Vol sans encombre, les masses d’air nous chahutent un peu sur la fin du parcours, l’approche est mouvementée et l’atterrissage un peu brusque avec fort vent latéral.

Ouf ! Nous posons le pied sur ce nouveau pays, en territoire Maori, dès l'aéroport, nous voyons l'importance de cette culture et que ses différences font partie du quotidien. Tout de suite, ce qui nous frappe, c'est que la culture tribale des natifs, contrairement à l'Australie, est mise en avant. La culture Maori est aimée, respectée, magnifiée. Le monde entier connait, que l’on soit fan de rugby ou non, le Haka pratiqué par l'équipe nationale Néo-Zélandaise au début de chaque match. Il s'agit d'un Haka taparahi (sans armes). Culturellement, le Haka était pratiqué dans beaucoup de circonstances, de l'accueil amical lors de fêtes ou cérémonies jusqu'au défi qu'il pouvait évoquer avant combats ou batailles...

 

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Après avoir récupéré nos sacs et passé la douane, on cherche un moyen de transport pour rejoindre Auckland à quelques kilomètres. Nous n'hésiterons pas longtemps entre le taxi hors de prix et le shuttle (minibus Toyota assurant la navette aller/retour) coutant à peine plus cher qu'un aller simple en taxi, avec dépose et "ramassage" personnalisé (heure prévue ensemble à l'avance) à notre hôtel. Cela faisant longtemps que nous n'avions pas pris de transport en commun de ce type, en plus conduit à vive allure par un Asiatique...

Nous avons choisi le YHA d'Auckland, deux chambres avec grands lits... Ce soir on mange à côté de l'hôtel, deux pizzas géantes et un soda de couleur noire !

 

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Le lendemain nous déambulons dans cette ville toute en montée et descente. L'air est frais, pour nous froid, mais les gens semblent moins souffrir que nous de ces basses températures, j'en veux pour preuve la généralisation des vêtements portés très courts... Il est agréable de se promener en ville, originalité ; On peut traverser les carrefours en diagonale ! Nana adore !

Location d'une voiture, elle n'est ni belle, ni récente mais confortable et bon marché (cinq fois moins chère qu’une neuve chez un grand loueur, 62 $ N.Z au lieu de 348 $ N.Z.  !) avec un coffre suffisant pour nos quatre sacs à dos. Une fois de plus, les prix sont calqués sur ceux de l'Australie et tout nous parait cher.

Le pays, l'un des plus au Sud du globe, se compose de deux îles principales (celle du Nord et celle du Sud) et de quelques autres plus petites (voir la fiche pratique éditer précédemment). Nous sommes sur celle du Nord et n'y passerons que cinq jours avant de repartir. Autant dire que le choix des points d’intérêts est important et le calcul de notre parcours tout autant. On choisit donc quelques étapes intéressantes, toutes ont rapport avec le sous-sol. Quel contraste avec le pays précédent, celui-ci est torturé par les poussées des plaques tectoniques, hautes montagnes et glaciers sur l’île du Sud, volcans, actifs ou non, et curiosités géologiques en tout genre nous attendent sur l’île du Nord. Ça faisait longtemps.

Au matin, de bonne heure, nous chargeons notre barda dans le coffre, on y va ! On se perd, puis Nana retrouve finalement la bonne route (encore une similitude avec l’Australie), beaucoup de monde sur la highway, peu à peu la route perd en largeur pas en nombre de véhicules. La première impression, hormis que tout est vallonné, c’est que c’est très vert ici, sauf le ciel désespérément gris. Depuis notre arrivée la pluie nous suit, par moment un bout de soleil apparait mais la fraicheur est constante, nous ne quitterons pas les polaires. Quel dommage de ne pas rester plus longtemps et en découvrir davantage sur ce pays.

