4 sacs à dos, une aventure...

31 octobre 2015

hasta siempre!

Voilà, presque deux semaines se sont écoulées. Demain, à cette heure-ci nous serons dans l'avion du retour et nous poserons samedi, heure Française, vers onze heure trente à Paris.

Cet article vous apparaît alors que notre avion est au décollage de La Havane, une nouvelle programmation dont internet et moi avons le secret!

 

Depuis hier, nous logeons, une nouvelle fois, chez l'habitant, un peu plus loin que notre premier lieu de résidence Havanais. Nous avons découvert cette adresse par hasard avant notre départ de la Havane et avions réservé et laisser un acompte pour deux chambres. Pas de mauvaise surprise cette fois-ci, tout va bien. Un appartement colonial, avec des plafonds à au moins six mètres ! Des chambres nickels avec clim en bon état, un salon avec une déco raffinée et une maîtresse de maison accueillante et attentive...

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En retrouvant La Havane, nous avons l'impression de revenir chez nous. Nos repères sont là, pour s'orienter, nos cantines préférées aussi et on retrouve certains habitants chaleureux qui nous reconnaissent et avec qui nous échangeons comme de vieilles connaissances. Hier après midi, nous avons déambulé dans des quartiers inconnus, on va refaire de même aujourd'hui.

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On choisit de se perdre dans une partie que nous n'avons pas encore arpenté, vu la distance, je négocie deux vélos taxis (des pousse pousse quoi!) et nous voilà partis pour une traversée aussi dépaysante que déroutante. Les rues sont en piteux état et sales. Les gens, par ici, voient peu de touristes. Il est vrai qu'en entrant dans certaines rues on se demande si l'on fait bien d'y venir. Avec notre consentement, la bouillante Havane est en train de nous avaler. Les gens viennent vers nous, autant que nous allons vers eux, Nana a même été invitée à jouer aux dominos (elle a gagné une partie!), les voisins, curieux venant voir comment cette étrangère allait s'en sortir !

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La plupart du temps, au premier abord, on nous prend pour des Argentins à cause de notre accent qui n'est pas Français (aujourd'hui, alors que j'insistais sur notre pays d'origine, on ne nous a même pas cru, et dans tous les cas, Nana, ne peut être qu'Espagnole voir Cubaine!!!).

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Tout est prétexte aux rencontres, y compris par les Havanais eux même, qui échangeront souvent juste pour le plaisir. Certains, on en a parlé, essaye de nous vendre ou de nous rabattre vers un commerce mais on en a pris l'habitude et nos parades bien rodées fonctionnent. Bref, aucun enquiquinement, de patté de maison délabré en patté de maison en ruine en passant par quelques édifices magnifiques retapés à grands frais, nous divaguons ça et là. Le callejon de Hamel nous réserve des rencontres et surprises colorées. Mitchel sera notre guide dans ce quartier repeint et décoré façon facteur Cheval ou Dalí dans un capharnaüm de récupération et recyclages en tous genres. On nous proposera même de venir assister à une messe Afro Cubaine avec sacrifice d'un beau coq qui nous a été présenté et tout ! On n'a pas décliné l'invit', on est juste oublié de revenir à l'heure annoncée...

On a traîné nos guêtres ainsi toute la journée, fait des photos avec une star de rap Cubaine...

Ce soir, nous sommes allés prendre quelques mojitos dans un lieu mythique ; La bodegita del medio, c'est le café bar resto, où le mojito a été inventé et qu'Hemingway avait choisi comme cantine.

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Chacun commande un mojito, avec ou sans rhum, bien sûr. Ils sont fait là, sur le comptoir devant nous. Un orchestre se forme et nous joue des airs entraînants. Le chanteur du groupe fera danser mes deux filles et plaisantera beaucoup avec nous ! Le soi-disant piège à touristes est pour nous un vrai lieu d'échange, de bonne musique et bonne humeur avec les natifs. Le groupe nous retiendra même lorsque nous allons vouloir sortir de ce minuscule endroit, mais on n'a pas encore mangé et nous avons déjà consommé plusieurs de ces boissons dont nous sommes extrêmement friand ! Nous nous extirperons à la deuxième tentative et le groupe nous regardera nous éloigner derrière les barreaux en bois. Désespérés (de voir nos filles partir!).

La pauvreté affichée, les rabatteurs de tous poils, les ruines et les odeurs de poubelles. Les bœufs travaillant dans les champs, les hommes et femmes courbés, les voitures hors d'age sur lesquelles on se retourne comme nos parents ont pu le faire alors qu'ils n'avaient pas vingt ans ! Le climat, la beauté des paysages, la musique, pas si omniprésente que ça, la nourriture simple comme ce peuple, ivre de héros morts, de liberté tant annoncé mais finalement absente, partageant sans retenue ses humeurs, son rhum et ses cigares, seules choses finalement, qui leurs sont accessibles et parfois même pas.

Nous avons été séduits ou choqués, parfois tant d'injustice à fait pleurer ma volcanique Espagnole et des échanges trop brefs au coin d'une rue, avec des gens en aillons, voir en sac de toile de jute ont été profonds et sincère.

 

Nous avons aimé Cuba, malgré ses échappements et son eau du robinet, Cuba, qui commence à s'ouvrir au monde et à qui nous souhaitons le meilleur !

 

Apprendimos a querer te, hasta siempre, Cuba.*

Nous avons appris à t'aimer, pour toujours (ou adieu), Cuba.

*(premiers et derniers mots de la chanson “Hasta siempre Che Guevara”)

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29 octobre 2015

Viva Vinales

Nous partîmes cinq, sans ou peu d'confort,

et nos mines furent flétries arrivant à bon port !

 

 

Le choix est fait de s’arrêter au premier Paladar sur l'autoroute, le suivant se trouve à cinquante ou soixante kilomètres, soit une heure et quart à peu près ! Il est treize heure et tout le monde à faim !

On s'immobilise sur le terre plein central afin de pouvoir traverser l'autoroute !

Ben ouais, le resto est de l'aut' côté !

Deux tables, menu unique, porc, riz frijoles (fayots noirs), concombre chauds au vinaigre (ça c'est  plutôt pas très bon) et quelques morceaux de manioc fondant ! De l'eau du robinet congelée ! Nouvelle discussion sur ce sujet, avec diplomatie, j'explique à Bayron que nous sommes tellement habitué aux eaux traitées que nous avons moins de défenses que lui. Il me répond que c'est normal, eux boivent l'eau des animaux...

nos intestins résistent bien, on remet ça !

ET là.... c'est le drame...

Trois d'entre nous vont passer trente six heures très compliquées, le cerveau aillant abandonné toute tentative de gestion, son pouvoir, remplacé manu militari suite à un putch mené par le petit et le grand côlon (en même temps, on est sur des terres révolutionnaires !) par discrétion, je ne dirais pas QUI, mais pour une fois Nana va bien !

Le drame heureusement n’arrivera qu'à Vinales (prononcez : vignalesse), après avoir trouvé notre maison (pas celle prévue au départ, bien entendu !!!), j'avais tout prévu dans la boite à médocs, y compris la ré-hydratation... Ceci dit, ça fait trois jours que ça dure, le stock baisse dangereusement et ce n'est pas vraiment fini...

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Notre maison d’hôte est charmante, une grande chambre avec salle de bains, une terrasse ombragée face aux mogotes, tout comme on voulait...

deux jours de repos plus ou moins forcées (de toute façon, on avait choisi de se poser un peu ici), la ville est formée d'une rue principale, très vite nous prenons nos habitudes, un resto bar sympas devient notre Q.G et Jean Pierre, le patron en est ravi. Non non, c'est un Cubain d'origine. On sympathise avec l'ensemble du personnel qui est aux petits soins pour nous.

Vinales, c'est Cuba profond, Cuba symbole. Le meilleur cigare du monde est Cubain, le meilleur tabac Cubain est de Vinales ! C'est peu dire.

En plus, esthétiquement, cette région a été gâtée. Beaucoup de verdure, bien sûr, une terre rouge magnifique, et les mogotes (prononcez : mogotesse). Des monticules, des collines de calcaire recouverts d'une végétation luxuriante et formant presque des pains de sucre. Ça vous rappel quelque chose ? À nous aussi,  la baie d'Along et Ninh Binh au Vietnam.

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Afin de profiter au mieux de ce décor incroyable, nous choisissons, une fois de plus et dans l'hystérie que vous imaginez, de faire une nouvelle excursion de quatre heures à cheval. Ici, rappelons que c'est le transport local le plus utilisé.

