Lever à 5h10, traversée avec la voiture vers Tahiti à 6H50, arrivée à Papeete à 7H20.

Dernier contrôle au véhicule, tout est ok, en route vers la presqu’île de Tahiti iti. Tahiti est en fait formée de deux massifs montagneux volcaniques. La plus grande partie s’appelle Tahiti nui (la grande) l’autre, Tahiti iti (la petite). C’est une expédition, en tout 100 km à l’aller et pareil au retour, pour notre carrosse de vingt-cinq ans c’est énorme !

Rapidement nous quittons Papeete et ses interminables embouteillages dans le sens « entrée » de la ville et empruntons la voie rapide en direction de Punaauia la grande banlieue au sud de Papeete puis au fur et à mesure que nous nous éloignons de la capitale le calme peu à peu reprend, tant sur la route que sur ses côtés.

Dès que nous bifurquons vers la presqu’île, l’atmosphère change, la route est plus étroite, il n’y a que nous, ou presque. Je double une Fiat Panda conduite par une mamie avec coiffe en couronne de fleurs. Tout parait plus paisible, presque comme si on avait fait un saut dans le temps !

Tout à coup, un panneau : « TEAHUPO’O », je réveille doucement mes trois passagères, nous sommes presque arrivés…

 

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Teahupo’o, bien sur ce nom pratiquement imprononçable ne vous dit surement pas grand-chose, pour nous c’était un incontournable. C’est un des hauts lieux du surf mondial. Un spot mythique, où les plus grands se doivent de s’affronter sur LA vague. Ici, pas de place pour l’amateurisme, une vague qui peut devenir gigantesque, et qui se brise sur la barrière de corail, entrainant avec elle ceux qui auraient mal calculé leur trajectoire.

 

C’est la neuvième étape du championnat du monde qui en compte dix, la suivante est à Hawaï… La Billabong Pro Tahiti commencera bientôt, le 8 août pour être précis, et oui, on sera à … Grenoble !

 

 

Malheureusement, depuis la rive, on ne voit pas grand-chose, trop loin, la vague se trouve à gauche de la passe, sa particularité réside dans une faille sous-marine dans le corail qui permet aux bateaux d’être très proche des surfeurs, sans risque et sans les gêner. C’est ce que nous allons faire aujourd’hui !

Nous avons rendez-vous avec Heiani, il a un Poti Marara rose. Marara, c’est le nom Tahitien du poisson volant, tout un programme pour ce bateau typiquement Polynésien, complètement adapté à la poursuite des Mahi-mahi (dorade corifène) que le pilote pêcheur va harponner tout en pilotant son engin d’une manœuvrabilité incroyable grâce à son manche à balai à la place du volant…

 

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On gare notre bolide à la marina des pêcheurs, on monte à bord. Le temps est splendide, pas un nuage, eau cristalline et calme. En avant, vers la vague !

 

 

 

 

 

 

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Au loin, on aperçoit un groupe de dauphins en train de jouer, ils nagent à notre rencontre dès qu’ils perçoivent notre présence, il y en a de tout côtés, ils escortent le bateau, changeant de côté en permanence, en lui coupant la route. Vifs et rapides, les belles photos d’eux seront certainement plus le fruit de la chance que d’autre chose…

 

 

 

… Très vite, on arrive à la vague, elle n’est pas très impressionnante aujourd’hui, en plus,  pas de surfeur, il est encore trop tôt. Nous repartons dans le lagon en direction de l’extrémité de l’île, à gauche, une nature sauvage, des pics chargés d’une épaisse couverture végétale, avec ça et là quelques fares, minuscules cabanes, parfois en très mauvais état, des plages de sable volcanique ou de gros galets noirs, des cocotiers par centaines. A droite, un lagon calme d’un turquoise enchanteur.

