Notre entrée en Indonésie est un retour en arrière après la Thaïlande, la Malaisie et Singapour où la modernité et le confort sont allés crescendo. Nous attendions ce retour en arrière, mais quel retour! Sumatra, une des plus grandes îles d'Indonésie, la plus à l'ouest, encore très sauvage et moins peuplée que Java, avec des infrastructures routières à faire déprimer un agent de la DDE. Un parc (automobile) roulant qui ferait le bonheur de tout bon vendeur itinérant en pièces de rechanges sauf un Citroën, vu qu'il n'y en a pas ici ! Une seule ligne de chemin de fer, des voies maritimes sillonnées par des navires très... anciens.

Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, Sumatra compte une centaine de volcans, dont certains en activité.

DSCN4076Nous arrivons à Parapat, petite ville située sur les rives du lac Toba vers 1700m d'altitude. La vanette s'immobilise au milieu d'un marché dans lequel s'entassent pèle mèle les stands de toutes sortes, les déchets des marchés précédents, les flaques d'eau et pleins d'autres choses non définies... Les odeurs nous agressent, les gens nous fixent, visiblement, peu de touristes viennent ici... Les visages des filles sont déconfits, elles refusent de sortir, c'est là que la Mich' a pleuré pour la première fois ! Nous demandons au chauffeur de chercher avec nous (et en roulant) notre hôtel. Un hôtel avec vue sur le lac, une chambre pour cinq avec balcon, salle de bain sans lavabo (le lavage des dents fut épique !) L' eau chaude ne marche pas, à notre demande, la cuisine nous fait bouillir des bassines d'eau pour la toilette. Nous sommes ici devant et dans l'un des plus grand lac cratère du monde, environ 80 km de long par 23 de large et 450 m de profondeur, avec une île au milieu. Il s'est formé voici 100000 ans lors de la méga explosion d'un méga volcan maintenant assoupi.

Sur ses rives, vivaient des tribus Batak, connues dans tout Sumatra pour leur cannibalisme... Les Bataks sont maintenant paisibles mais certains sourires restent effrayants ! Une promenade sur le lac pour rejoindre le village de Tomok sur l'île. Traversée paisible du lac rythmée par les enceintes du bateau hurlant de la musique variée.

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Nous découvrons un petit village qui s'étire le long d'une rue unique. Les toitures ont une forme typique, avec les pignons remontant à chaque extremité. Nous sommes surpris par la quantité d'église et surtout par leurs frontons, ornés de têtes terrifiantes. Repas dans un warung, discussion avec le cuisto qui connait tous nos présidents mais à qui nous apprenons que Mitterand est mort et que François succède à Nicolas...

Nous avons pris du retard sur les cours et la préparation des interros des filles.

Après quelques jours, direction Medan, Micheline, traumatisée par le car de l'aller, nous offrira le voyage en taxi durement négocié. Cette ville d'environ trois millions et demi d'habitants sera une étape sur notre route pour Bukit Lawang.

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Sur place, balade en becake (moto/sidecar baché)(prononcez "béchak"), à la recherche d'un distributeur de notre banque afin d'éviter les frais exhorbitants liés aux retraits. Café dans un centre commercial, achats divers dans un super marché pour tenté de manger quelque chose de non épicé ! Repas du soir (nem, chips, avocat, melon) sur la terrasse de l'hôtel puis direction le lit, demain on se lève tôt.

4h21, réveil en sursaut, quelqu'un est dans ma chambre avec un porte voix et hurle des versets du Coran... Ah! Non!? C'est dehors, les hauts parleurs des quatre minarets de la grande mosquée toute proche...

... C'est à s'y méprendre ! j'aurais juré qu'il était dans ma chambre !

J'avais prévu de nous lever à cinq heure... comme dirait Coluche:" Ben comme ça vous avez même pas à vous lever !"

Indonésie, 260 millions d'habitants, le plus grand pays musulman du monde, j'avais presque oublié.

P'tit dèj'.

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Les sacs aux dos nous rejoignons une artère principale. On s'entasse dans un bémo (fourgonnette avec bancs) déjà bondé, le chauffeur pousse les sacs dans le fond, les gens se serrent sans rien dire. Arrivés dans une gare routière, nous tiendrons bon face aux chauffeurs de minibus voulant nous emmener pour cinq fois plus cher que le bus local. Ils finiront par abdiquer, à dix minutes du bus, sans que l'on ne négocie, pour le même prix (!).

Nous partons dans ce minibus, Laetitia et papa à côté du chauffeur, Micheline, Nana et Pamela au premier rang, juste derrière nous.

Un Indonésien parlant français est du voyage, nous ne croyons pas au hasard. Un homme nous a proposé un trek avec un guide parlant français et s'appelant Jhonny, hier à l'hôtel. Nous avons refusé. L'homme dans le bus porte justement ce nom là !

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Il est sympathique et nous conseille une maison d'hôtes (que nous avions déjà retenu !). Il nous y guidera en becake puis à pied empruntant un pont de singe, dont le village, coupé en deux par une large rivière, est truffé. 

Jhonny reviendra nous voir un peu plus tard cet après midi, pour nous présenter "son" trek, puisqu'il est guide et nous le proposer.

Nous acceptons et décidons de partir pour deux jours une nuit de trek, dès demain matin, à la découverte des hôtes de la fôret.