Après avoir rejoint notre guide, nous traversons, accompagné d'un couple de jeunes Allemands (la population étrangère la plus représenté pendant notre séjour) quelques champs où pessent paisiblement, chevaux en liberté, bœufs et cochons.

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Perception des montures, réglages des étriers (nota : ici, grâce à la forme anguleuse des étriers, en le tournant d'un quart de tour on répond a peu près à toutes les longueurs et surtout, le réglage n'est pas prise de tête!).

On part, mon cheval a des velléités de chef, j'apprécie et d'un coup de talons et quelques uns de sabots, nous prenons la tête du groupe.

La campagne s'éveille, les paysages changent un peu, nous découvrons ici des caféiers et nous reconnaissons des avocatiers et autre pieds de manioc. Toujours de petits hameaux isolés, toujours le même romantisme des images du temps passé, pourtant tellement actuelles ici. Nous empruntons un chemin qui va se dégrader très très vite. L'humidité, la pluie des derniers jours les a rendu impraticables. Une épaisseur d'au moins quarante centimètres d'une boue plus ou moins épaisse et dense recouvre tout, les jambes des chevaux disparaissent dans l'épaisseur rouge. On sent nos montures inquiètes, sous la boue, un caillou non décelé fait trébucher le cheval et rester en place relève parfois de l'exploit ! La progression est lente les chevaux peines à sortir leurs jambes et des bruits de succion et des floc floc ont remplacé les claquements familiers. Le calvaire de nos montures va durer une bonne demie-heure. On reprend un terrain ferme et sûr.

Premier arrêt, au pied d'un mogotes que nous allons visités dans ses entrailles grâce à une grotte qui le traverse de part en part. Ouaip!bof ! Plus beau dehors que dedans ! Ça, c'est fait. En plus, les asiatiques sont plus imaginatifs pour trouver des formes d'animaux ou d'humains dans les formes rocheuses souterraines...

nous voilà repartis, les deux dingues se lancent le plus souvent possible dans des galops effrénés au grand désespoir de notre guide qui parfois part derrière et devra finalement conclure qu'elles maîtrisent complètement leur sujet.

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Nouveau stop, depuis longtemps on voulait voir ça, un séchoir à tabac, avec démonstration de roulage de cigares et... dégustation !

On nous explique bien tout, je saurais pas le refaire mais c'est intéressant, la souplesse des feuilles marinées (oui oui!) est surprenante. Après un long temps de séchage, les feuilles sont misent à mariner, au choix, dans un mélange d'eau, de miel, café, orange, cannelle, rhum ou ce que l'on veut d'autre afin de leur donner un goût particulier et leur redonner de la souplesse avant roulage qui les transformera en cigare...

Nouveau bain de boue équin, on rejoint notre maison.

Lendemain plage pour l'anniv' de Nana. tout est dit ici:

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Notre maison, située le long d'une route plutôt passante, nous permet d'assister aux migrations pendulaires. Les écoliers avec ou sans les mamans, en uniformes suivant l'age et donc le niveau, les travailleurs, etc. Et tout ce petit monde avec chevaux, charrettes, tracteurs sans oublier les vieilles guimbardes. Les bruits et les odeurs, on n'en a encore pas parlé. On sait ce pays en retard économiquement, l'environnement l'est tout autant, à en faire tomber les dents de Ségolène. En effet, les voitures et camions anciens polluent à l'ancienne, à tel point qu'on a l'impression qu'ils fonctionnent au charbon pour la fumée mais avancent à la bouteille de plastique brûlé pour l'odeur. La bouteille de plastique se recycle sans problème ici, en premier lieu comme combustible ! Pour faire la cuisine ou le café notamment. La cuisine se fait également au fioul, l'odeur est forte et bien prise de tête. Les moteurs anciens sont bruyants,toujours à l'ancienne et beaucoup d'échappements, eux, on rendus l'âme devant tant de travail. C'est une vrai surprise, car ici, notamment hors de La Havane, on est à la campagne ! On a parlé des chevaux, charrettes etc... mais les travaux des champs se font avec des bœufs énormes, les charrues de transport de matériaux aussi ! En faisant du charrue stop avec Lætitia, Jésus (Nan, un autre, le proprio de la charrette et des bêtes!), nous à confié qu'il pouvait charger jusqu'à deux livres et demie de sable sans problème (oui, ici on parle en livre et non pas en kilos!). Un laboureur nous disait avoir le pilotage automatique, en effet, on l'a vu creuser ses sillons en menant ses bœufs à la voix. En fait, on pourrait mécaniser d'avantage les travaux des champs en appelant le tracteur d'état. Mais il met tellement de temps à venir qu'il est toujours en retard par rapport à la saison...

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... le temps passe vite en effet, nous retournons sur La Havane demain, puis retour...

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28 octobre 2015

À l'assaut de Soroa !

Comme convenu, on part à cinq à sept du mat', direction Soroa.

Environ trente minutes après le départ, je demande à Bayron de stopper au milieu d'un patelin perdu je ne sais où. On va petit déjeuner. Pour être typique, c'est typique. Un sandwich d'un coté de la route, juste à coté d'une charcuterie, prix en peso national (2€ pour six sandwichs et des croquettes à l'huile) puis café en face (offert par notre chauffeur). Cela ressemble à un arrêt bus/camions/taxis/charrettes, comme une gare routière, mais sans gare. Nous sommes les seuls non Cubains. Quelle ambiance ! Génial, on adore ça !

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Le chemin ne sera pas direct bien sûr, on passe d'abord par Santa Clara, la ville libérée grâce au stratège Ernesto Guevara Lynch de La Serna, qui se servira du train pour y parvenir.

En principe médecin du groupe révolutionnaire formé par Castro au Mexique, il deviendra très vite  Commandante, bras droit de Fidel, plus connu comme El Ché.

Petite anecdote, « che », en Argentine est une expression courante voulant dire « mon pote » et Ernesto, Argentin, ponctuait chacune de ses phrases avec. Mais on préfère rappeler que ceux sont également les initiales de Cubano, Hermano, Ejemplo...  (Cubain, Frère, Exemple)...

tellement plus classe.

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C'est dans la-dite bourgade que se trouve le mausolée contenant les restes du Ché, dans l'enceinte même du musée de la révolution de la ville, qui, de ce fait est devenu gratuit, afin que même les plus démunis puissent, à loisir, venir se recueillir...  Incontournable. ?

On a vu, quelques plaques de bronze sur un mur à l'effigie des défunts (Ernesto est enterré ici avec ses frères d'armes), un silence de cathédrale pour cette minuscule pièce joliment décorée de pierre, bois et plantes vertes, comme dans la jungle, lieu de prédilection du/des révolutionnaires.DSCN4994 DSCN5033

Reprise de la route, interminable... La fière et provocante deux fois quatre voies du départ de La Havane est bien loin ! Visiblement, trop de dépenses au début de l'ouvrage et les fonds ont manqué et manquent encore pour la suite et la fin de cette si grandiose autoroute... Nous sommes sur le tronçon le plus dangereux, trois voies, du même côté de l'autoroute, le terre plein centrale, une partie herbeuse bien plane de l'autre côté, large comme trois autres voies... Sur le côté de circulation, le notre, la voie centrale est réservée aux dépassements. Dépassement dans les deux sens bien entendu, c'est donc à celui qui à la plus grosse... Voiture évidement !

L'inconfort de la Mockba est de plus en plus pesant, le manque d'espace d'abord, les filles sont à trois derrière et ça fait juste, elles sont serrées, les cuisses et hanches touchent les portières. À deux devant, vu la taille du chauffeur, nos genoux se touchent. La clim, absente, finit par faire défaut, et le courant d'air permanent est fatiguant. Lorsqu'il pleut, fenêtres fermées, c'est une chaleur étouffante et moite qui envahit l'habitacle. Une horreur. Lors de la négociation, j'ai oublié de prendre en compte le modèle de voiture... On apprend tous les jours...

Stop dans un paladar super en bord d'autoroute où nous allons faire notre première erreur du voyage en dérogeant à l'une de nos règles.

On a bu de l'eau du robinet. Le pot glacé est immédiatement posé sur la table par le serveur dès notre arrivée, comme pour répondre à une urgence, Bayron fait le service. On boit nos verres et j'explique à Bayron que l'on évite l'eau du robinet, pour préserver nos fragiles intestins occidentaux. Il note que sur la bouteille il est inscrit agua natural mais l'eau du robinet l'est tout autant ! Il ne comprend pas ma remarque et l'on ne développera pas plus d'explication par gène.

Erreur graaaave...

Le repas est excellent et les rations (c'est une généralité à Cuba) sont énormes.

La route reprend, l'interminable ruban asphalté ne s’arrête jamais, on entrecoupe le calvaire par de multiples pauses cafés, avec selfi et cappuccinos.