Il nous est apparu que les points d’intérêt, pour nous les plus importants, sont tous situés dans l’île du Sud et à refaire, nous prendrions un avion pour Wellington plutôt que Auckland. Les glaciers, les fiords avec les dauphins au milieu et les baleines c’est là-bas ! Quand on sait pas.

 

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Les kilomètres défilent sans nous procurer de réelles surprises. On se croit chez nous, on a même cru se promener un moment du côté des « terres froides » près de Saint Etienne de St Geoirs. Seules les vaches y étaient différentes, noires et/ou marron, point de bœufs tout blancs…

 

 

La première destination du parcours d’aujourd’hui ; Wirakei et ses terrasses de silice. Plus on approche du but, plus on voit de fumées (vapeur) sortir de n’importe où dans la campagne. Au milieu d’un champ, des sapins etc…

Tout à coup, sur le côté de la route, des gros tuyaux en inox pourrissent le paysage et vont vers ce qui ressemble à une centrale électrique. Ils conduisent la vapeur d’eau et l’eau des geysers, venant des entrailles de la terre vers des turbines ou autre équipement barbare afin de fabriquer de l’électricité (centrale électrique hydrothermique). En tout cas c’est ce que nous supposons, parce que si tout ce fatras n’est là que pour faire cuire des œufs durs, c’est disproportionné !

Ça y est, c’est là, on paye notre éco, traversons un bâtiment et ressortons dans ce qui ressemble à un jardin avec un chemin bordé de petites barrières en bois. Nous suivons scrupuleusement le sens de circulation et arrivons à un geyser en dessous duquel les terrasses de silice se sont formées. Partout des panneaux nous avertissent de la température de l’eau (100°C), celle-ci arrive chargée de silicate de chaux qui se dépose peu à peu au rythme de son évaporation. Malheureusement souvent caché par un épais brouillard qu’il crée lui-même, l’ensemble devient magnifique lorsqu’un coup de vent ami le dégage à nos yeux. Pour un peu qu’un coin de ciel bleu se dévoile au même moment, le blanc de la silice n’en ressort que davantage.

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On casse-croûte rapidement dans la voiture, la pluie a décidé de nous embêter aujourd’hui !

Pas grave, direction la deuxième étape Nord Néo-Zélandaise ; Rotorua. C’est non loin de cette petite ville toute plate que se trouve le Parc National de « la merveille thermale de Wai-o-Tapu ». Ici encore, le chemin est balisé. Les risques pour les visiteurs sont multiples et réels. La chaleur de l’eau et de la boue, les vapeurs dégagées les crevasses… Trois circuits nous sont proposés, nous choisirons le plus grand, c’est pas un trek, c’est de la balade ! Trois kilomètres, c’est de la balade.

 

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Ça commence avec des trous pleins de vapeurs de soufre, c’est largement moins impressionnant que le Kawa Itjen (vous savez de quoi on parle !? sinon, voir l’article correspondant en Indonésie…), mais c’est pas mal. Notre visite va nous faire passer au milieu d’un spectacle naturel allant de la désolation à l’émerveillement. La chaleur, les gaz, les boues ont transformé cet endroit, qui, au départ semblait être une forêt. Des crevasses d’abord, des fumerolles de soufre ensuite puis des étendues d’eau piégeuses. Piégeuses car belles mais avec une eau à cent degrés avec parfois certains acides et poisons. Les couleurs du sol, très différentes, sont l’expression naturelle de ce qui le compose. Jaune pour le soufre bien sûr et blanc pour la silice. Ces deux-là, on les connaissait déjà, le noir pour le carbone, et le rouge/brun pour l’oxyde de fer, c’était facile. Le manganèse nous offre du violet, à côté du orange de l’antimoine (élément chimique) et du vert de l’arsenic (ceux-là, on savait pas !) cela nous fait une belle palette de couleurs.

