Voilà, presque deux semaines se sont écoulées. Demain, à cette heure-ci nous serons dans l'avion du retour et nous poserons samedi, heure Française, vers onze heure trente à Paris.

Cet article vous apparaît alors que notre avion est au décollage de La Havane, une nouvelle programmation dont internet et moi avons le secret!

 

Depuis hier, nous logeons, une nouvelle fois, chez l'habitant, un peu plus loin que notre premier lieu de résidence Havanais. Nous avons découvert cette adresse par hasard avant notre départ de la Havane et avions réservé et laisser un acompte pour deux chambres. Pas de mauvaise surprise cette fois-ci, tout va bien. Un appartement colonial, avec des plafonds à au moins six mètres ! Des chambres nickels avec clim en bon état, un salon avec une déco raffinée et une maîtresse de maison accueillante et attentive...

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En retrouvant La Havane, nous avons l'impression de revenir chez nous. Nos repères sont là, pour s'orienter, nos cantines préférées aussi et on retrouve certains habitants chaleureux qui nous reconnaissent et avec qui nous échangeons comme de vieilles connaissances. Hier après midi, nous avons déambulé dans des quartiers inconnus, on va refaire de même aujourd'hui.

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On choisit de se perdre dans une partie que nous n'avons pas encore arpenté, vu la distance, je négocie deux vélos taxis (des pousse pousse quoi!) et nous voilà partis pour une traversée aussi dépaysante que déroutante. Les rues sont en piteux état et sales. Les gens, par ici, voient peu de touristes. Il est vrai qu'en entrant dans certaines rues on se demande si l'on fait bien d'y venir. Avec notre consentement, la bouillante Havane est en train de nous avaler. Les gens viennent vers nous, autant que nous allons vers eux, Nana a même été invitée à jouer aux dominos (elle a gagné une partie!), les voisins, curieux venant voir comment cette étrangère allait s'en sortir !

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La plupart du temps, au premier abord, on nous prend pour des Argentins à cause de notre accent qui n'est pas Français (aujourd'hui, alors que j'insistais sur notre pays d'origine, on ne nous a même pas cru, et dans tous les cas, Nana, ne peut être qu'Espagnole voir Cubaine!!!).

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Tout est prétexte aux rencontres, y compris par les Havanais eux même, qui échangeront souvent juste pour le plaisir. Certains, on en a parlé, essaye de nous vendre ou de nous rabattre vers un commerce mais on en a pris l'habitude et nos parades bien rodées fonctionnent. Bref, aucun enquiquinement, de patté de maison délabré en patté de maison en ruine en passant par quelques édifices magnifiques retapés à grands frais, nous divaguons ça et là. Le callejon de Hamel nous réserve des rencontres et surprises colorées. Mitchel sera notre guide dans ce quartier repeint et décoré façon facteur Cheval ou Dalí dans un capharnaüm de récupération et recyclages en tous genres. On nous proposera même de venir assister à une messe Afro Cubaine avec sacrifice d'un beau coq qui nous a été présenté et tout ! On n'a pas décliné l'invit', on est juste oublié de revenir à l'heure annoncée...

On a traîné nos guêtres ainsi toute la journée, fait des photos avec une star de rap Cubaine...

Ce soir, nous sommes allés prendre quelques mojitos dans un lieu mythique ; La bodegita del medio, c'est le café bar resto, où le mojito a été inventé et qu'Hemingway avait choisi comme cantine.

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Chacun commande un mojito, avec ou sans rhum, bien sûr. Ils sont fait là, sur le comptoir devant nous. Un orchestre se forme et nous joue des airs entraînants. Le chanteur du groupe fera danser mes deux filles et plaisantera beaucoup avec nous ! Le soi-disant piège à touristes est pour nous un vrai lieu d'échange, de bonne musique et bonne humeur avec les natifs. Le groupe nous retiendra même lorsque nous allons vouloir sortir de ce minuscule endroit, mais on n'a pas encore mangé et nous avons déjà consommé plusieurs de ces boissons dont nous sommes extrêmement friand ! Nous nous extirperons à la deuxième tentative et le groupe nous regardera nous éloigner derrière les barreaux en bois. Désespérés (de voir nos filles partir!).

La pauvreté affichée, les rabatteurs de tous poils, les ruines et les odeurs de poubelles. Les bœufs travaillant dans les champs, les hommes et femmes courbés, les voitures hors d'age sur lesquelles on se retourne comme nos parents ont pu le faire alors qu'ils n'avaient pas vingt ans ! Le climat, la beauté des paysages, la musique, pas si omniprésente que ça, la nourriture simple comme ce peuple, ivre de héros morts, de liberté tant annoncé mais finalement absente, partageant sans retenue ses humeurs, son rhum et ses cigares, seules choses finalement, qui leurs sont accessibles et parfois même pas.

Nous avons été séduits ou choqués, parfois tant d'injustice à fait pleurer ma volcanique Espagnole et des échanges trop brefs au coin d'une rue, avec des gens en aillons, voir en sac de toile de jute ont été profonds et sincère.

 

Nous avons aimé Cuba, malgré ses échappements et son eau du robinet, Cuba, qui commence à s'ouvrir au monde et à qui nous souhaitons le meilleur !

 

Apprendimos a querer te, hasta siempre, Cuba.*

Nous avons appris à t'aimer, pour toujours (ou adieu), Cuba.

*(premiers et derniers mots de la chanson “Hasta siempre Che Guevara”)