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Dans la banlieue ouest de La Havane, on fait un stop chez notre chauffeur pour boire un rhum, un jus ou un café avant de faire le plein. Il nous explique que c'est la débrouille, lorsque, comme lui on possède un moteur diesel (il a changé celui d'origine contre un XUD... donc un PSA!), on peut acheter du carburant à des chauffeurs de camions. En effet, lorsque vous sympathisez avec un conducteur, le camion appartenant à l'état, il peut vous revendre du carburant à moitié prix. Tout le monde est content. Attention, ce sont des choses qui existe, je n'ai pas dit que Bayron le faisait...

 

La route continue, la nuit tombe.

 

Nous avons réservé une chambre dans une maison en pleine campagne, à Soroa. Même Bayron est étonné de ce choix, il n'y a rien à faire là-bas. Sauf quand on aime la forêt tropicale, les cascades et les bains thermaux à l'eau soufrée, dont nous avons un souvenir génial à Bali !

 

On trouve enfin la maison, dans l'obscurité de la campagne, joyeux nous entrons dans le jardin et le propriétaire nous annonce qu'il vient tout simplement de louer notre chambre à d'autres touristes ne nous voyant pas venir alors que nous avions prévenu d'une arrivée tardive. Il est un peu plus de vingt heures...

alors qu'il téléphone pour nous trouver une autre chambre, on lui dit ce que l'on en pense et on repart. Bayron dira que ça, c'est du capitalisme, il a fait passer l'argent avant l'humain...

une seconde maison, sans résultat, puis une troisième. Bingo ! Bayron nous laisse, il reviendra demain pour nous emmener à notre prochaine étape.

Accueil génial, repas génial, chambre un peu vétuste mais propre et notre première rencontre avec un chauffe eau électrique posé directement en guise de pommeau de douche avec fils électriques frôlant l'eau... Cloclo aurait apprécié !

Sommeil réparateur, entrecoupé de chants du coq. Solide petit déjeuné.

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Finalement, nous sommes géographiquement mieux situé que prévu. En quinze minutes de marche nous arrivons au centre thermal, pour notre bain soufré et notre massage. Comme souvent, il s'agit d'un équipement de l'état qui est en réfection, donc fermé !

On décide donc de monter au belvédère, deux kilomètres d'un chemin raide et parfois incertain, suivit de cent soixante sept marches. De là haut, la forêt, les champs de canne à sucre, les rizières, les étangs s'offrent à nos yeux écarquillés, à perte de vue, jusqu'à la mer. Les vautours profitent des courants d'air, pour voler à notre niveau sans battre des ailes.

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Une fois redescendu, après avoir acheté bananes et fruits de la passion dans la forêt, on file à la cascade, elle même soufrée, encore deux cents trente marches à descendre. Il faudra les remonter après. On se met en maillots, l'accès est très glissant mais l'eau est bonne.

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On sera à l'heure pour la récupération par notre taxi privé, direction Vinales...

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27 octobre 2015

Trinidad

On entre en ville, un nouveau choc, différent, l'aspect… antique (?), c'est une vrai surprise.  L'ambiance de cette petite ville est complètement particulière de ce que l'on a déjà vu. Trinidad est classée au patrimoine mondial par l'Unesco. Il faut reconnaître que cette petite agglomération exclusivement faite de maison à un étage maximum, avec ses rue en pierres est spectaculaire. Le centre historique est entretenu avec soin, le reste est nettement mieux conservé que La Havane (en même temps...).

Visiblement notre futur demeure est dans le centre historique, il faut montrer patte blanche pour pouvoir pénétrer là avec la voiture, un gardien, plutôt mal fagoté nous ouvre un petit portail et sa cravate à l'envers déclenchera des moqueries entre Bayron et moi. La propriétaire vient à notre rencontre et nous conduit chez elle. En fait non (petite particularité Cubaine, lorsqu'il n'y a plus de place dans la maison d’hôte choisie, on vous laisse venir quand même, puis, sans que vous ayez vraiment d'autre choix (à moins d'être bilingue et pénible comme nous!) le propriétaire vous « recommande » une autre adresse. Pas toujours correspondant à vos attentes.

Ici, pour nous pas de souci, on en a parlé par téléphone avant, tout est au point. Comme attendu, l'adresse proposée n'est autre qu'une maison coloniale avec deux chambres. Nous serons donc seuls dans cette très belle maison. Le service est impeccable, Lazara, la maîtresse de maison, nous assaille de propositions d’excursions et services en tous genres. La championne du monde des ventes additionnelles, j'aime bien. Cependant, attention madame, trop d'offres tue l'offre ! Et cette profusion va éveiller nos soupçons sur le fait qu'elle souhaite nous verrouiller tout de suite.

Notre maison doit faire cent dix mètres carrés au moins, avec une déco' « coloniale » soignée, charmant.

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On sort profiter de cette adorable petite bourgade, qui, coupé du reste de Cuba pendant près de cinquante ans, pour cause de routes très compliquées, a gardé le charme suranné des villes d’antan. S'étant recentrée sur elle même, elle n'a pas évolué à la même vitesse que les autres, ne profitant pas des progrès tel l'asphalte ou le ciment. Les rues sont donc restées, non pas pavées, mais revêtues de pierres et il n'existe pas de bâtiment dépassant les deux étages dans le centre, juste quelques uns de quatre étages en périphérie.

Apéro sur la place de la musique, quatre mojitos devant des musiciens talentueux. Dîner dans un resto recommandé par notre hôte, langouste en brochettes ou au grill pour les uns, lasagnes (!), pour les autres... le mur est jonché de signatures, on signera « les Lopez du 38 VS Lopez 43 »   !

 

Lendemain.

Promenade dans les rues pour le matin, nous sommes accostés par différents hommes, proposant une promenade à cheval pour le lendemain. On se laisse séduire par l'offre de Jorge (quatre fois moins chère que celle de Lazara!) et on se donne rendez-vous dès huit heures demain. Après midi, direction la plage avec un taxi Chevrolet 1955. Bien que le temps ne soit pas au beau, cette baignade et les transats sur le sable nous comble de plaisir, retour par le même transport. 

Le petit déjeuner est copieux, une fois encore, à peine terminé, nous rejoignons Jorge, qui nous conduit à nos chevaux et à son collègue, Egdu, avec qui nous ferons le tour, pour le plus grand plaisir des yeux de Nana...

Le ciel est dégagé, grand bleu et enfin du soleil. C'est vrai que c'est rassurant, plus il pleut, plus il fait froid (tout est relatif!), moins il n'y a de chance de déclenchement de cyclone, mais là, enfin du soleil, depuis cinq jours plutôt pluvieux, ça fait plaisir...

Les deux chevalines sont com' dab' sur-excitées, on leur donne les chevaux les plus difficiles vu leur niveau, réglage de la hauteur des étrillés, c'est parti.

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On croise énormément de gens, à cheval ou en charrettes et on se rend compte que c'est le moyen de transport la plus utilisé ici. L'air n'est pas encore trop chaud et la lumière encore presque rasante du soleil sublime couleurs et contrastes. Après un long moment, comme ça sur un chemin de terre, traversant champs de canne à sucre, enclos, élevages et hameaux. L'image romantique de la petite case en bois avec son rocking-chair trônant sur la minuscule terrasse s'offrira à nous dans des senteurs, aussi variées que naturelles, de crottin et de jasmin. La vallée de los ingenios s'offre lentement à nous pour ce moment à part, comme une parenthèse après la tonitruante Havana et notre « épopée Moscovite » (petite précision, le taxi de Bayron, n'est pas une Lada, mais une Mockba (Moscou). Il y tient, je rectifie!) de plus de quatre cents kilomètres.

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On entre dans des sous bois, salué par des arbres centenaires magnifiques, pour arriver le long d'une rivière. C'est l'entrée du parc national de los ingenios. Pieds à terre, la suite de la promenade, pour ce tronçon, se fait à pied. Un petit sentier longeant la rivière nous emmène jusqu'à une magnifique cascade, avec sa piscine naturelle. Nous sommes les premiers, donc seuls. Rapidement en maillots, tout le monde se jette à l'eau, un bonheur. Une cavité, avec stalactites, surplombe une partie de la piscine... et c'est beau !

On restera là finalement une heure en tout, en redescendant, on prend un café avec notre guide dans la cahute de Lionel qui nous fera un excellent café, après avoir écrasé les grains dans un pilon ancestral.

Il nous explique la torréfaction qu'il réalise lui même et nous fait goûter le café au miel, comme cela se faisait avant d'avoir du sucre. On plaisante et sympathise, puis nous voilà repartis pour la suite.