 

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Le bleu s’obscurcit, des vagues se forment, à partir de maintenant, nous ne sommes plus protégé de la force du grand large, plus de barrière de corail. Comme aux marquises, la houle ne sera arrêtée que par des falaises ou des plages inhospitalières. Nous sommes bringuebalés dans tous les sens, les filles nous rejoignent à l’avant et nous nous asseyons tous les quatre au sol, impossible de tenir debout et nous risquons à tout moment d’être balancés par-dessus bord ! Nana entame un himene (prière) sauveur…

 

 

 

 

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Pour rejoindre la grotte de Terurua, nous devons franchir une barre, des hauts fonds, Heiani compte les vagues, il va devoir choisir la bonne pour se lancer et profiter de sa hauteur pour pouvoir passer, un seul essai possible. Les creux sont énormes et notre embarcation parait bien petite. Il recule légèrement, avance un peu, stabilise sont bateau dans le sens  qu’il veut prendre. L’attente est longue, je suis sur le point de lui dire que s’il le faut, on peut faire demi-tour, lorsqu’il lance son moteur à pleine puissance puis dose pour surfer sur la vague, nous prenons de plein fouet une déferlante par tribord avant (avant droite), le bateau continu, nous sommes trempé de la tête aux pieds, appareils photos compris, même celui qui n’est pas étanche…

 

On est passé. Arrivé devant la grotte, nous stationnons un moment, le temps de quelques photos, rien de très impressionnant, si ce n’est la force des vagues qui rêvent de nous projeter contre la falaise, de plus, un énorme requin a élu domicile ici, c’est pas le moment de plonger !

On repart d’où nous venons, dans ce sens, on glisse plus sur les vagues et c’est un peu moins inconfortable. De nouveau comptage des vagues, moins longtemps, passage en force, pas de vague traitre. Le ciel aussi s’est obscurcit, il pleut un peu, nous sommes frigorifiés. Nous avions bien fait de prendre nos ponchos, on aurait dû les mettre…

Lorsque nous rejoignons des eaux à nouveau calme, on se change, on avait presque tout prévu. Le bateau entre dans une rivière, on jette l’ancre. Il nous faut descendre dans l’eau ! Nous en avons jusqu’en haut des cuisses. C’est drôle, l’eau de mer, plus chaude, reste au fond, l’eau de la rivière en surface. Etonnant. Nous entrons dans une forêt de Mape (châtaigner local), c’est magnifique.

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La balade n’est pas très longue, ça grimpe un peu, puis nous redescendons sous une falaise, la luxuriance de la végétation est tout simplement belle.

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Nous voici à la grotte de Vaipoiri, une vraie grotte, dont on ne voit pas le fond. Heiani, enlève son T-shirt et nous invite à le suivre dans l’obscurité et dans l’eau noire. Nana s’y engage sans hésiter, je la suis. Elle fait finalement machine arrière, l’eau est trop froide,  et Je me retrouve seul avec mon guide, mes trois chéries, encore frigorifiées refusent. J’aurais dû faire pareil, l’eau gelée me coupe le souffle, j’en ai du mal à parler. On nage quelques minutes dans l’obscurité la plus totale puis on s’arrête, on a de nouveau pied. On aperçoit la lumière de l’entrée (de la sortie ?) et les filles en train de manger des biscuits chocolatés !!!

 

 

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Je fais quelques photos, en les regardant à la maison, on va se demander si c’est de l’or au plafond ou autre chose. On ne le saura jamais. En repartant, on ramasse du gingembre, pour le poisson de demain, avec la sauce huitre et du soja ce sera super.

 

 

 

 

 

En regagnant notre point de départ, on va récupérer un oiseau blessé en train de se noyer, puis sur la vague refaire un stop.

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Il y a trois surfeurs, on se rend compte que c’est aussi un sport de patience, il faut attendre la bonne vague, être au bon endroit, prendre la bonne impulsion au bon moment. Quand tout est réuni, les virtuoses de la planche s’amusent longuement et nous ferons quelques belles photos.

 

Au retour les dauphins seront plus discrets.

A Punaauia, nous ferons un arrêt gastronomique dans un restaurant américain (ça n’est plus arrivé depuis Auckland en janvier), puis nous visiterons le musée de Tahiti et des îles, l’histoire du peuplement des îles, de leurs formations, faune, flore etc…

Le soir, nous ne trainerons pas pour aller nous coucher, certains ont encore le mal de terre (sensation d’être encore sur un bateau).