Nous avons pris nos repères à Bukit Lawang et nous nous y sentons bien.

On avance sur les cours et l'ambiance autour de nous est sympas, jovial et décontractée. Tous les soir, des locaux jouent de la guitare accompagnés de tam tam autour de quelques bières. Certaines reprises son désastreuses, d'autres plutôt bien réalisées.

Samedi soir. Jhonny nous sort, direction le bar musical du village, quinze minutes de marche, sur un pont de singe branlant, dans le noir, empruntant des chemins hasardeux et évitant la boue et autres flaques d'eau.  Heureusement que Nana n'a pas mis ses chaussures à talons (où sont elles dailleurs?). Nous arrivons dans un bar où un groupe de quatre musiciens jouent "in vivo" des airs de Rock, Reggae, pop...

Jhonny nous installe à une table, apporte des Bintang grand modèle (bière Indonésienne ou Malaisienne, je ne sais plus, 65cl), ce soir c'est la fête ! Après un ou deux morceaux, le chanteur m'interpelle pour que je vienne interpréter un morceau à sa place. Je me lève, regarde ses partitions mais aucun air connu pour moi n'apparaît. Je lui demande quelque chose en français, non. En Espagnol alors ? Deux morceaux pas plus, mais il n'a pas les paroles... Le guitariste me dit qu'il connait un air français et le gratte sur son instrument. Je reconnais "Aline" de Christophe et je me lance, Nana et Micheline prennent l'autre micro, mes deux choristes mettent le feu, tant mieux, je me sens moins seul. Notre interprétation fait succès et nous rions beaucoup... Le morceau fini, le malicieux guitariste entame "La bamba", je ne peux résister à l'appel ibérique et me lance dans une interprétation rock'n'roll, sans les paroles sous les yeux mais finalement je m'en souvenais plutôt bien... ... Puis "Corason espinado" de Carlos Santana en duo avec un Mexicain qui enchainera sur un succès Indonésien...

Gros délire dans la salle, les gens dancent et nous rions de bon coeur avec les habitués de l'endroit. Pour finir la soirée, nous allons à la discothèque (si si !) les filles font fureur (les grandes !). La fin de la soirée sera sur le même tempo, très sympas. On décide de rentrer, Jhonny toujours aussi prévenant nous raccompagne, il n'est pas loin de 2h00. Merci Jhonny pour cette belle soirée.

Dimanche, levés de bonne heure, nous sommes les premiers à attendre pour traverser la rivière avec une barque et un système ingénieux de cordes pour en assurer les déplacements grâce au courant. Ce matin, nous allons au centre de réhabilitation des Orangs Outans, le seul sur Sumatra, un autre existe à Bornéo. Leurs rôles, recueillir des Orangs Outans, bléssés, mal traités etc... Afin de les soigner et de les aider dans leur retour à la vie sauvage... Mina en faisait partie. Une maman et son bébé viendront au rendez vous, lait dans un seau, régimes de bananes. Disputes avec les macaques, visiblement impressionnés par la mère et faisant peu cas des grimaces du petit qui tente, lui aussi de leur faire peur depuis le dos de sa puissante maman... Retour, petit dèj' au dessus du fleuve où les enfants se jettent à l'eau.

Lundi, on se décide à partir pour Medan afin d'y prendre l'avion pour Jakarta. De Medan, il faut compter trois jours et trois nuits de voyage en car, dans les conditions que l'on connait. La route maritime depuis le port le plus proche de cette même ville est un peu plus confortable mais le temps de voyage est identique. D'où notre choix aérien, malgrès l'écart dans notre budget. On mange une dernière fois avec Jhonny, nous chargeons notre bardas sur deux becakes et Jhonny complète la caravane avec sa moto afin de transporter Micheline.

Un mini bus à un tarif local (et non touriste donc !). Embrassades avec Jhonny, visiblement ému.

Route sans encombre (pas plus que dab' quoi !). Arrivée mouvementée à la gare routière de Medan où la mafia locale tentera en vain de nous extorquer vingt fois le prix de la course pour rejoindre l'aéroport. Nous hélons un taxi, y enfournons nos sacs et nous rapidement et partons de cet endroit peu fréquentable.

Le vol se passe bien malgrè les genoux dans les dents (il s'agit de nos genoux dans nos propres dents bien sur!). Arrivée à Jakarta à 23h30 environ, un taxi, pas de bouchon. Notre hôtel nous attends, deux chambres, douches à l'eau froide pour les filles, à l'eau chaude pour moi, elle tarde tellement à venir !

Lendemain matin, retrait d'argent. Nous nous mettons en route à la recherche d'une gare pour y réserver nos billets de train pour la suite de l'aventure. Pour nos esprits occidentaux, tout parait compliqué ici, les gares ne permettent de réserver les places que dans les trains qui y passent. Suivant la catégorie (classe) du train, il ne part pas du même endroit et ne dessert pas les même gares. La classe la plus basse n'est pas mélangée aux deux autres. Pour réserver un billet de train (ou de bateau) on ne vous parle pas d'horaires mais on vous donne les noms des trains afin de choisir...

Nous finissons par réserver cinq  billets pour Bandung, ville étape pour aller voir les geyser de Garut et savourer ses sources chaudes dans les jacuzzis nombreux à cet endroit !