Arrivée dans une ferme où nous goûterons le jus de canne à sucre, broyé devant nous, auquel on ajoute du citron vert et pour certain une bonne dose de rhum... exquis !

On avait reçu quelques gouttes avant ce stop, mais là, la pluie s'intensifie, se densifie même. On attend, José nous joue des airs de guitare connus dans une charmante ambiance conviviale.

Lors de l'éclaircie suivante, on remonte en selle, direction le retour. C'est après dix minutes de cheval que la plus grosse averse depuis que nous sommes à Cuba va tomber. Les quatre aventuriers sont trempés jusqu'aux os, les chevaux aussi. Ça se calmera à notre arrivée au village, on laisse les chevaux qui, pour deux d'entre eux, sont lâchés et rentrent seuls à l'écurie ! Petit repas dans un paladar, un vrai, au milieu de murs sans toit, protégés de la pluie par un parasol et mangeant une excellente nourriture simple et locale.

Après s'être changé et avoir donné notre linge sale à laver et surtout à sécher, nous déambulons dans les boutiques de Trinidad, sans toutefois réellement rencontrer notre bonheur !

C'est le dernier jour ici, demain Bayron vient nous chercher à sept heure du mat', direction Soroa, à l'Est de l’île.

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26 octobre 2015

la verdad (la vérité)

Voyager ainsi permet d'être au plus près de la population, de la réalité du pays. En discutant, maintenant que les Cubains ont le droit de parler aux touristes, on apprend que tout n'est pas si rose. Pourtant, au journal télévisé, on apprend que les Mexicains sont tous drogués, que les Espagnols et les Européens meurent de faim, que les USA sont en déroutes et que la Russie va bientôt être en guerre avec tout le monde. Heureusement, Cuba est FORTE et elle avance, il n'y a pas de chômage (pour avoir du chômage il faut du travail non?) et tout y est absolument positif. Qui dirait le contraire ?

Cependant, en parlant dans la rue, ou les paladares, toujours discrètement avec une bonne musique forte, des gens tiennent un discourt à peine différent ! Fidel gère d'une main de fer dans un gant de fer le pays et ses décisions nous ont été qualifiées de caprices. Parfois la conclusion apportée fut que la prison est vaste et que nous, touristes, y sommes en visite. C'est vrai que si l'on tient compte que trois millions de Cubains ont fuit l'île par la mer avec les risques que l'on sait c'est certainement qu'ils n'étaient pas si heureux et libre que ça ! 

Depuis quatre ans, petit à petit, depuis que Raul (prononcez Raoul) est à la tête du gouvernement (comprenez que c'est toujours Fidel qui décide), le pays s'ouvre petit à petit au reste du monde, les devises arrivent de plus en plus grâce à un tourisme en plein essort et c'est aujourd'hui la seule manne financière de Cuba. Aucun autre revenu, ni intérieur, ni extérieur. Pour entrer des devises, le choix de démolir des usines et de revendre l'acier à l'autre grand ami, la Chine, fait qu'il ne se fabrique presque plus de sucre puisque ceux sont ces bâtiments qui furent rasés.

Finalement les investissements prévus n'ont pas été fait et l'argent à fondu comme neige au soleil...

que dire de plus ?

Que le salaire des médecins a été doublé par Raul il y a peu, ils gagnent 40€ par mois et nous en avons vu faire du stop pour rendre visite à leurs clients. Petite astuce santé, pour passer en premier chez le docteur, dans la salle d'attente, avoir un sac de courses bien plein et bien visible, ça aide. Ceux qui n'ont pas de sac passeront bien sûr, après. Peut être même aujourd'hui !

Le salaire moyen est de treize euros par mois et certains ne gagnent pas trois pesos (national) par jour (soit douze cents!), on comprend donc que la débrouille est obligatoire et chacun veut vous rabattre vers une activité ou un commerce. Par exemple, tout le monde veut vous accompagner au spectacle de danse du National Social Club... En effet, le rabatteur se verra remettre une livre d'huile et quatre de riz. Pas besoin d'être taxi pour vous proposer une course, si vous acceptez, le taxi donnera un peu d'argent au rabatteur et tout va ainsi. Les plus anciens vendent des cigarettes ou le journal. Nana en a acheté deux et s'est rendu compte bien plus tard qu'ils n'étaient pas du jour. Ben non, on imagine qu'il y a un autre échange en amont ou de la récup', en plus, lorsque vous lui demandez le prix, il vous dit, «ce que tu veux »... Un journal à 0,65 pesos (national = $), l'autre à 0,35$, soit 1 peso. On lui a donné 1,50 CUC, ses yeux brillaient...

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25 octobre 2015

De La Havane à Trinidad

Réveil, rapidement tout le monde s'habille et approche les sacs de la porte d'entrée que j'ouvre. On attend notre carrosse. C'est à ce moment précis qu'il tourne à l'angle de la rue et arrive en temps donné devant nous. On tasse les sacs dans le coffre, un nouveau Tetris, comme à notre entrée en Malaisie, heureusement qu'on en a pris que trois gros (le quatrième est plus petit), ça rentre juste !

A delante !

Bayron me demande une avance pour laisser de l'argent à sa femme, à Cuba, on vit au jour le jour, le temps de passer chez lui et nous voici enfin en route. Il faut connaître, aucun panneau n'annonce la direction que nous cherchons, ni aucune autre d'ailleurs ! On arrive enfin à l'autoroute. Une deux fois quatre voix, sans barrières centrales ni latérales qui peut servir de piste d’atterrissage au besoin. En cas de conflit par exemple...

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La structure est démesurée par rapport au trafic routier, on va même s’arrêter dessus pour faire une photo au milieu des voies vides... Un stop au bout d'une heure de trajet, pour petit déjeuner en bord d'autoroute, avec chiens suppliants et poules quémandeuses. Un sandwich à la tortilla, un jus de fruit frais, un café. Le tout excellent et payé en pesos national (52$/2CUC/2€) (pour les cinq).

À oui ! Il y a deux monnaies ici, le pesos national qui sert aux Cubains pour acheter tout les produits de première nécessité, il leur est normalement réservé. Et le Pesos convertible (CUC), celui pour les touristes, sa valeur est vingt quatre fois plus élevée que le premier et son change et équivalent à l'Euro ( 24 pesos = 1 CUC = 1 Euros)!

Oui, je viens de dire que le pesos est réservé aux Cubains et que j'ai payé avec cette monnaie. L'avantage d’être bilingue et Cuba est le pays de la débrouille ! Et avec notre façon de voyager, c'est presque obligatoire. Un exemple, les cabines téléphoniques fonctionnent exclusivement avec le pesos. Pas de peso' pas de téléfono !

J'ai tout simplement demandé dans une petite boutique qu'on me face du change, légèrement en ma défaveur mais c'est de bonne guerre et c'est moi qui suis demandeur après tout !

Le trajet est long et nous avons négocié plusieurs arrêts avant d'arriver à Trinidad, notre destination principale du jour.

Premier arrêt à La Boca, petit patelin perdu au milieu des mangroves, dans la péninsule de Zapata (ce nom lui vient de sa forme. Zapato = chaussure, y a pas que les Italiens!) presque au bout de la baie des cochons. On est là pour le seul animal dangereux de l’île (à part l'homme lui même bien entendu!), le crocodile. On stop là et notre rutilante auto fait autant sensation qu'une belle américaine garée là, auprès de touristes fraîchement débarqués d'un bus...

On entre dans le criadero, entendez, la ferme, là où on s'occupe de la reproduction, un petit parc aménagé avec ratons bizarroïdes et tortues moches...

Eduardo et Philip, nous accueillent, ce dernier à le museau attaché pour ne pas mordre les visiteurs, on fait des photos et Pamela s'extasie devant cet animal quel voudrait avoir comme toutou de compagnie et câline, Lætitia ne l'aime absolument pas, pas plus que ceux d'Adélaïde, le coté pratique de Nana lui fait voir un sac à main... Plus loin, dans une mare, et au bord, un groupe de crocos énormes avec une tête franchement bizarre, parqués derrière un mur et un grillage. On déambule autour de l'étang en s'étonnant de nos rencontres avec des bébés presque cachés dans les feuilles.

 

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Petite balade en bateau dans un bras de mangrove, puis sur un lac jusqu'à un hôtel et visite de la reproduction d'un village d'indiens Taïnos.

On reprend la route, s’arrête dans un paladar (restaurant tenu par des particuliers) où le hasard fera qu'on nous propose de la langouste, du porc (la viande préférée des Cubains) et du crocodile...

c'est super bon, un peu comme du poulet, peut être plus à de la grenouille... Un délice, vraiment. La langouste et le reste aussi d'ailleurs.

