?

On a vu, quelques plaques de bronze sur un mur à l'effigie des défunts (Ernesto est enterré ici avec ses frères d'armes), un silence de cathédrale pour cette minuscule pièce joliment décorée de pierre, bois et plantes vertes, comme dans la jungle, lieu de prédilection du/des révolutionnaires.DSCN4994 DSCN5033

Reprise de la route, interminable... La fière et provocante deux fois quatre voies du départ de La Havane est bien loin ! Visiblement, trop de dépenses au début de l'ouvrage et les fonds ont manqué et manquent encore pour la suite et la fin de cette si grandiose autoroute... Nous sommes sur le tronçon le plus dangereux, trois voies, du même côté de l'autoroute, le terre plein centrale, une partie herbeuse bien plane de l'autre côté, large comme trois autres voies... Sur le côté de circulation, le notre, la voie centrale est réservée aux dépassements. Dépassement dans les deux sens bien entendu, c'est donc à celui qui à la plus grosse... Voiture évidement !

L'inconfort de la Mockba est de plus en plus pesant, le manque d'espace d'abord, les filles sont à trois derrière et ça fait juste, elles sont serrées, les cuisses et hanches touchent les portières. À deux devant, vu la taille du chauffeur, nos genoux se touchent. La clim, absente, finit par faire défaut, et le courant d'air permanent est fatiguant. Lorsqu'il pleut, fenêtres fermées, c'est une chaleur étouffante et moite qui envahit l'habitacle. Une horreur. Lors de la négociation, j'ai oublié de prendre en compte le modèle de voiture... On apprend tous les jours...

Stop dans un paladar super en bord d'autoroute où nous allons faire notre première erreur du voyage en dérogeant à l'une de nos règles.

On a bu de l'eau du robinet. Le pot glacé est immédiatement posé sur la table par le serveur dès notre arrivée, comme pour répondre à une urgence, Bayron fait le service. On boit nos verres et j'explique à Bayron que l'on évite l'eau du robinet, pour préserver nos fragiles intestins occidentaux. Il note que sur la bouteille il est inscrit agua natural mais l'eau du robinet l'est tout autant ! Il ne comprend pas ma remarque et l'on ne développera pas plus d'explication par gène.

Erreur graaaave...

Le repas est excellent et les rations (c'est une généralité à Cuba) sont énormes.

La route reprend, l'interminable ruban asphalté ne s’arrête jamais, on entrecoupe le calvaire par de multiples pauses cafés, avec selfi et cappuccinos.

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Dans la banlieue ouest de La Havane, on fait un stop chez notre chauffeur pour boire un rhum, un jus ou un café avant de faire le plein. Il nous explique que c'est la débrouille, lorsque, comme lui on possède un moteur diesel (il a changé celui d'origine contre un XUD... donc un PSA!), on peut acheter du carburant à des chauffeurs de camions. En effet, lorsque vous sympathisez avec un conducteur, le camion appartenant à l'état, il peut vous revendre du carburant à moitié prix. Tout le monde est content. Attention, ce sont des choses qui existe, je n'ai pas dit que Bayron le faisait...

 

La route continue, la nuit tombe.

 

Nous avons réservé une chambre dans une maison en pleine campagne, à Soroa. Même Bayron est étonné de ce choix, il n'y a rien à faire là-bas. Sauf quand on aime la forêt tropicale, les cascades et les bains thermaux à l'eau soufrée, dont nous avons un souvenir génial à Bali !

 

On trouve enfin la maison, dans l'obscurité de la campagne, joyeux nous entrons dans le jardin et le propriétaire nous annonce qu'il vient tout simplement de louer notre chambre à d'autres touristes ne nous voyant pas venir alors que nous avions prévenu d'une arrivée tardive. Il est un peu plus de vingt heures...

alors qu'il téléphone pour nous trouver une autre chambre, on lui dit ce que l'on en pense et on repart. Bayron dira que ça, c'est du capitalisme, il a fait passer l'argent avant l'humain...

une seconde maison, sans résultat, puis une troisième. Bingo ! Bayron nous laisse, il reviendra demain pour nous emmener à notre prochaine étape.

Accueil génial, repas génial, chambre un peu vétuste mais propre et notre première rencontre avec un chauffe eau électrique posé directement en guise de pommeau de douche avec fils électriques frôlant l'eau... Cloclo aurait apprécié !

Sommeil réparateur, entrecoupé de chants du coq. Solide petit déjeuné.

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Finalement, nous sommes géographiquement mieux situé que prévu. En quinze minutes de marche nous arrivons au centre thermal, pour notre bain soufré et notre massage. Comme souvent, il s'agit d'un équipement de l'état qui est en réfection, donc fermé !

On décide donc de monter au belvédère, deux kilomètres d'un chemin raide et parfois incertain, suivit de cent soixante sept marches. De là haut, la forêt, les champs de canne à sucre, les rizières, les étangs s'offrent à nos yeux écarquillés, à perte de vue, jusqu'à la mer. Les vautours profitent des courants d'air, pour voler à notre niveau sans battre des ailes.

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Une fois redescendu, après avoir acheté bananes et fruits de la passion dans la forêt, on file à la cascade, elle même soufrée, encore deux cents trente marches à descendre. Il faudra les remonter après. On se met en maillots, l'accès est très glissant mais l'eau est bonne.

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On sera à l'heure pour la récupération par notre taxi privé, direction Vinales...