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Je crois que ce qui nous surprendra le plus, c’est la Trentepohlia, cette mousse de la famille des algues vertes (!), a une étonnante particularité (non on ne peut pas le boire sylvie). Au lieu de verdir comme la chlorophylle en présence du soleil, elle devient orange donnant cette couleur à tous les végétaux sur lesquels elle pousse. L’éclat de cette teinte tangerine donne une luminosité qui nous a fait, plusieurs fois, croire qu’un rayon de soleil traversait les arbustes orangés.

 

Nous allons déambuler ainsi pendant une heure quinze environ, au milieu des cratères et piscines naturelles. Au rythme des noms plus ou moins originaux mais toujours poétiques attribués : la piscine de Champagne, les encriers du diable, les chutes du voile de mariée...

 

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Nous reprenons la voiture jusqu’à une grande étendue de boue bouillonnante, le spectacle nous fait parfois penser à une immense mousse au chocolat, avec des bulles et explosions en plus. On en mangerait.

 

 

 

On repart prestement pour rejoindre Mourea (rien à voir avec la belle île Polynésienne), petite bourgade au Nord de Rotorua pour aller y prendre un bain de boue familiale dans un établissement thermal. On se perd. En questionnant une femme à la sortie d’un petit magasin, elle nous invite à la suivre, elle habite justement à côté. Une fois sur place, c’est la déception, il faut compter quatre-vingt-dix dollars Néo-Zélandais par personne. Trois cent soixante dollars pour toute la famille, vous avez bien compté. Budget prévisionnel explosé. On ne le fera pas. Nana est désespérée. La promesse de lui trouver une belle flaque de boue en Polynésie et de la rouler dedans n’a pas l’air de la satisfaire. Il parait que ce n’est pas pareil ! (?)

On dort au YHA de Rotorua, des petits bâtiments d’un ou deux étages, un patio pour rejoindre la cuisine. Une chambre famille avec quatre lits simples (en fait un dortoir de quatre !), Wifi offerte, le bonheur quoi !

 

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Au matin, c’est le soleil qui nous accompagne sur une partie de notre route du retour vers Auckland. On traverse cette ville qui sent le soufre. Olivier nous trouve un endroit sympas pour une pause pique-nique au milieu des moutons, vaches et aigles… (NON, je ne parlerai pas des lamas aperçus, c’est jamais que des moutons à grandes pattes. Pas de quoi en faire un fromage !) … par contre Nana a loupé toutes ses photos d’aigle ! Je sais, ça n’a rien à voir, c’est juste pour dire.

Les quelques centaines de kilomètres que nous avons parcouru nous ont permis de comprendre pourquoi le symbole du pays est la fougère…

Il y en a partout, pas n’importe quelles fougères, des fougères arborescentes, qui arrivent à atteindre de belles tailles, à faire des bosquets, des forêts. Par contre, le fameux Kiwi, cette espèce de petit pingouin (canard donc !) courbé avec des plumes ressemblant à des poils, on ne comprend pas pourquoi ils en parlent tant, on n’en a pas vu un !

Un stop chez un marchand de fraises (c’est la saison ici) pour en acheter trois barquettes en bord de route puis arrivée à Auckland. Nous profitons de la voiture pour aller tout en haut du mont Eden pour une vue panoramique sur la ville (avec table d'orientation mondiale) et le célèbre et mythique, stade de rugby « l’Eden Parc » (mon esprit patriote et chauvin pourrait me faire dire que le rugby à quinze ne se joue pas à seize (!) surtout en finale de coupe du monde, mais le Fair-Play naturel et légendaire qui me caractérise m’interdira de le faire !) (Ça, c’est fait). Par contre, impossible d’aller assister à un match ou même un entrainement, ça n’est pas la saison. Et lorsqu'on me dit que les joueurs (hall Black's) sont tous dans des clubs français, je conclus: "pour apprendre, donc". Je reste persuadé que les joueurs en noir ont eu peur de ma volonté d’une photo de moi et mon drapeau tricolore avec eux.