Passage le long de la fameuse baie de cochons. Celle par laquelle Fidel et quatre vingt révolutionnaires ont envahis Cuba en venant du Mexique, en ne perdant qu'un seul des leurs.

Celle-là même par laquelle mille deux cents mercenaires à la solde des États Unis ont tenté de débarquer aussi pour renverser le régime Castriste. Avec le succès que l'on connaît et autant de décès. Il faut dire qu'à l'époque, les secrets étaient tellement bien gardé, que L'Express (en France donc) annonçait ce débarquement quatre jours plus tôt ! Un fiasco complet, avec Fidel lui même au commande de son char tirant directement sur un navire de transport et faisant mouche.

On continu le long de la baie qui est immense, avec, de temps en temps, un monument portant le nom d'un camarade, exactement à l'endroit ou il a donné sa vie pour la cause...

Quelques points de vue sympas avec bordure de corail et eau cristalline, ici, on fait beaucoup de plongée.

En avançant à travers cette région, on traverse des collines d'un beau vert, remplies de vaches et autre taureaux impressionnant que

On crois une voiture faisant un signe bizarre de la main, je questionne, cela veut dire de faire attention, il y a un animal sur la route. En fait non, trois ou quatre cavaliers sont en train d'attraper un taureau au lasso sur la route. On stop. Au loin, on voit un troupeau complet de ces grosses bêtes avec une multitude vaqueros (cow-boys en espagnol). C'est une manada, une manade, un déplacement de troupeau de taureaux. Nana s'en donne à cœur joie et je filme pour les filles avec leurs deux portables...

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Le calme revenu, on repart, dans une heure nous serons à Trinidad où deux chambres dans une maison coloniale nous attendent...

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24 octobre 2015

On se pavane à La Havane

Réveil naturel à sept heures, heure locale, le temps que toutes se réveillent nous descendrons déjeuner vers neuf heure trente. Fruits, œuf, petits pains et beurre salé, ça fait du bien, on avait faim.

Le temps est maussade, on sort visiter la ville au hasard des rues, nous avons un plan et savons déjà ce que nous voulons voir et à peu près comment.

Le ciel est gris, par endroit très sombre, point de bleu pour le moment, ce qui n’empêche pas le fait que nous transpirions déjà. Vêtus de shorts, T-shirts et tongs nous partons à l'aventure, à la découverte de La Havane. La ville est divisée en plusieurs districts, la vieille ville, là où nous avons choisi de résider, date des années fastes, celles d'avant la révolution, lorsque Cuba, situé à seulement cent soixante kilomètres des côtes de la Floride et de Key West, était l'endroit de villégiature préféré des stars, des nantis et de... la mafia, qui y investissait à très grande échelle!

Et puis l'histoire a stoppé cette joyeuse insouciance, avec à sa tête un petit groupe de quatre jeunes idéologues barbus, rêvant de justice et d'équité. Ils parvinrent à leurs fins, pour le plus grand bonheur du peuple. Puis fut le temps des décisions radicales qui fâcheront le puissant voisin et la communauté internationale sauf la grande Union des Républiques Socialistes Soviétique, trop heureuse d'avoir un allier si bien situé géographiquement. Puis l’embargo, puis la crise des missiles... avec le temps qui passe, inexorablement, laissant finalement un pays exsangue avec une réforme agraire inefficace et un peuple libre démunit. Tout appartient depuis à l'état, le système de santé fait partie des meilleurs du monde et l'alphabétisation pourrait faire rougir beaucoup d'autre pays.

Cependant, avec le manque de moyen, l'entretien de l'ensemble des bâtiments et des infrastructures passe au second plan voir beaucoup plus loin. Nana ressent l'impression d'être en zone de guerre, après des combats urbains acharnés et quelques bombardements lorsque les carcasses d'immeuble sont au sol ! Les étagères des magasins d'état sont vides, hormis des cigarettes, du riz et des torchons. (!).

 

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Moins angoissante grâce à la lumière du jour, l'ambiance de La Havane est différente, les bâtiments restent décrépis, voir en ruine, mais l'aspect inquiétant a disparu. Les gens nous dévisagent, voir nous interpellent mais les hello puis très vite holà ne sont que trop rarement désintéressés. Dans le quartier où nous sommes, une fois de plus, nous sommes les seuls occidentaux, il faudra se rapprocher des bâtiments, tel le Capitolio, pour rapidement retrouver des touristes.

C'est incroyablement délabré, tout, partout, quasiment en ruine, il nous faut marcher au milieu de la rue pour ne pas craindre les chutes de pierres des balcons !!! les couleurs des façades rivalisent par leurs choix criards, leur détérioration, les aménagements de chacun y compris les évacuations des eaux de pluie hétéroclites des balcons avec des longueurs de tuyaux incroyable pour éloigner le plus possible la chute d'eau. Sous cette extravagante décrépitude la silhouette charmeuse des demeures coloniales se faufile, discrète, presque effacée mais omniprésente et séductrice.

Face au Capitolio, le même qu'à Washington mais un peu plus grand nous assure t-on, des immeubles avec arcades et quelques magasins, essentiellement des locaux minuscules où l'odeur d'huile bouillante rivalise avec celle des beignets et autre hamburgers. Une avenue large de quatre voix emprunté par les véhicules précités. Les images de cartes postales Cubaine sont là. Un peu plus loin, bien alignées en épis au bord d'une jolie place verdoyante, elles sont là, les belles de La Havane, découvrables et découvertes. Les couleurs brillent grâce au vernis que tant d'autre n'ont plus depuis longtemps et les chromes sont entretenus. Holdsobile, Chevrolet, Ford, Pontiac... Toutes des années cinquante. On fait quelques photos de loin, un homme m'interpelle et nous fait l'article. Je le coupe et veux savoir quelle est sa voiture, on veut choisir. Une Buick de mille neuf cent cinquante sept, magnifique, rouge bordeaux, intérieur cuir crème, moteur V8 d'origine (consommation : 1L/4KM) c'était celle de son grand père. Carlos nous explique les tours proposés, on choisira le second qui couvre l'ensemble de ce que nous souhaitions voir ici !

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En voiture ! tout de suite à l’intérieur, un sentiment de fierté nous envahit, on fait même signe aux touristes qui nous photographient, comme si nous étions les heureux propriétaires du bijoux mécanique. On se pavane ainsi dans le quartier chinois, qui a la particularité d'être le seul au monde à ne pas avoir un seul Chinois, bien qu'il soit pourvu de restaurants asiatiques sans le moindre Asiatique non plus ! La raison en est simple, ce peuple est tourné vers le commerce, celui-ci étant, ici, réservé à l'état, ils sont tous parti plus loin en Amérique centrale ou du sud quand ça a mal tourné. La balade de deux heures durera finalement trois et nous verrons tout de La Havane, la vieille ville, les grandes avenues stalinienne désespérément vides, l'immense plaza de la revolucion, avec sur le fronton de deux bâtiments ministériels, les effigies de Ernesto Ché Guévara et de Camilo Cienfuegos.

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C'est sur cette place que se sont réunis un million de personne lors du retour de la dépouille du Ché. Le plus grand cimetière d’Amérique latine (entièrement réalisé en marbre de Carrare), le front de mer avec des immeubles démesurément hauts, construits par les Soviétiques, vingt étage souvent mais dépourvus d'ascenseurs et dont l’esthétique Bolchevique est caractéristique, l'hôtel National, le plus luxueux de l'île, là où les invités de marque du gouvernement résident . Il s'agit d'un ancien casino appartenant aux cinq grandes familles mafieuses de l'époque dont Al Cappone, tout prés, l'ambassade des États Unis d'Amérique... Nous empruntons le tunnel pour passer sous l'entrée du port et accéder de l'autre coté à la citadelle avec son point de vue sur la ville, son Christ tout propre puisque François est venu il y a peu et ses missiles. Une exposition de la puissance militaire est étalée là. Des missiles de courte portée, des batteries anti aériennes, des débris d'avion Américain, un MIG21, ancien fleuron de la chasse Soviétique et un énorme missile type Scud capable, avec sa portée de plusieurs milliers de kilomètres de frapper le cœur de l'Amérique à peu près partout.

On prendra une pina colada tout les cinq avec ou sans alcool bien entendu. Au retour, un stop dans le parque où trône une statue de dent blanche immaculée et.. la statue en bronze de John Lennon, assis sur un banc. Un petit homme approche, dépose des lunettes rondes sur la star et m'invite à m’asseoir à ses côtes pour la photo. On l'avait vu à la télé il y a dix jours, Nana lui apprend qu'il est connu en France et souhaite, du coup, lui serrer la main !