... Départ demain 20h30 ! Tout est complet partout et nous n'avons pas d'autre choix que ce train là ou attendre... Une fois de plus, nous nous déplaçons durant un week-end prolongé. Pour cette fois, il s'agit du nouvel an musulman et les Jakartanais sortent par millions de la capitale.

Nous sortons de la gare et nous nous promenons dans le parc du Monas (Monument National) et y admirons un obélisque de 130 mètres de haut avec flamme en or de 30 kg à son sommet !

Puis un taxi de la compagnie blue bird, les moins chers et surtout travaillant avec le taximètre. Pas de négo prix, ça repose un peu ! Nous lui demandons de nous déposer au vieux port. C'est là, sur un quai de un kilomètre de long, que les Bugis (bateaux en bois de construction traditionnelle) sont encore chargés à dos d'hommes.

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Jakarta, c'est environ vingt cinq millions d'habitants (pour donner une échelle, c'est l'équivalent de la population australienne), le plus grand port d'Indonésie (le deuxième d'Asie après Singapour) et une pauvreté omniprésente. Impressionnante. On passe devant un batiment pronant fièrement et officiellement les valeurs de l'intégrisme. Nous rejoignons enfin, un quartier plus "fréquentable". Mais l'est-il vraiment ? Une gare, celle d'où partent les trains de classe économique. Je comprend mieux, les gens sur les quais sont... ... différents, et on ne les mélange pas avec ceux des deux autres classes !

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Nous déambulons dans ce cloaque, des canaux nauséabonds coupent ou longent parfois notre chemin. Repoussantes visions, affreuse saleté omniprésente, étouffante pollution, terribles odeurs qui nous dérangent. On réalise que des gens vivent là toute leur vie ! Terrible. Des voitures, des tuktuks, des motos par dizaines, centaines, milliers. ça grouille dans tous les sens, des vendeurs, des enfants qui jouent et rient, des warungs, des vieillards pliés en deux que personne ne regarde, des gens préssés de classes sociales visiblement basses. Chacun d'entre eux nous offre pourtant un sourire en échange d'un "selamat siang" (bon après midi) que nous adressons ou d'un simple sourire. Toute cette misère, que nous prenons en pleine figure, qui nous choque masque un temps le fait que les gens paraissent heureux. ça chante, ça rigole, il y a des regards sympathiques. Puis un temple Chinois au fond de la cour d'une école dans laquelle des enfants font une partie de foot, une église...

La pollution, le concert de klaxons, le brouhaha assourdissant et toute cette frénésie autour de nous, nous décidons de  rentrer à l'hôtel pour prendre une bonne douche. En cet fin d'après midi, c'est l'heure de pointe et trouver un taxi vide relève du miracle. Nous y arrivons finalement et rentrons enfin, malheureusement sans rien voir de tout ce que nous voulions visiter du à la complexité de la ville.

Traumatisés de la veille nous préférons passer la journée dans un restaurant avec wifi en attendant l'heure de notre train.

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Nous prenons place dans le wagon classe bisnis. Sièges en véritable peau de skaï, dossiers inclinables dans un sens ou dans l'autre afin d'inverser le sens du siège, et ventilateurs au plafond. La classe quoi ! C'est partit pour quatre heures de voyage. Heureusement, notre chambre pour cinq est résèrvée dans un hôtel près de la gare.

 

 

 

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Arrivée à minuit, pas de chambre prévue pour nous ! Discussion, le ton monte un peu, on ne va pas dormir dans la rue. Le tenancier nous loge dans une pièce

miteuse (ou personne n'a fait le ménage depuis fort longtemps), j'y tuerai même une scolopendre de douze centimètres ! Sacs de couchage pour tout le monde ! On en a vu d'autres, dans six ou sept heures on sera parti. Micheline m'interpelle: "Olivier, t'as vu la salle de bain ? Tu n'espérais pas te doucher ce soir chouchou ?"

Elle ne se douchera pas en effet et préfèrera dormir sur une banquette en osier...

Réveil à six heures, nana et moi allons acheter des billets pour... Yogyakarta. Et oui, changement de plan, à regret, on oublie les geysers et la thalasso. Si on reste dans le tempo prévu, le temps risque de manquer un peu pour que la Mich' puisse voir Borobudur avant son départ...

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On récupère toute l'équipe, quelques achats rapides, départ à 8h30 pour plus de sept heures de voyage au milieu des rizières, forêts et ravins sur fonds de volcans endormis. Splendide.

 

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Les haltes dans les gares permettront aux vendeurs ambulants de monter à bord et d'envahir les wagons afin de ravitailler les passagers... Quelques photos faites par les portes que nous avons ouvertes. Le temps s'écoule doucement, trop doucement, on a mal aux fesses il n'y a pourtant pas tant de kilomètres que ça et toujours cette chaleur étouffante, bizarrement nous voyons des passagers avec doudounes ou gilet en laine. Toujours les voies étroites. Le ciel s'assombrit, la pluie fait son apparition. L'eau ruissèle le long des vitres, nous arrivons bientôt et nous préparons psychologiquement à affronter cette averse...