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Nous décidons ensuite d’aller au National Museum situé dans un grand parc de la ville, pour y voir une belle collection sur l’Art Maori de l’ensemble du pacifique et nos seuls Kiwi de Nouvelle Zélande, empaillés, morts donc ! On se perd. Après cette intéressante et culturelle visite, nous rendons notre voiture au loueur. Ce soir, les Red Hot Chili Pepper’s jouent dans une grande salle de spectacle toute proche. Plus de places disponibles officiellement, au marché noir peut être mais on ne creusera pas plus le sujet. Dommage, après la Full Moon Party de Ko Pha Ngan, aller à un concert de Rock tous les quatre nous faisait envie ! On a beaucoup pensé à toi Sonia !

Dernière nuit à Auckland. Matinée suivante dédiée à visiter les boutiques pour s’acheter quelques babioles. Les filles vont arriver à me faire entrer dans la boutique officielle des Hall Black pour s’acheter un souvenir. Le vendeur ne comprendra pas pourquoi je lui demande « Have you a French flag ? » « Avez-vous un drapeau Français ? ». Provocateur moi ? En tout cas, il n’en avait pas… mesquin.

Nous finirons cette balade sur le port. Face au quai, sur un piédestal, trône fièrement le « New-Zealand », bateau vainqueur de la dernière America’s-Cup. En revanche, pas la moindre trace du Raimbow Warrior ! Quel nombrilisme !

A l’heure prévue, le Shuttle nous prend à l’Hôtel et nous emmène à l’aéroport.

Les problèmes rencontrés avec nos billets d’avion au départ de Sydney vont continuer ici. Lorsque Nana avait réservé nos places pour le vol vers Papeete depuis l’Australie, elle avait programmé un multi-stop et Auckland était une escale de quelques jours (pas assez) pour nous. Nos noms et prénoms sont donc toujours inversés. La compagnie assurant le vol, Air Tahiti Nui déclare ne rien pouvoir faire, nos billets sont au pire perdus, au mieux nous ne pouvons pas embarquer dans l’avion d’aujourd’hui ! La responsable des hôtesses nous renvoie vers Air New Zealand pour rectifier nos billets (nous étions parmi les premiers de la file d’attente). Le responsable de la compagnie Néo-Zélandaise ne pourra rien faire pour nous et ira voir son homologue, une française, au départ revêche puis se ressaisissant plutôt sympathique. Le temps a passé et nous sommes finalement les derniers à faire peser nos bagages. A tel point qu’une hôtesse devra prendre un charriot pour les acheminer à l’avion, les tapis roulants sont arrêtés !

On passe finalement la douane en doublant les files d’attente en expliquant dans différentes langues que notre avion est à l’embarquement et que nous sommes appelés nommément par les hauts parleurs. Pas de fouille pour moi ici, j’avais enlevé ceinture et menue monnaie de mes poches. Par contre, Nana a éveillé les soupçons et a dû passer au scanner…

On file rapidement au milieu des boutiques de Dutty free où nous achetons quelques bouteilles de vin Néo-Zélandais. Il est bon, ce sont des cépages Français !

Nous arrivons enfin à la porte d’embarquement, retrouvons des gens que nous avions doublé à la douane (!) et sommes rejoints par la responsable des hôtesses, la française de tout à l’heure… « Ah, Monsieur POU, il y a un problème avec votre bagage, un objet suspect, pouvez-vous me confier la clef du cadenas et me permettre de l’ouvrir s’il vous plait ? » j’accepte, après description partielle et le nom sur le ‘’sac à sac’’, je sais ce que c’est ! Ma bombe anti moustiques…

… On va devoir attendre son retour avec notre clef, pour monter à bord. Nous sommes réellement les derniers, la porte de l’avion est fermée juste après nous ! Les passagers déjà en place depuis longtemps nous accueillent sous les « vivas » que vous imaginez et je ne manque pas de les saluer bien sûr !

 

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Le décollage est annoncé, après ce froid et ce gris, direction la chaleur et le bleu, direction Tahiti.