On repart après avoir couvert notre voiture puisque le temps nous fait quelques misères.

La balade finit, Nana nous dégote, une fois de plus, un restau' dont elle a le secret, puis on déambule dans les rues étroites à la recherche de la solution idéale pour quitter La Havane en direction du sud est, en direction de Trinidad.

Après avoir visité le musée de la révolution (il y en a un dans chaque ville!), on trouve la solution, louer une voiture dix jours et aller où bon nous semble. On la réserve pour le lendemain, tout est sous contrôle.

Lendemain matin, même petit déjeuner délicieux, les sacs sont entreposés en attendant notre retour. L'humeur est au questionnement, le prix de la location est très élevé mais surtout avec cette solution nous n'allons pas vraiment à la rencontre des gens et cela nous dérange, ne nous ressemble pas. On change d'idée, et abandonnons la location. Au hasard des rues, nous faisons de charmantes rencontres, devant une école de danse, au coin d'une rue, bref un peu partout...

Et après s’être laissé vivre très (trop) longtemps, dans La Havane, ayant laissé de côté les bus, on se met en recherche d'un chauffeur, on négocie, ça y est on a trouvé. Un taxi, magnifique, n'ayant que vingt cinq, trente ans, rouge de marque très répandue ici ; une Lada, la route s'annonce épique ! Mais il est tard, comme on ne circule pas de nuit à Cuba, on partira demain à l'aube et par chance, notre maison d’hôte a encore deux chambres libres pour ce soir.

Demain commence l'aventure...

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22 octobre 2015

Décalage horaire – 60 ans !

A l'heure prévue, l'avion décolle sans encombre, nous voilà parti pour dix heures de vols, plus on approche de notre destination, moins la météo n'est clémente. Le cap suivi par le commandant de bord est simple, décollage Paris, direction plein est sur Cuba. Au deux tiers du chemin, en plein océan Atlantique, nous ferons un premier écart de trajectoire pour éviter une grosse masse de nuages, puis un peu plus tard, le virage est à quatre vingt dix degrés au sud puis reprise du cap à la verticale des Bahamas qui semblent moins accueillants que de coutume.

 

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Finalement quelques turbulences mais le pilote nous a évité d’être très fortement «chahuté» et c'est tant mieux. Pour info, nous avons choisi une saison très particulière pour venir à Cuba, puisqu'il s'agir de celle des cyclones, mais pour le moment, tout va bien.

Atterrissage léger sur le tarmac mouillé, il est vingt heure trente passé.

On avait beaucoup d'à priori, notre expérience précédente d'entrée dans un pays «socialiste» s'étant déroulé au Vietnam, on pensait que se serait aussi tendu et stricte. Finalement, le passage de la douane se fait sans encombre, une multitude de jeunes femmes en uniforme contrôlent nos passeports, cartes de tourisme (un visa déguisé), photographient notre œil et radiographient nos bagages...

Notre maîtrise de l'espagnol les interpellent, tout autant que nos jumelles, les filles, comme dab' mais aussi les vraies dans leur housse au passage du rayon X...

Après avoir récupéré nos sacs, on passe les portes automatiques qui s'ouvrent sur une foule avec appareils photos qui attend l'équipe nationale de boxe avec qui nous avons partagé l'avion. Je salut quand même tout le monde en faisant une pause face à eux, main sur l'abdomen et légère courbure du tronc vers l'avant. Mes trois nénettes continuent sans broncher, puisque, à ce moment précis, elle ne me connaissent plus!!!

Il fait très chaud, l'humidité ambiante renforce cette impression de suffocation, cette fois c'est sûr, nous sommes bien dans les caraïbes. On fait du change et on prend un taxi, sans oublié de verrouiller le prix de la course avant de monter dedans. Il nous faudra facilement vingt minutes pour rejoindre notre maison d’hôte. Le premier choc, pour ne pas dire surprise puisqu'on le savait, c'est le parc automobile... des vieilles Lada, des voitures chinoises et surtout des voitures datant d'avant nos naissances, rafistolées, peintes et repeintes, moteur changé ou pas, entretenues avec les moyens du bord quand il y en a et dans tous les cas, dégageant une fumée noire comme une projection d'encre pour disparaître à nos yeux mais pas à nos oreilles... Il fait très sombre à la Havane, les avenues désertes laissent peu à peu la place à de petites rues. Nous dormirons deux nuits dans la vieille ville de la Havane. Vieille ville, le terme est juste...

Peu, voir pas de lumière dans les rues pourtant grouillantes de vie, nous sommes impacté par cette vision inattendue de pauvreté extrême. Les immeubles délavés, délabrés, face à face dans ces ruelles étroites et sobres paraissent tenir debout par magie, d'ailleurs ça et là des tas de gravas confirment de leur triste état. Les trottoirs comme les voies de circulations sont défoncés et chacun ici circule à peu près comme il l'entend, avec ou sans phare. Le chauffeur de taxi lui même ne sait pas où se trouve notre adresse, il faudra demander plusieurs fois notre chemin tellement les ruelles sont imbriquées...

Un choc, c'est un choc, à se demander se qu'on fait là. Qui sont ces gens d'ailleurs ? Une faune nocturne inconnue nous entoure et on appréhende la sortie du véhicule, bonnes ou mauvaises personnes ? Va t-on pouvoir sortir le soir ? Va t-on oser ? Pas vraiment rassurant cette ambiance, les clichés sont là, avec de vieilles guimbardes américaines des années cinquante plus ou moins bien entretenues, sortant d'on ne sait quel film de gangster. Où est on? En quelle année est on ? Ça fiche les jetons quoi!

Ne nous arrêtons pas à ça, on en a vu et on en verra d'autre, en plus demain, il fera jour...

accueil sympathique des propriétaires, on prend possession de nos chambres, je sors acheter deux bouteilles d'eau pour la nuit dans le petit snack juste à côté où six ou sept personnes, bières à la main me salueront en retour de mon buenas noche, une douche, extinction des feux. Il est vingt trois heures environs, pour nous qui avons peu, voir pas dormi, il est cinq heure de demain matin...

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16 octobre 2015

là bas, Cuba.

J – 3

Quelles drôles de sensations…

Descendre dans la cave, là, tout au fond, derrière beaucoup trop de choses inutiles gardées par amour dans le noir, deux sacs à sacs, je m’en saisi, et les sort de là.

En tirant les fermetures éclairs, un souffle étrange m’envahi, me sautent pèles mêles au visage, la couleur des sacs, les drapeaux cousus et les mousquetons encore accrochés dessus, une montagne de souvenir et un sentiment étrange… Une impression d’habitude et de lointain, lointain dans le temps mais à la foi si proche. Des gestes machinaux, instinctifs, réapparaissent, des réflexes, finalement, deux ans après le retour j’ai l’impression que c’était hier…

Pensons à demain et ensuite.

Les sacs, vautrés là, creux, vides, sur le sol du salon, attendant d’être remplis à nouveau…

L’intendance d’abord, quelques médicaments, la boite à bobos, deux petites boites en plastique, ridicule ! et un rouleau de PTU (Papier Toilette d’Urgence). Les frontales au cas où pour un trek, des jumelles, les appareils photos.

On ressort les chaussures pour le corail et les T-Shirts anti UV pour les randos’ aquatiques, les serviettes etc.

La liste de vêtements est fixée par Nana, chacun prépare son tas, tout est recompté et soigneusement déposé dans les sacs qui, de nouveau, prennent de l’embonpoint.

On numérise les documents officiels et billets de transports divers (photos) puis je me les auto-envois sur mon adresse mail, accessible partout dans le monde en cas de perte.

La magie d’internet fonctionne toujours, lors de la parution de cet article, notre avion, un Boeing 777 d’Air France est au décollage de Paris, peut être surclassés qui sait si l’intervention de Fred a fonctionnée… dans tous les cas, merci chouchou, bisous pour ça !

Neuf heures de vols nous séparent de la Havane, capitale de la plus grande ile des caraïbes : Cuba.

Il y a encore deux jours nous n’avions que les billets, là-bas, finalement quelqu’un nous attend, on a téléphoné directement et utilisé internet lorsque c’était possible pour finalement réserver deux chambres chez un particulier. On verra bien ce que ça donnera.

Vraisemblablement, les connexions internet sont compliquées, il se peut que nous ne puissions même pas publier quelque chose sur le blog, on verra, en cas de silence du blog, vous en connaitrez déjà la raison !

