Andalousie  nous  voilà !

 

Andalusia en espagnol, vient très probablement du latin (populaire) « Vandalucia », « terre des Vandales » (on en a parlé à Tolède déjà, faut suivre un peu !) et  peut-être  aussi de l'arabisation (al-Andalus)  de la désignation wisigothique de l'Espagne : « *landa-hlauts ».

Les collines se couvrent d’oliviers, de centaines, de milliers d’oliviers. A perte de vue, alignés au cordeau, les arbres de vie monopolisent l’espace. Il faut dire que l’Espagne est le premier pays producteur d’olives au monde et possède plus de trois cent dix millions d’oliviers cultivés… Le vert contraste avec l’ocre jaune ou le rouge des terres. Tout simplement magnifique.

 

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Nous arrivons enfin à notre prochaine étape, Pedro Abad, situé entre Cordoba et Andujar, minuscule village blanc, comme une ile au milieu de l’océan oléicole.

Une étape, ici encore, particulière pour nous. En effet, après Armando, nous visiterons ici, le village de Carmen (la maman), ainsi les racines Espagnoles seront tracées pour nos jumelles Barcelonaises…

Deux chambres contiguës dans un petit hôtel familial, simple, avec une nourriture du même acabit, un service chaleureux… Après la route de cette journée, nous sommes fourbus, nous profitons de la climatisation de nos chambres pour un moment de détente.

Nous ressortons vers vingt heures, l’air est tellement chaud qu’on dirait qu’il a du mal à rester gazeux et peine presque à entrer dans nos poumons. De plus, cette chape de chaleur s’appuie sur nos épaules…

Les petites ruelles commencent à se réveiller, ben ouais, la température de  la journée redescend (!).

On va acheter des pipas, graines de tournesol et autre pop-corn pour grignoter tout ça sur la murette de la place où Nana le faisait enfant… Les gamins du village nous regardent comme des extras terrestres, l’air de dire « qui sont ces étrangers qui font comme nous ? ». Le moment est sympas, mais tout ça donne soif, vivement l’apéro !

Petites maisons blanches, barreaudages noirs, nettoyés de près, les trottoirs brillent presque, apparemment la limpieza (le nettoyage) est le sport local !

 

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La nuit a été réparatrice, on est bien, à neuf heures, il fait déjà vingt-cinq degrés.

On traverse la rue, les tables en fer nous attendent sur le trottoir d’en face pour le desayuno (p’tit dej’).

Le serveur de la veille nous chouchoute, insiste pour assembler deux tables afin d’être mieux installé.

Ce matin-là, un déclic va transformer nos habitudes culinaires pour le reste du voyage. En effet, il nous propose l’incontournable « pan con tomate » (pain avec tomate), que l’on rencontre également en accompagnement des tapas, pour remplacer notre délicieux « pain beurre » bien franchouillard…

On vous apporte de grandes tranches de pain toasté avec des tomates moulinées que l’on étale dessus, un filet d’huile d’olive... On a pris l’option jamon pays (jambon  de pays) pour la troisième couche des fois qu’ça manque !

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Après ça, on charge la voiture pour partir dans la campagne environnante, nous resterons plusieurs heures à déambuler comme  ça dans les campos d’olivos, s’arrêtant fréquemment pour des photos entre oliviers et figuiers de barbarie. L’air est doux, un enivrant parfum d’olives, d’huile d’olive flotte partout. On comprend pourquoi lorsque l’on aperçoit un bac de rétention des déchets d’après pression (noyaux, peaux et reste de pulpe concassés), ses dimensions sont impressionnantes. On finira, après s’être volontairement perdu au milieu des plantations immenses, dans la coopérative de Bujalance (une des rares appellations d’origine contrôlée d’huile Espagnole). L’accueil et sympas,  on achète de l’huile (bin tient, entre les vêtements, les chaussures et les produits « d’entretien » de mes trois nénettes, y reste tellement de place dans le coffre!) (On voit que les sacs, pour ce coup-là, ne sont pas sur les dos !), j’ai un coup de foudre pour une boite de cinq kilos d’olives farcies aux anchois, je fais mon caprice et Nana accepte…

En fin de matinée (13.00h) (oui, on est passé aux heures Espagnoles), on arrive à Cordoba (Cordoue), la magnifique, l’enivrante Cordoue, avec sa Juderia (Juiverie, quartier juif quoi), ses ruelles minuscules et tortueuses...

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l’accueil à l’hostal est, une fois de plus super (finalement, y sont pas si rudes ces Ibères !)(J’dis c’que j’veux, c’est moi qu’écrit !), et après avoir pris possession de notre chambre, on se met en recherche d’un restau’ (ça fait quand même  quatre heures qu’on a rien avalé…), je demande à l’hôtelier où manger un bon « cocido » (plat populaire fait de pois chiches, chorizo, patates et tout et tout…). Il nous indique un  petit restaurant un peu plus loin. L’homme à l’entrée est prévenu, on est venu pour ça, Nana en a envie et malgré sa grande taille, comme moi, il convient que ce sont ces dames qui commandent à la maison…

Point de cocido dans cet établissement à l’andalouse déco charmeuse, mais l’homme nous propose un plat fait par sa belle-mère, una habichuela… (Plat populaire fait de patates, chorizo, haricots blancs et tout et tout…) On y va. On prend un gaspacho pour commencer, excellent, suivi du dit-plat…

… les autres tables nous envies, on le sent, ce plat n’est pas sur la carte, mais d’autres personnes vont en commander…

Petite sieste réparatrice, suivie d’une promenade dans les ruelles et sur le pont romain (dix-sept arches) traversant le Guadalquivir (« grande rivière » en  arabe « oued al Kabir » à l’origine !).

Diner, pas trop tard pour une fois, on est pressé, nous avons réservé notre soirée au hammam à 22h, avec massage pour tout le monde… Un délice, la douce chaleur, le calme feutré, le parfum des huiles de massage, finalement tout ça est exténuant, vite au  lit !

Levé de bonne heure, el desayuno se fera après, là on va  visiter la Mezquita (mosquée en Espagnol), en effet, avant  l’ouverture aux hordes de touristes, l’entrée est gratuite durant une heure en tout début de matinée. Au-delà du prix de l’entrée économisé, la Mezquita presque vide n’est pas la même lorsqu’elle est pleine d’Allemands et autres Asiatiques…

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La mosquée-cathédrale de Cordoue, également connue sous son ancien nom de grande mosquée de Cordoue (Mezquita de Córdoba), est un ancien temple romain qui devint église puis mosquée, et dans laquelle fut ensuite érigée une cathédrale. C'est un monument majeur de l'architecture islamique, témoin de la présence musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle. Ce n’est qu’avec la « Reconquista » que le cœur de la mosquée fut détruit pour être remplacé par…  Une cathédrale. Convertie en église au XIIIe siècle,  les  offices  religieux  y sont maintenant célébrés quotidiennement.

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L’ensemble magnifique est d’ailleurs classé au patrimoine mondial de l’humanité. La ville est toute comme ça, alternant les styles arabes, européens et surement plein d’autres, mais on sait pas tout… En tout cas, incontournable.