Nous partîmes cinq, sans ou peu d'confort,

et nos mines furent flétries arrivant à bon port !

 

 

Le choix est fait de s’arrêter au premier Paladar sur l'autoroute, le suivant se trouve à cinquante ou soixante kilomètres, soit une heure et quart à peu près ! Il est treize heure et tout le monde à faim !

On s'immobilise sur le terre plein central afin de pouvoir traverser l'autoroute !

Ben ouais, le resto est de l'aut' côté !

Deux tables, menu unique, porc, riz frijoles (fayots noirs), concombre chauds au vinaigre (ça c'est  plutôt pas très bon) et quelques morceaux de manioc fondant ! De l'eau du robinet congelée ! Nouvelle discussion sur ce sujet, avec diplomatie, j'explique à Bayron que nous sommes tellement habitué aux eaux traitées que nous avons moins de défenses que lui. Il me répond que c'est normal, eux boivent l'eau des animaux...

nos intestins résistent bien, on remet ça !

ET là.... c'est le drame...

Trois d'entre nous vont passer trente six heures très compliquées, le cerveau aillant abandonné toute tentative de gestion, son pouvoir, remplacé manu militari suite à un putch mené par le petit et le grand côlon (en même temps, on est sur des terres révolutionnaires !) par discrétion, je ne dirais pas QUI, mais pour une fois Nana va bien !

Le drame heureusement n’arrivera qu'à Vinales (prononcez : vignalesse), après avoir trouvé notre maison (pas celle prévue au départ, bien entendu !!!), j'avais tout prévu dans la boite à médocs, y compris la ré-hydratation... Ceci dit, ça fait trois jours que ça dure, le stock baisse dangereusement et ce n'est pas vraiment fini...

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Notre maison d’hôte est charmante, une grande chambre avec salle de bains, une terrasse ombragée face aux mogotes, tout comme on voulait...

deux jours de repos plus ou moins forcées (de toute façon, on avait choisi de se poser un peu ici), la ville est formée d'une rue principale, très vite nous prenons nos habitudes, un resto bar sympas devient notre Q.G et Jean Pierre, le patron en est ravi. Non non, c'est un Cubain d'origine. On sympathise avec l'ensemble du personnel qui est aux petits soins pour nous.

Vinales, c'est Cuba profond, Cuba symbole. Le meilleur cigare du monde est Cubain, le meilleur tabac Cubain est de Vinales ! C'est peu dire.

En plus, esthétiquement, cette région a été gâtée. Beaucoup de verdure, bien sûr, une terre rouge magnifique, et les mogotes (prononcez : mogotesse). Des monticules, des collines de calcaire recouverts d'une végétation luxuriante et formant presque des pains de sucre. Ça vous rappel quelque chose ? À nous aussi,  la baie d'Along et Ninh Binh au Vietnam.

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Afin de profiter au mieux de ce décor incroyable, nous choisissons, une fois de plus et dans l'hystérie que vous imaginez, de faire une nouvelle excursion de quatre heures à cheval. Ici, rappelons que c'est le transport local le plus utilisé.

Après avoir rejoint notre guide, nous traversons, accompagné d'un couple de jeunes Allemands (la population étrangère la plus représenté pendant notre séjour) quelques champs où pessent paisiblement, chevaux en liberté, bœufs et cochons.

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Perception des montures, réglages des étriers (nota : ici, grâce à la forme anguleuse des étriers, en le tournant d'un quart de tour on répond a peu près à toutes les longueurs et surtout, le réglage n'est pas prise de tête!).

On part, mon cheval a des velléités de chef, j'apprécie et d'un coup de talons et quelques uns de sabots, nous prenons la tête du groupe.