 

Une pensée pour vous tous, qui, à nouveau, partez avec nous, quelque part dans nos quatre sacs à dos pour une aventure…

 

 

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14 octobre 2015

Cuba pratique

Cuba

République de Cuba

República de Cuba (es)

                                       

                                                      

                                                     drapeau cubain

                              
  Drapeau de Cuba

armoiries de Cuba     
  Armoiries de Cuba

 

Devise   nationale

La patrie ou la mort, nous vaincrons
  (en espagnol : Patria o muerte, venceremos)

Hymne national

La Bayamesa

 

Administration

Forme de l'État

République
  État communiste à parti unique, dictature

Président

Raúl Castro Ruz

Premier   secrétaire du Parti

Raúl Castro Ruz

Langues   officielles

Espagnol

Capitale

La Havane

 

Géographie

Plus grande ville

La Havane

Superficie   totale

110 860 km2
  (classé 106e)

Superficie en   eau

Négligeable

Fuseau horaire

UTC -5

 

Histoire

Indépendance

De l'Espagne, puis des États-Unis

Déclarée
  - De l'Espagne
  - Des États-Unis
  - Révolution cubaine

10 octobre 1868
  10 décembre 1898
  20 mai 1902
  1er janvier 1959

 

Démographie

Gentilé

Cubain, cubaine

Population   totale (2012)

11 167 325 hab.
  (classé 73e)

Densité

101,6 hab./km2

 

Économie

PIB nominal (2012)

72,300 milliards de $ (66e)

IDH (2013)

     0,815 (très élevé) (44e)

Monnaie

Peso cubain convertible (CUC)

 

Divers

Code ISO 3166-1

CUB, CU

Domaine Internet

.cu

Indicatif   téléphonique

+53

Cuba, en forme longue la République de Cuba, en espagnol : República de Cuba, est un État insulaire des Caraïbes formé de l'île de Cuba (la plus grande île des grandes Antilles), de l'île de la Jeunesse (appelée île aux Pins jusqu'en 1976) et de quelques autres petites îles. Il est situé, au nord des Antilles, à la confluence de la mer des Caraïbes, du golfe du Mexique et de l'océan Atlantique ; au sud de la côte est des États-Unis et des Bahamas ; à l'est du Mexique et à l'ouest des îles Turques et Caïques ; au nord des Îles Caïmans et de la Jamaïque.

Devant Hispaniola en superficie, Cuba est toutefois derrière en nombre d’habitants : Cuba est ainsi la deuxième île la plus peuplée des Caraïbes avec près de 11 241 161 habitants. Sa capitale est La Havane, sa langue officielle l'espagnol et deux monnaies y sont utilisées : le peso cubain et le peso cubain convertible

L'île a été une colonie espagnole de 1492 à 1898 puis un Territoire des États-Unis d'Amérique jusqu'au 20 mai 1902. Depuis la révolution de 1959, Cuba se définit comme une république socialiste[], dont le Parti communiste de Cuba, créé en 1965, constitue la « force dirigeante supérieure ».

Cuba est membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) depuis la Déclaration conjointe signée par Hugo Chávez et Fidel Castro le 14 décembre 2004 à La Havane.

Étymologie

Il n'y a pas de consensus entre les historiens quant à l'origine du nom Cuba. Pour certains il viendrait des mots Taïnos cubanacán signifiant « place centrale », ou cubao « terres fertiles ». Pour d'autres le nom découlerait de la contraction des mots Arawaks coa « lieu, terre » et bana « grande », coabana. D'autres encore affirment que le nom vient de Cuba, ville de la province de l'Alentejo au Portugal, seul autre endroit au monde à porter ce nom. Contrairement à ce qui est affirmé parfois, Christophe Colomb n'a pas appelé l'île Juana en l'honneur de la fille des Rois Catholiques espagnols mais, selon Bartholomé de Las Casas, en l'honneur de leur fils, le prince Don Juan : « En 1492, Colomb a découvert Cuba lors de son premier voyage. L'Amiral de la Mer Océane, vice-roi des terres qu'il vient de découvrir, nomme Juanna cette terre qu'il croit être une île rattachée au continent asiatique. Colomb l'a nommée ainsi en l'honneur de l'enfant don Juan, fils d'Isabelle et Ferdinand, les Rois Catholiques, afin de les remercier. » Le 4 octobre 1497, le prince don Juan décède. On envisage, en Espagne, de renommer l'île.

Le premier document qui comporte le nom de Cuba est la carte de Juan de la Cosa, dessinée dans la première moitié de l'année 1500. L'île a aussi été appelée, ultérieurement, Fernandina, en l'honneur du roi Ferdinand, époux de la reine Isabelle de Castille. Après la mort du prince don Juan, Ferdinand d'Aragon a renommé l'île par un décret du 28 février 1515. Malgré le décret du roi Ferdinand l'île a conservé le nom de Cuba

Histoire

Premier voyage de Christophe Colomb.

Article détaillé : Histoire de Cuba.

Cuba était peuplée d’Amérindiens : les Ciboney et les Tainos. Les Ciboney étaient des chasseurs et des pêcheurs qui ont laissé de belles peintures rupestres - plus de 200 dans les grottes de Punta del Este sur la isla de la juventud. Les Tainos vivaient de la culture et de la chasse et possédaient une forme primitive d'organisation sociale. La monarchie catholique espagnole conquiert l'île au cours du XVIe siècle après la découverte de l'île par Christophe Colomb le 28 octobre 1492[] et l'intègre à son empire. La domination espagnole durera jusqu'à la signature du traité de Paris en 1898. Au cours de ces quatre siècles, de nouvelles villes verront le jour dont Santiago de Cuba (1514) et La Havane (1515). Malgré les efforts de Bartolomé de las Casas, la population indienne payera un lourd tribut : elle sera pratiquement décimée en quelques années. Déçus par la faible productivité des mines d'or, les conquistadors décident de faire de Cuba leur plaque tournante vers le continent et l'utilisent comme escale pour les navires chargés des richesses du Nouveau Monde à destination de l'Espagne. L'île se tourna donc vers de nouvelles activités : tabac (plus ou moins 300 millions de cigares par an ainsi qu'une bonne douzaine de milliards de cigarettes brunes ou blondes), café et canne à sucre (héritée de quatre siècles de colonisation espagnole et qui procure à Cuba le plus gros de ses ressources). Cette dernière activité nécessitant une main d'œuvre importante, il sera fait appel aux esclaves africains

En 1763, il n'y avait pas plus de trente-deux mille esclaves dans toute l'île. La culture sucrière, sans être négligeable, était très loin du niveau des colonies françaises comme Saint-Domingue ou anglaises comme la Jamaïque. Après la longue guerre qui dure de 1791 à 1803 contre les esclaves noirs beaucoup de propriétaires blancs de Saint-Domingue fuient à Cuba où ils apportent capitaux et savoir-faire. De 1792 à 1860, on introduit à Cuba plus de sept cent vingt mille esclaves, plus qu'au cours des deux siècles précédents. Ensuite, les planteurs francophones viennent grossir le flot des Réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique.

Même si, au XVIIe siècle, la population avait augmenté avec l'arrivée des colons espagnols et des esclaves africains, Cuba était encore, au début du XVIIIe siècle, une petite colonie. Pendant l'été 1762, la capitale fut conquise par les Anglais conduits par Georges Pocock et lord Albemarle. Ils allaient régner sur l'île pendant neuf mois. Aussi brève fût-elle, l'occupation anglaise modifia l'organisation économique et sociale de Cuba. Les restrictions commerciales imposées par l'Espagne furent abolies, marquant le début des échanges avec les colonies anglaises d'Amérique du Nord. Le trafic des esclaves s'intensifia pour fournir la main d'œuvre nécessaire dans les plantations. À l'issue du traité de Paris, signé en 1763, Cuba fut rendue à l'Espagne en échange de la Floride attribuée aux Britanniques.

Dans les régions plantées de palmiers royaux, trop accidentées pour les machines modernes, des brigades de travailleurs de provinces et de villes différentes et de toutes professions viennent encore couper la canne à la machette. Volontaires, nourris six fois par jour, pouvant gagner cinq fois plus qu'un ouvrier ordinaire, ils ont droit à tous les égards. Au XVIIIe siècle, le châtiment le plus redouté par l'esclave urbain était d'être vendu aux planteurs de l'intérieur ; prisonniers du domaine, les Noirs ne recevaient ni argent ni éducation.

Rien ne doit se perdre. Une fois le précieux sirop extrait des cannes, les hommes jettent dans les chaudières les tiges pour fabriquer la vapeur qui fait tourner l'usine. Les résidus visqueux tombés au sol sont nettoyés au jet d'eau. Il semble que l'on ait cultivé dès 1523 la canne à Cuba où elle a trouvé les meilleures conditions de croissance : climat chaud, sols humides et, juste avant la coupe, une période sèche propice à la concentration du saccharose. En 1620, Cuba produisait 550 tonnes ; en 1987, plus de 7 millions. Les sacs de 50 kg sont expédiés durant la guerre froide surtout vers les pays  de l’Est mais également en Libye. Cuba est devenu le premier exportateur mondial de canne à sucre.

Alors que la traite était officiellement abolie, plus de 360 000 esclaves furent débarqués entre 1820 et 1860 au port de La Havane, qui comptait au début du siècle 40 000 Blancs et 30 000 esclaves. C'est en 1886 que fut entièrement supprimé l'esclavage fondement de l'économie coloniale, source des richesses de toute l'aristocratie créole.

Les luttes pour l'indépendance remontent au milieu du XIXe siècle avec la guerre des dix ans qui débuta en 1868 ; Les États-Unis intervinrent dans la guerre d'indépendance cubaine qui avait fait 200 000 morts depuis 1895 (soit 1/8 de la population) et occupèrent l'île de 1898 à 1902, puis de 1905 à 1909. Les États-Unis poursuivirent une ingérence marquée jusqu'en 1934 (révocation de l'« amendement Platt » et Politique de bon voisinage).

Fidel Castro prend la tête d'une armée rebelle en 1956 et renverse le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959. Il dirige Cuba jusqu'au 31 juillet 2006 puis c'est son frère Raúl Castro Ruz qui, après avoir assuré l'intérim du pouvoir, est élu le 24 février 2008 président du Conseil d'État et du Conseil des ministres par l'Assemblée nationale. L'année 2009 marque le cinquantième anniversaire de la révolution, célébrée par des festivités à Santiago le 1er janvier.

Les États-Unis sont, en 1959, l'une des premières nations à reconnaître diplomatiquement le nouveau gouvernement, mais les rapports entre les deux pays se gâtent dès le mois de mai de la même année, lors de la nationalisation des avoirs étrangers (dont ceux de United Fruit Co) à Cuba.

 

Carte indiquant la baie des Cochons

Par la suite, du 17 au 19 avril 1961 eut lieu la tentative de débarquement à la baie des Cochons de 1 400 réfugiés, recrutés, payés et entraînés par la CIA américaine, qui se solda par un échec. Les États-Unis mirent alors en place un embargo économique en 1962, mais renoncèrent à toute invasion de Cuba, pourtant un temps envisagée selon les plans de l'opération Northwoods mais dont la mise en œuvre fut finalement refusée par le président John Kennedy, aux termes d'un accord signé pour conclure l'affaire des missiles de Cuba. Le pays fut longtemps soutenu par l'URSS qui lui accordait une aide (4 à 6 milliards de dollars américains par an jusqu'en 1990) en échange de son alignement sur sa politique : envoi de forces cubaines dans plusieurs pays d'Afrique pour protéger des gouvernements communistes ou déstabiliser ceux du « camp adverse », soutien aux mouvements révolutionnaires d'Amérique latine. Mais cette question fait l'objet de controverses. Cuba avait sa propre logique tiers-mondiste et une population noire était particulièrement tentée d'envoyer de sa propre initiative des soldats en Angola en novembre 1975 soutenir le MPLA quand les troupes sud-africaines envahirent l'ancienne colonie portugaise. L'URSS intervint après pour aider les Cubains à redresser une situation militaire très difficile. En Amérique latine, Moscou avait conclu avec Washington en mai 1972 un "code de bonne conduite" qui lui interdisait d'aider militairement les mouvements révolutionnaires. À l'automne 1981, accusé par Ronald Reagan de fournir des armes à la guérilla salvadorienne, Fidel Castro démentit et invoqua la clause d'un accord avec l'URSS qui lui interdisait d'exporter les armes vers les guérillas latino-américaines. Cuba fait face à une grave crise économique depuis la disparition de l'URSS et le maintien de l'embargo des États-Unis.

Alors que le président américain George W. Bush avait renforcé l'embargo américain sur Cuba sous sa présidence, Barack Obama l'assouplit en 2008. En 2012, les Etats-Unis sont le premier fournisseur de biens alimentaires et agricoles à Cuba, ces secteurs n'étant pas concernés par l'embargo.       []

Le 17 décembre 2014, les deux pays annoncent conjointement la reprise de leurs relations diplomatiques, impliquant un assouplissement de l'embargo américain sur Cuba[7].

Le 20 juillet 2015, les bâtiments qui abritaient jusqu'à présent les sections d’intérêts dans chaque capitale ont retrouvé automatiquement leur statut d’ambassade. Les employés ont été accrédités auprès de leurs ambassades et les chefs de mission deviennent chargés d'affaires, en attendant la nomination d'ambassadeurs.

Géographie

 

Carte de Cuba

Article détaillé : Géographie de Cuba.

La République de Cuba est située entre la mer des Caraïbes au sud, le golfe du Mexique au nord-ouest, la Floride au nord et les Bahamas au nord-est, elles-mêmes baignées par l'Atlantique Nord. C'est un archipel composé de l'île de Cuba, longue de 1 220 km (qui fait d'elle la plus grande île des Antilles), de l'île des Pins (île de la Jeunesse) et d'environ 1 600 îlots. Géographiquement, elle se trouve à proximité du tropique du Cancer, à 77 km d'Haïti à l'est ; à 140 km de la Jamaïque, au sud-sud-est ; à 180 km des États-Unis, au nord ; et à 210 km du Mexique, dont elle est séparée à l'ouest par le canal du Yucatán. La République comprend l'île entière ainsi que la Isla de la Juventud (« île de la Jeunesse »), mais l'entrée de la baie de Guantanamo est occupée depuis 1898 (officiellement loué depuis 1903) par les États-Unis qui y ont installé une importante base navale (que les États-Unis maintiennent malgré l'opposition du gouvernement cubain).

Climat

Cuba est régulièrement frappée par des ouragans pendant l'été et l'automne. Parmi ceux-ci, l'ouragan de Cuba de 1910 a été particulièrement marquant, affectant l'île durant 5 jours. En juillet 2005, l'ouragan Dennis a fait 16 morts selon les autorités, provoqué d'importants dégâts et plus d'un million et demi de personnes furent obligées d'évacuer. Avec des vents de 300 km/h, ce denier ouragan est passé à la catégorie 4 de l'échelle de Saffir-Simpson qui compte 5 catégories. La saison cyclonique 2008 a beaucoup pesé sur l'économie cubaine, surtout l'agriculture et l'élevage : les destructions causées par les cyclones sont évaluées par le dirigeant Raúl Castro à 10 milliards de dollars (7,9 milliards d'euros). 500 000 foyers ont été affectés, 156 000 hectares de canne à sucre ont été détruits et 500 000 ont été inondés.

Face à des situations de crises régulières que causent les ouragans, le peuple cubain et l'État ont acquis une certaine expérience et mis en place une logistique permettant de protéger les personnes et les biens des vents sauvages assez fréquents dans l'île.

L'île située au sud du tropique du cancer jouit essentiellement d'un climat tropical qui est presque partout rendu agréable par les alizés. La moyenne de température s'élève à 25,5 °C ou 78 °F. L'air ambiant est très humide. La saison sèche va de novembre à avril. Le mois d'août est le plus pluvieux. Mais il ne pleut jamais plus de quarante-huit heures consécutives.

Provinces et villes

Le pays est divisé en 15 provinces : Holguín, Santiago de Cuba, Villa Clara, Granma, Pinar del Rio, Matanzas, Guantanamo, Las Tunas, Sancti Spíritus, Ciego de Avilla, Camagüey, Cienfuegos, La Havane (anciennement Ciudad de La Habana) et depuis le 1er janvier 2011, Artemisa et Mayabeque (découpage de l'ancienne province de La Havane), plus la municipalité spéciale Isla de la Juventud (Île de la Jeunesse) anciennement Isla de Pinos (Île des Pins).

Les principales villes du pays sont :

  • La Habana (capitale)
  • Pinar del Río
  • Varadero
  • Holguín
  • Banes
  • Guantánamo
  • Palma Soriano
  • Trinidad
  • Ciego de Avila
  • Santiago de Cuba
  • Santa Clara
  • Camagüey
  • Baracoa
  • Cienfuegos
  • Bayamo
  • Sancti Spíritus
  • Las Tunas
  • Nueva Gerona
  • Matanzas

Îles cubaines

  1. Cayo Ensenacho
  2. Cayo Guilermo
  3. Cayo Largo
  4. Cayo Romano
  5. Cayo Santa Maria
  6. Cayo Coco

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