La campagne s'éveille, les paysages changent un peu, nous découvrons ici des caféiers et nous reconnaissons des avocatiers et autre pieds de manioc. Toujours de petits hameaux isolés, toujours le même romantisme des images du temps passé, pourtant tellement actuelles ici. Nous empruntons un chemin qui va se dégrader très très vite. L'humidité, la pluie des derniers jours les a rendu impraticables. Une épaisseur d'au moins quarante centimètres d'une boue plus ou moins épaisse et dense recouvre tout, les jambes des chevaux disparaissent dans l'épaisseur rouge. On sent nos montures inquiètes, sous la boue, un caillou non décelé fait trébucher le cheval et rester en place relève parfois de l'exploit ! La progression est lente les chevaux peines à sortir leurs jambes et des bruits de succion et des floc floc ont remplacé les claquements familiers. Le calvaire de nos montures va durer une bonne demie-heure. On reprend un terrain ferme et sûr.

Premier arrêt, au pied d'un mogotes que nous allons visités dans ses entrailles grâce à une grotte qui le traverse de part en part. Ouaip!bof ! Plus beau dehors que dedans ! Ça, c'est fait. En plus, les asiatiques sont plus imaginatifs pour trouver des formes d'animaux ou d'humains dans les formes rocheuses souterraines...

nous voilà repartis, les deux dingues se lancent le plus souvent possible dans des galops effrénés au grand désespoir de notre guide qui parfois part derrière et devra finalement conclure qu'elles maîtrisent complètement leur sujet.

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Nouveau stop, depuis longtemps on voulait voir ça, un séchoir à tabac, avec démonstration de roulage de cigares et... dégustation !

On nous explique bien tout, je saurais pas le refaire mais c'est intéressant, la souplesse des feuilles marinées (oui oui!) est surprenante. Après un long temps de séchage, les feuilles sont misent à mariner, au choix, dans un mélange d'eau, de miel, café, orange, cannelle, rhum ou ce que l'on veut d'autre afin de leur donner un goût particulier et leur redonner de la souplesse avant roulage qui les transformera en cigare...

Nouveau bain de boue équin, on rejoint notre maison.

Lendemain plage pour l'anniv' de Nana. tout est dit ici:

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Notre maison, située le long d'une route plutôt passante, nous permet d'assister aux migrations pendulaires. Les écoliers avec ou sans les mamans, en uniformes suivant l'age et donc le niveau, les travailleurs, etc. Et tout ce petit monde avec chevaux, charrettes, tracteurs sans oublier les vieilles guimbardes. Les bruits et les odeurs, on n'en a encore pas parlé. On sait ce pays en retard économiquement, l'environnement l'est tout autant, à en faire tomber les dents de Ségolène. En effet, les voitures et camions anciens polluent à l'ancienne, à tel point qu'on a l'impression qu'ils fonctionnent au charbon pour la fumée mais avancent à la bouteille de plastique brûlé pour l'odeur. La bouteille de plastique se recycle sans problème ici, en premier lieu comme combustible ! Pour faire la cuisine ou le café notamment. La cuisine se fait également au fioul, l'odeur est forte et bien prise de tête. Les moteurs anciens sont bruyants,toujours à l'ancienne et beaucoup d'échappements, eux, on rendus l'âme devant tant de travail. C'est une vrai surprise, car ici, notamment hors de La Havane, on est à la campagne ! On a parlé des chevaux, charrettes etc... mais les travaux des champs se font avec des bœufs énormes, les charrues de transport de matériaux aussi ! En faisant du charrue stop avec Lætitia, Jésus (Nan, un autre, le proprio de la charrette et des bêtes!), nous à confié qu'il pouvait charger jusqu'à deux livres et demie de sable sans problème (oui, ici on parle en livre et non pas en kilos!). Un laboureur nous disait avoir le pilotage automatique, en effet, on l'a vu creuser ses sillons en menant ses bœufs à la voix. En fait, on pourrait mécaniser d'avantage les travaux des champs en appelant le tracteur d'état. Mais il met tellement de temps à venir qu'il est toujours en retard par rapport à la saison...

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... le temps passe vite en effet, nous retournons sur La Havane demain, puis retour...